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L'éditorial de Liberté 62

Vendredi 7 février 2003 5 07 /02 /2003 06:30
logo-liberte-62.jpg Ce samedi  1er février fut un événement sans précédent.

A l’appel de toutes les organisations syndicales, des dizaines de milliers de personnes se sont retrouvées au coude à coude à manifester dans toute la France, bravant comme ce fut le cas dans notre région, les mauvaises conditions climatiques pour la défense du système de retraite. Il est vrai que cet acquis est devenu la préoccupation première des Français devant l’emploi et l’insécurité. Depuis quelques semaines, on assiste à une mise en condition au travers des médias pour justifier la fin de cette grande conquête sociale.

Les salariés à l’avenir « vont sans doute devoir cotiser plus longtemps ». Cette petite phrase lâchée par François Fillon, ministre des affaires sociales avait au moins le mérite d’être clair. Depuis, beaucoup d’ambiguïtés et de contradictions ont été relevées dans le projet Raffarin présenté devant le conseil économique et social.

Si celui-ci a affiché une détermination sans faille en rappelant que « la réforme des retraites est indispensable et qu’elle ne peut plus être différée », c’est en douceur qu’il tente de faire passer le message. Car lorsque l’on connaît les sources d’inspiration de J.P. Raffarin, que l’on mesure le travail de sape des acquis sociaux accompli depuis l’élection de J. Chirac, on comprend aisément cette inquiétude.

On essaye de nous expliquer sur le ton de l’évidence que la durée de vie s’allonge et qu’il faut donc que la durée de cotisation des retraites suive le même mouvement. Cela n’est pas un handicap, l’économie française est tout à fait capable d’y faire face à condition de ne pas faire le choix de se mettre au service des marchés financiers.

Aujourd’hui, des millions de personnes souffrent de chômage ou de sous emploi et partout en France, la multiplication des plans de licenciement dans les grands groupes, mais aussi dans de nombreuses entreprises de taille moyenne prises au piège de la mondialisation capitaliste vont aggraver cette situation.

Or, développer et sécuriser l’emploi, c’est engranger plus de cotisations et assurer un financement sain des retraites. Pour trouver des recettes nouvelles et sanctionner les comportements spéculatifs, on pourrait également taxer les revenus financiers des entreprises. Autant de pistes pour un progrès réel des retraites.

Malgré l’intox qu’on lui fait subir, ce 1er février a montré que l’opinion tient bon. Elle n’est pas seulement soucieuse mais à l’offensive pour défendre ses droits. 

Retraites : restons à l'offensive !
Par Marie-Serge OPIGEZ - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 14 mars 2003 5 14 /03 /2003 06:30
logo-liberte-62.jpg La menace d’une guerre en Irak, si angoissante soit-elle, ne peut nous faire oublier la vague de « plans sociaux » qui déferle sur notre pays et dans notre département.

Ce sont des dizaines de milliers de salariés dont la vie a ou va basculer du jour au lendemain dans l’incertitude et l’angoisse.

Selon l’enquête d’opinion mensuelle parue dans « l’Humanité », la semaine dernière, 42 % des Français jugent préoccupante la situation de l’emploi, soit sept points de plus qu’il y a un mois.

Ce reflux de l’emploi devrait malheureusement se poursuivre les mois prochains. Le ministère de l’Emploi ne se montre pas optimiste, pas plus qu’un certain nombre d’économistes.

Aux licenciements massifs s’ajoute la progression continue de l’emploi temporaire et précaire.

Jamais le grand patronat n’a été aussi arrogant. Jamais, il n’a reçu autant de soutien d’un gouvernement.

La répression contre les salariés de Metaleurop, jeudi dernier, à la sous-préfecture, illustre bien ce parti pris.

Les plans de licenciements, comme la remontée du chômage, sont les conséquences directes de la crise économique qui frappe les pays capitalistes développés. La récession aux Etats-Unis, la crise en Allemagne, le ralentissement continue de l’économie française conduisent les classes dominantes à s’attaquer à l’emploi et aux salaires pour préserver les taux de profits des grands groupes industriels et financiers. Comme chaque fois, dans ce cas, ce sont les travailleurs qui payent la crise.

Les incertitudes autour de l’environnement international et la dégradation du climat social en France ont eu raison du moral des ménages qui est au plus bas depuis cinq ans.

