Concours

Images aléatoires

Samedi 13 juin 2009
Visages radieux des représentants de l’UMP et d’Europe Ecologie, dimanche soir, sur les plateaux de télévision. Mines déconfites au PS et au MoDem. Déjà, les responsables politiques et les commentateurs tirent les leçons du scrutin européen du 7 juin.

Victoire de l’UMP ? Avec près de 28 % des suffrages exprimés, l’UMP est certes arrivée en tête des élections, mais cette victoire en trompe-l’œil masque mal le fait que la majorité sarkozyste, privée d’alliés et sans réserve de voix est minoritaire dans le pays.

Une vague écologiste ? Si les bons scores des listes écologistes de Daniel Cohn-Bendit et José Bové qui obtiennent plus de 16 % au niveau national, devançant nettement le MoDem et dépassant le PS en Ile-de-France et dans le Sud-Est confirment la capacité des écologistes de tirer leur épingle du jeu lors des élections européennes, le vote de dimanche ne doit pas occulter le fait que pour l’essentiel, les programmes d’Europe Ecologie, du PS et du MoDem étaient très proches.
Des électeurs mouvants ont pu sanctionner la personnalité de François Bayrou et l’atonie du PS, mais les français n’ont pas délivré un blanc-seing à des écologistes dont la campagne « ni droite-ni gauche » préfigure sans aucun doute un positionnement centriste au parlement européen, loin des attentes de transformation sociale de millions de citoyens.

La déroute des listes du Parti Socialiste qui n’obtiennent que 14 élus européens est l’occasion pour les médias d’écrire une nouvelle page du feuilleton interne du PS. Benoît Hamon restera-t-il porte-parole du PS ? Martine Aubry peut-elle rester première secrétaire ?
Loin de ces questionnements du cénacle politico-médiatique, le principal enseignement du scrutin de dimanche reste l’abstention qui atteint près de 60 % des inscrits. Les députés européens de 2009 seront les plus mal élus des députés européens.

La défiance est au rendez-vous entre les peuples d’Europe et leurs représentants, mais comment accorder sa confiance à une construction européenne qui se fait au service de la finance et contre les volontés des peuples ? Malgré les « non » français, néerlandais et irlandais, ils ont continué comme si de rien n’était, ils nous ont imposé le traité de Lisbonne, copie conforme du Traité Constitutionnel Européen rejeté par référendum et adopté par les deux chambres du parlement français avec la complicité du PS.  

Dans ce contexte, le vote pour le Front de Gauche était un vote pour des élus utiles, qui seront une force de résistance au parlement de Strasbourg contre la logique libérale.

Les électeurs l’ont bien compris et le Front de Gauche, qu’on créditait de moins de 5 % des voix au début de la campagne obtient un score honorable de 6,47 %. Le PCF et ses alliés progressent par rapport aux élections de 2004, dépassant le NPA qui paie le prix de son isolement et de son refus de l’unité. La dynamique lancée par le PCF et le Parti de Gauche a permis l’élection de 5 députés du Front de Gauche qui siègeront dans le groupe de la Gauche Unitaire Européenne au parlement européen.

Dans notre département, la réélection de Jacky Hénin est une bonne nouvelle pour les travailleurs. Avec 6,84 % des voix dans la circonscription Nord-Ouest et 8,98 % dans le Pas-de-Calais, Jacky Hénin réalise un bon score qui permettra au Parti Communiste de porter la voix du monde du travail dans les instances européennes.

La progression limitée, mais réelle du Front de Gauche est la seule bonne nouvelle de cette élection sans passion qui a vu la victoire de l’abstention et la progression des droites européennes.

Alors, tandis que le gouvernement et l’UMP célèbreront leur fausse victoire, et si nous faisions du 13 juin la poursuite de ce que le Front de Gauche a ouvert le 7 juin ? Soyons nombreux dans les cortèges le 13 juin pour les salaires, l’emploi et les services publics, mais aussi pour signifier au gouvernement et à la droite qu’il y en a marre de leur politique au service des intérêts des plus riches. Ils n’ont pas voulu entendre notre message le 7 juin, crions-le plus fort !