Plus que jamais la sécurité de l’emploi doit être au cœur des débats de la Conférence sur l’emploi prévue le 18 mars prochain. Mais il est difficile de le croire alors que les décisions du gouvernement Raffarin viennent conformer ces choix politiques.

Il n’aura pas fallu longtemps pour que se dissipe la fumée des discours hypocrites sur la « France d’en bas ».

Chaque nouvelle mesure annoncée par un ministre du gouvernement Raffarin découvre un peu plus son vrai visage ultra-libéral. Que de désillusions !

Les dégâts collatéraux du capitalisme
Par Marie-Serge OPIGEZ - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 9 janvier 2004 5 09 /01 /2004 06:30
logo-liberte-62.jpg La trêve des confiseurs à peine terminée, nous sommes confrontés de nouveau à la dure réalité, à commencer par cette catastrophe aérienne qui a endeuillé plus d’une centaine de familles de notre pays.

Mais c’est aussi dans un climat économique et social morose que nous débutons cette année.
Signe annonciateur de cette morosité : la consommation des ménages. Dans un contexte de hausse des prix et de dégradation du marché du travail, celle-ci tourne au ralenti, ce qui fragilise la reprise de la croissance tant annoncée par le gouvernement Chirac.

Cette tendance à la limitation des dépenses est amplifiée par les craintes que suscitent les annonces de ces dernières semaines dont voici quelques exemples.
Ce début d’année 2004 est marqué par l’entrée en vigueur du Revenu minimum d’activité (RMA), avec à la clé, la précarisation des embauches et de nouveaux cadeaux au patronat qui pourra utiliser une main d’œuvre à bon marché, sans compter que le développement de celle-ci leur permettra de faire pression sur l’ensemble des salariés et tirer les salaires et les statuts vers le bas.

2004 est également l’entrée en vigueur de la nouvelle convention UNEDIC qui réduit les allocations chômage. Mais les chômeurs n’entendent pas en rester là, dans plusieurs départements, nombre d’entre eux vont attaquer les ASSEDIC devant les Tribunaux de Grande Instance pour « rupture abusive de contrat ». Le contrat PARE qu’ils ont signé devenant caduque avant la date matériellement prévue.
Quand on ajoute à toutes ces nouvelles mesures celles qui touchent les fonctionnaires, à savoir l’austérité salariale et budgétaire, l’introduction progressive de la rémunération au mérite et la baisse d’effectifs, on peut s’attendre dans les mois qui viennent à quelques soubresauts sociaux.

D’autant que lors de ses vœux télévisés, Jacques Chirac a placé l’année 2004 sous le signe de l’emploi avec une loi qui doit permettre aux entreprises d’embaucher plus facilement en allégeant les contraintes, c’est-à-dire un allègement des réglementations sociales, donc moins de sécurité pour les embauchés.

Tout montre que l’ensemble de la politique de ce gouvernement appelle à une riposte sans faille pour construire autre chose. Les élections cantonales et régionales seront une étape décisive pour marquer notre mécontentement. 

Une année qui s'annonce difficile
Par Marie-Serge OPIGEZ - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 29 avril 2005 5 29 /04 /2005 08:50
logo-liberte-62.jpg Evincé début février pour son manque de résultats, l’ancien PDG du groupe Carrefour est parti avec l’assurance d’un complément de retraite d’un montant maximal de 29 millions d’euros ainsi qu’une indemnité d’un montant de trois ans de salaire soit 9,8 millions d’euros. Le total (38,8 millions d’euros) représente 2514 années de Smic.

L’indignation est d’autant plus grande que la plupart des employés de cette enseigne sont des femmes à temps partiel imposé n’ayant pour vivre qu’à peine plus que le seuil de pauvreté en France, soit 700 euros par mois. Ceci dit, ce n’est pas d’aujourd’hui que l’indécence des indemnités de départ de certains grands patrons alimente la chronique des scandales, mais cette fois, on espère que le tollé suscité par cette affaire se concrétise par une rapide mesure législative. Ce scandale met de nouveau en lumière l’existence de deux mondes totalement opposés : celui dans lequel on se partage beaucoup à très peu, le monde du capital des gros actionnaires et puis l’autre, celui de l’immense majorité des citoyens qui se serre toujours un peu plus la ceinture et qui s’appauvrit. L’INSEE a recensé 3,5 millions de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté.

Pour « éradiquer la pauvreté d’ici 2020 », un rapport préconisant une série de mesures a été remis au gouvernement par le président d’Emmaüs. Ce rapport est traversé par des orientations dont le modèle social s’inspire de ce qu’a fait Tony Blair en Grande-Bretagne.

Pour ne prendre qu’un exemple et pas des moindres, une de ces mesures préconise la création du Revenu de Solidarité Active (RSA) qui intégrant les revenus du travail et ceux de la solidarité (le RMI, l’ASS, l’API) seraient fondus dans cette nouvelle prestation. L’objectif de ce RSA vise à sortir les hommes et les femmes sans travail de l’assistanat et à inciter à une reprise d’activité à partir du principe que le retour au travail ne doit pas se traduire par une perte d’argent.

Ce rapport n’a pas d’autre ambition que de maintenir la logique de l’économie capitaliste car il ne parle pas de retour à l’emploi mais de retour à une activité aussi modeste soit elle. En gros, il faudra que les chômeurs acceptent n’importe quoi. Une main d’œuvre au rabais pour le patronat !

Lutter efficacement contre la pauvreté exige la suppression des contrats précaires, la création d’emplois stables, bien rémunérés, d’empêcher les délocalisations, obliger les entreprises à réinvestir dans la production, la formation.

Le 29 mai, sera une étape importante pour exiger de véritables réformes pour combattre la pauvreté.

Indécent !
Par Marie-Serge OPIGEZ - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Vendredi 1 juillet 2005 5 01 /07 /2005 23:13
logo-liberte-62.jpg Les vacances sont un droit pour tous. Or, la moitié des Français en sont privés faute de moyens.

Nombre de chômeurs, érémistes, jeunes sans emploi, personnes âgées au minimum social, handicapés aux faibles ressources ne peuvent s’offrir un temps de repos bien mérité. Les vacances, ce n’est pas seulement bénéficier du bon air et des rayons de soleil, mais dans l’épuisante et quotidienne course au temps, cette cassure offre un répit essentiel, un moment privilégié, de détente, pour se retrouver, se ressourcer et tenter d’oublier les soucis quotidiens.

D’autant, comme le souligne une enquête d’opinion réalisée au début du mois, les Français, anxieux pour leur emploi et leur train de vie, dépriment. Ce qui ne freine en rien l’action déterminée du nouveau premier ministre.

Concrètement, tous les projets, toutes les formes anti-sociales du gouvernement précédent sont confirmés : réforme de l’assurance maladie et réduction des dépenses de santé ; réforme Fillon de l’Education nationale, même si sa mise en œuvre est retardée ; croissance zéro pour les dépenses publiques ; ouverture du capital de Gaz de France ; absence de toute relance du pouvoir d’achat salarial.

Quant aux nouvelles mesures sur l’emploi, elles ne font qu’accentuer la précarité. Le « contrat nouvelle embauche » allongera la période d’essai à deux ans et raccourcira les durées de préavis de licenciement. Pour tous ceux qui resteront au chômage, et ils ne pourront être que très nombreux avec la poursuite de cette politique, les mesures d’incitation au travail forcé sont élargies.

Pour couronner le tout, le premier ministre a bien précisé que ces mesures seraient mises en place au pas de charge, sur ordonnances durant l’été.

Tant que l’érosion économique durera, la situation ne s’améliorera pas et nombre de Français resteront exclus des vacances.

Des vacances inégalitaires
Par Marie-Serge OPIGEZ - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Vendredi 23 septembre 2005 5 23 /09 /2005 13:21
logo-liberte-62.jpg L’actualité économique et sociale fourmille d’exemples qui appellent à la nécessité urgente d’une riposte. Je n’en prendrais que deux récents :

Après la réforme des retraites et de la protection sociale, la casse du code du travail et la chasse aux chômeurs vont parachever la mise en concurrence des salariés.

Après la parution du décret le 5 août dernier, ayant pour objectif de mieux contrôler les chômeurs en déployant un éventail de punitions en cas de refus d’emploi ou de recherches insuffisantes d’un travail, le gouvernement vient de publier une circulaire qui durcit encore les règles du contrôle.
Dorénavant, les sanctions seront graduées.
Ainsi, un chômeur qui refuse une offre d’emploi, de formation ou un contrat d’apprentissage se verra infliger une baisse de ses allocations de 20 % pendant 2 à 6 mois. Au bout de deux offres refusées, son allocation sera amputée de moitié. Et, s’il en refuse trois, il perdra définitivement ses droits.