Leçons d'une élection sans passion
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Vendredi 6 février 2009
Avis de tempête sociale sur la France de M. Sarkozy. Le 29 janvier dernier, nous étions plus de deux millions de manifestants à défiler, partout en France, pour l’emploi, le pouvoir d’achat et la défense des services publics.

Deux millions et demi de manifestants ! Un chiffre qui résonnait comme un défi aux yeux de ce pouvoir de droite, qui n’a eu de cesse de s’attaquer au droit de grève et d’insulter les grévistes. « Maintenant, quand il y a une grève en France, plus personne ne s’en aperçoit », disait Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines, avec son arrogance coutumière. Le 29 janvier dernier, les travailleurs du public comme du privé, les étudiants, les lycéens, les chômeurs, les retraités ont prouvé le contraire à Nicolas Sarkozy.

Le gouvernement n’a pourtant pas l’intention d’écouter ce que lui ont dit les Français. Sourd et aveugle aux revendications populaires, François Fillon vient de lancer à grands renforts de communication son « train de la relance ». Aux participants de l’immense journée de mobilisation professionnelle du 29 janvier, le Premier Ministre oppose une fin de non-recevoir en se contentant d’une vague invitation « à se serrer les coudes ». Les 2,5 millions de manifestants apprécieront.

Oubliées les revendications de hausses de salaire et d’arrêt des suppressions de postes portées avec force dans les cortèges jeudi dernier. Ce sont pourtant les seuls réformes qui permettraient le redémarrage d’une économie désormais entrée en récession. Le Premier Ministre écarte d’emblée ces propositions et choisit de « garder le cap ». Pour François Fillon, le train de la relance, c’est le service minimum pour les salariés et le service maximum pour les capitalistes.

Sarkozy et Fillon feraient mieux d’écouter ce que disent les Français : selon un sondage CSA/l’Humanité, ils sont 61% - 84 % pour les sympathisants de gauche - à souhaiter que les organisations des salariés « appellent à poursuivre la mobilisation ». Quant à la politique économique du gouvernement, alors que l’équipe Sarkozy-Fillon va répétant qu’elle est la seule thérapie possible, qu’il s’agirait seulement, en somme, d’avoir la patience d’attendre qu’elle produise ses fruits, 62 % des sondés considèrent au contraire qu’elle ne « permettra » pas de « lutter efficacement contre la crise ». La défiance atteint ses plus hauts niveaux chez les chômeurs (81%), les salariés du secteur public (77%) et les étudiants (73%) qui combattent la loi LRU et la casse de l’université publique. Seules 4% des personnes interrogées trouvent les choix du gouvernement « très efficaces » et 23% « plutôt efficaces ».

Ces chiffres peuvent faire trembler le gouvernement qui aurait tort de ne pas prendre la mesure de la colère de l’opinion publique. Ce n’est pas en s’invitant à la télévision jeudi soir que le Président de la République réussira à convaincre des salariés révoltés par la crise et des syndicats unis et déterminés à imposer d’autres choix.

Ces choix, le Parti Communiste a longtemps été presque seul à les porter quand les économistes et les éditorialistes de marché à la solde des capitalistes vantaient les mérites du libéralisme et de la « concurrence non faussée ».

Au milieu de la tempête avec son cortège de suppressions d’emplois et l’envolée du chômage, les mêmes capitaines libéraux qui nous ont conduit au naufrage persistent pour l’instant à garder le cap.

La tempête sociale qui s’annonce pourrait bien les balayer. Dans l’éducation, dans les hôpitaux, dans les usines, les salariés sont décidés à se battre et le coup de tonnerre du 29 janvier pourrait préfigurer un printemps de luttes d’une force sans précédent.

Dans la rue comme dans les urnes où les élections européennes seront l’occasion de faire entendre notre voix, les communistes seront dans les semaines qui viennent aux côtés des salariés pour faire entendre leurs propositions, des propositions concrètes, qui rompent avec la logique capitaliste à l’œuvre en France et en Europe pour ouvrir ensemble un nouveau chemin.

Avis de tempête sociale
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Vendredi 31 octobre 2008
Elie Cohen est désespéré… L’économiste préféré des plateaux de télévision se lamentait mardi soir, sur le plateau de « C dans l’air » : « Qu’est-ce que c’est que cette idée nouvelle que l’Etat devrait désormais définir une politique industrielle ? C’est une immense régression à laquelle on est en train d’assister ! »

Le petit monde d’Elie Cohen est en train de s’effondrer. Depuis vingt ans, Elie Cohen et ses amis ont été les principaux artisans du désarmement idéologique de la gauche. Leur credo libéral tenait en peu de mots : ouverture du capital, privatisation, déréglementation…

Martelés sur toutes les chaînes de télévision, dans les tous les journaux, ces dogmes sont devenus le quotidien des millions de citoyens du monde entier.

Elie Cohen, Jacques Attali et une flopée d’économistes médéfisés étaient les invités préférés des émissions de débat d’Yves Calvi, d’Arlette Chabot ou de Christine Ockrent. Ces économistes « de gauche » ont tout justifié : privatisation de France Télécom, ouverture du capital d’EDF, fusion GDF-Suez, mise en concurrence de La Poste et demain, privatisation totale de La Poste ou de la SNCF. A chaque fois, ces attaques contre les travailleurs ont été présentées comme des réformes inéluctables et de bon sens.

Aujourd’hui, c’est un monde qui s’écroule pour Elie Cohen… Pensez-donc ! Le premier ministre anglais, Gordon Brown, l’artisan du virage centriste du New Labour, l’adepte des privatisations vient d’accoucher d’un plan de sauvetage des banques. Gordon Brown qui nationalise ! Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la verte Angleterre…

Le drame, c’est qu’une partie de la gauche française a suivi ces professeurs en renoncement. A la recherche d’une modernité fabriquée, les leaders du Parti Socialiste se sont lancés dans une course au centre débridée : Bertrand Delanoë s’avouait il y a quelques mois « socialiste et libéral », Ségolène Royal et son bras droit, Vincent Peillon, ne juraient que par l’alliance avec le Modem quand Manuel Valls ne rêvait que de débaptiser le Parti Socialiste.

Oui, mais voilà, depuis l’éclatement de la crise économique, le socialisme n’est subitement plus une idée ringarde. « La gauche vire à gauche » titrait Libération lundi, au grand dam, on l’imagine, de Laurent Joffrin. Il y a un an, ce même quotidien titrait avec délectation « La gauche vire-t-elle à droite ? ». D’après le sondage réalisé pour Libé, la gauche anticapitaliste (PCF, LCR, altermondialistes) voit son influence passer de 15 % l’an dernier à quelque 25 % quand la gauche libérale autoritaire incarnée par Royal, Valls et les autres perd plus de 10 points.

C’est le signe que quelque chose est en train de changer. La crise économique agit comme un formidable révélateur de l’hypocrisie de nos gouvernants, qui nous ont répété pendant des années que « les caisses sont vides » et qui signent aujourd’hui des chèques de plusieurs centaines de milliards d’euros pour venir en aide aux banques menacées de faillite.

Le désarroi d’Elie Cohen n’est pas prêt de s’arrêter. Les salariés, les chômeurs, les précaires, les retraités vont être les premières victimes de la récession et ce ne sont pas les promesses de Nicolas Sarkozy de « moraliser le capitalisme » qui les rassureront, pas plus que le spectacle d’un Parti Socialiste livré à une guerre des chefs qui n’augure rien de bon  pour l’avenir de la gauche si le PS en reste au réformisme sans réformes qui caractérise son programme.

Alors, Elie Cohen a de quoi être inquiet et avec lui tous les apôtres du capitalisme. Les idées communistes prouvent chaque jour leur justesse. Nos populations nous attendent, elles attendent des propositions concrètes pour améliorer le quotidien et rompre réellement avec le capitalisme. Nous n’avons pas le droit de les décevoir.

Raison de plus pour réussir notre 34ème Congrès. Un Parti Communiste renforcé, fier de ses valeurs, porteur d’un discours de classe peut ouvrir de nouvelles perspectives, et tant pis pour Elie Cohen…

Le désarroi d'Elie Cohen
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Vendredi 18 juillet 2008
Nicolas Sarkozy n’a même pas besoin de nommer lui-même le futur patron de France Télévisions. Jamais le pouvoir d’un chef d’Etat d’un pays démocratique n’a été aussi grand, ses liens avec les grandes entreprises aussi apparents, sa stratégie de détournement de l’attention aussi évidente.

François Fillon annonce 30 000 suppressions de postes dans la Fonction Publique dont 13 500 dans l’Education Nationale. L’information est expédiée en quelques lignes. Pas un mot non plus, au journal de TF1 ou de France 2 sur les menaces qu’une ouverture de capital de La Poste ferait peser sur le service public postal. Car au-delà d’un changement de statut et d’un simple apport de capital, c’est la privatisation de l’entreprise publique qui est en marche avec son cortège de fermetures programmées de plusieurs milliers de bureaux de poste. Sous couvert des directives de Bruxelles, c’est en fait le gouvernement qui organise la privatisation et le démantèlement de La Poste pour mieux servir les intérêts de la Société Générale et casser un des derniers symboles du service public. 

A part L’Humanité, qui dénonce cette logique de marchandisation qui se poursuit, quels qu’en soient les coûts pour les salariés et les consommateurs ? Personne ! Intarissables sur la libération d’Ingrid Bétancourt et le dernier album de Carla Bruni, TF1 et France 2 sont d’une remarquable discrétion sur la casse de La Poste et de la Fonction Publique. Dans les colonnes du  Figaro et de Libération comme sur les écrans de télévision, on retrouve la même hiérarchie de l’information et les visages de femmes se succèdent, au rythme des emballements médiatiques.

En ce début de juillet, les héroïnes médiatiques se nomment Ingrid et Carla : Ingrid Bétancourt libérée par les forces spéciales d’Alvaro Uribe, Ingrid Bétancourt qui va retrouver sa famille, Ingrid Bétancourt qui remercie Dieu, Ingrid Bétancourt en pèlerinage à Lourdes, Ingrid Bétancourt invitée d’honneur du 14 juillet, qui se fait porter pâle, Ingrid Bétancourt qui reçoit la légion d’honneur… Chaque jour, dans les journaux, à la radio ou sur les écrans de télévision, le feuilleton Ingrid Bétancourt se décline à toutes les sauces, à peine interrompu par les adieux de PPDA, dont on ne regrettera pas « l’insolence » supposée, une insolence qui ne transparaissait pas souvent, c’est le moins qu’on puisse dire…

Autre feuilleton et autre démission médiatique que le feuilleton de la parution du troisième album de Carla Bruni, « Comme si de rien n’était », sorti en grande pompe le 11 juillet dernier. On ne s’étonne qu’à moitié de trouver des portraits complaisants de la première dame de France dans les colonnes du Figaro, mais quelle déception de voir Libération ouvrir le bal, dès le 21 juin dernier, allant jusqu’à proposer à Carla Bruni d’être « rédactrice d’un jour » du quotidien dont Laurent Joffrin ambitionne de faire « la maison commune de la gauche ». Réveille-toi, Jean-Paul Sartre, ils sont devenus fous !

Comme dans tout conte de fée, il y a besoin d’une méchante qu’on tournera en dérision. Ségolène Royal endosse le rôle avec le talent qu’on lui connaît. Excellant dans l’art de la provocation, l’ex-candidate à la présidentielle accuse Nicolas Sarkozy de récupération politique dans le dossier Ingrid Bétancourt, ce qui est assurément le cas et d’être derrière le cambriolage de son appartement.
Cette stratégie de coups médiatiques mâtinée d’un social-libéralisme affirmé lui suffira-t-elle pour récupérer des adhérents socialistes qui doutent et prendre la tête du PS lors du prochain congrès ? En tout cas, elle participe d’une personnalisation de la vie politique et d’un recul idéologique qui n’ont rien de rassurant. 

Car pendant que défilent les visages d’Ingrid, Carla et Ségolène, vous ne saurez rien sur Edvige… EDVIGE, c’est le nouveau fichier (Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information GEnérale) mis en place par la Direction centrale de la sécurité publique le 1er juillet dernier.
Ce fichier policier recensera de manière systématique et généralisée toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ».  Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées et le gouvernement ne compte pas en rester là : EDVIGE permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que les fréquentations, l’appartenance ethnique, les orientations sexuelles ou encore les opinions politiques, religieuses ou syndicales de plusieurs milliers de personnes.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans.
A l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Fondation Copernic, une pétition (http://nonaedvige.ras.eu.org/) a déjà rassemblé plus de 6 000 signatures. Le Parti Communiste en est évidemment signataire.

Ingrid, Carla, Ségolène… Le feuilleton médiatique s’auto-alimente pour mieux cacher la réalité d’une politique libérale et autoritaire, dont le fichier Edvige n’est que le dernier avatar. Cette politique, les communistes doivent la dévoiler et la combattre. Et si sortir du feuilleton où ils voudraient nous enfermer était simple comme un clic ?

Ingrid, Carla, Edvige et les autres...
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Vendredi 2 mai 2008
Ils s’appellent Youssef, Hakim ou Mamoudou. Ils sont Marocains, Guinéens ou Thaïlandais. Ils ? Ce sont les marcheurs sans-papiers du Nord qui ont quitté Lille il y a quelques jours.
Après des étapes à Hénin-Beaumont, à Lens, Notre-Dame de Lorette et Arras, les sans-papiers étaient à Amiens ce mardi.
Leur longue marche les conduira à Paris pour demander l’arrêt des expulsions et la régularisation des sans-papiers.
Cette année, le 1er mai a leur visage.

Cette année, la fête du travail a des milliers de visages : elle a les visages des travailleurs sans-papiers de la région parisienne, des salariés de la Redoute qui se sont mis en grève pour exiger des augmentations de salaires, elle a les visages des professeurs qui luttent dans les collèges et les lycées contre les suppressions de postes. Ces milliers de visages sont les visages de l’espérance et du combat pour une société plus juste.

Quarante ans après mai 68, le 1er mai a aussi le visage d’une jeunesse exigeante, avide d’apprendre, attachée à un service public de qualité. Aux lycéens qui descendent dans la rue contre les suppressions de postes, le gouvernement répond par le mépris et Xavier Darcos dévoile son vrai visage, celui d’une droite néolibérale arrogante dont l’unique objectif est de construire un monde livré à la loi du marché.

« La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Adeptes de George Orwell, Nicolas Sarkozy et ses ministres font la guerre en Afghanistan, ils démantèlent nos droits au nom d’un libéralisme qui nous enchaîne, ils suppriment par milliers des postes de professeurs…
Alors, l’UMP peut bien se rêver en « parti du mouvement » et ses militants jouer les héritiers de mai 68, personne n’est dupe… 

Le visage de l’UMP n’a pas changé, c’est celui d’une droite dure, acquise aux intérêts du patronat et qui cherche à diviser les classes populaires. Gianni Alemanno, le nouveau maire néofasciste de Rome ne s’y est pas trompé : la semaine dernière, il venait à Paris rencontrer Brice Hortefeux pour s’inspirer de sa politique en matière d’immigration… Non, derrière les slogans marketing, le visage de l’UMP n’a pas changé. 

Loin des plateaux de télévision, les héritiers de mai 68 étaient dans la rue le 1er mai, ils y seront à nouveau le 15 mai pour défendre l’avenir de l’Education Nationale, ils manifesteront le 22 mai, avec les organisations syndicales qui forment un front uni pour refuser le passage aux 41 annuités de cotisations décidé par Xavier Bertrand… Tous ensemble, nous pouvons être les acteurs d’un mai 2008 vivant.

Sans-papiers, salariés de la grande distribution ou des centres d’appels, lycéens, fonctionnaires, chômeurs ou retraités… tous les visages du 1er mai s’assemblent et construisent déjà un mois de mai placé sous le signe des luttes.
C’est le plus bel hommage que nous puissions rendre à ces manifestants d’un autre mois de mai qui ont écrit une page d’histoire et changé nos vies.

Visages du 1er Mai
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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