Autre cas de figure, s’il refuse de répondre à une convocation ou ne montre pas sa bonne volonté pour rechercher un emploi, ses allocations seront supprimées pendant deux mois, voire même s’il récidive portées jusqu’à six mois ou supprimées définitivement par ces règles de contrôle.

Toutes ces mesures n’ont qu’un objectif : obliger les chômeurs à accepter n’importe quel travail, rendre toujours plus précaire la condition des travailleurs, tirer tous les salaires vers le bas.

Le deuxième exemple concerne la santé : le gouvernement cherche à faire de nouvelles économies pour l’assurance maladie en supprimant la prise en charge par la sécurité sociale de 221 médicaments qui ont pourtant prouvé leur efficacité.

Plus choquant encore, il envisagerait le déremboursement partiel de médicaments destinés aux affections de longue durée (cancer, diabète, etc…).

La volonté de diminuer les dépenses remboursables en négligeant les conséquences sur la santé des Français n’aura pas d’autre effet que de reporter le coût sur les malades et de condamner celles et ceux de plus en plus nombreux qui n’en ont pas les moyens à une absence de soin. Pour éviter le pire, le PCF demande la création d’un « pôle public du médicament » pour sortir de la logique de marché et garantir la réponse aux besoins de santé.

La manifestation nationale du 4 octobre à l’appel de tous les syndicats doit symboliser le mécontentement, la colère, l’exaspération en une mobilisation de grande envergure.

L'urgence d'une riposte
Par Marie-Serge OPIGEZ - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Vendredi 21 avril 2006 5 21 /04 /2006 09:37
logo-liberte-62.jpg Ecrasés par l’accélération de la mondialisation capitaliste, avec son cortège de licenciements, de délocalisations et d’attaques contre leurs droits, les lycéens, les étudiants, les chômeurs et les salariés ont remporté, moins d’un an après le 29 mai, une seconde victoire sans appel contre le libéralisme en obligeant le gouvernement à retirer le CPE.
Assurément, le 10 avril 2006 fera date, dans le combat contre le libéralisme et la précarité, comme le 29 mai a fait date.
Déjà, les salariés allemands, à qui le gouvernement de grande coalition CDU-SPD veut imposer un contrat de travail similaire au CPE menacent de « parler français »… 

Serait-ce la fin d’une époque et le début d’une nouvelle ère politique ? Pendant plus de vingt ans, les gouvernements, de droite comme de gauche, ont mené, au nom d’une prétendue adaptation à la modernité, des politiques réactionnaires. La contre-révolution conservatrice née aux Etats-Unis sous Reagan a envahi l’Europe sans épargner la France et a contaminé le PS : Ségolène  Royal, que tous les sondages placent en tête des présidentiables socialistes pour 2007, a rappelé son admiration pour Tony Blair dans le magazine Challenge du 13 avril dernier… C’est dire que les plus hauts responsables du PS n’ont pas retenu les leçons du 21 avril 2002, du 29 mai 2005 et du 10 avril. Même repeinte aux couleurs de l’alternance, la précarité, on n’en veut pas !
 
Le retrait du CPE est une importante victoire, mais n’est qu’une victoire d’étape dans un combat de longue haleine. Au-delà du CPE, c’est la loi sur l’égalité des chances, avec l’apprentissage à 14 ans et le travail de nuit dès 15 ans, c’est le CNE, c’est en somme la volonté de précariser nos vies qui étaient aussi en cause.
Nous devons dès à présent exiger le retrait du CNE, que le gouvernement a imposé l’été dernier, par voie d’ordonnances, sans débat parlementaire et contre l’avis de toutes les confédérations syndicales ! Jean-Louis Borloo, le ministre de l’emploi et de la cohésion sociale, se vante en affirmant que ce contrat, identique au CPE, mais qui ne concerne que les entreprises de moins de 20 salariés aurait créé près de 400 000 emplois. En réalité, la plupart de ces emplois auraient de toute façon été créés, en CDD ou en CDI. Mais le CNE est une aubaine pour les patrons qui rêvaient d’empêcher toute revendication et d’entraver le développement du syndicalisme en jouant sur la menace du licenciement. A l’heure où les recours pour licenciement abusif de salariés embauchés en CNE se multiplient devant les prud’hommes, nous devons poursuivre la mobilisation engagée contre le CPE pour obtenir sans plus tarder le retrait du CNE, qui procède de la même logique libérale de précarisation de nos vies.

Or, ce combat contre la précarité et l’effroyable logique du capitalisme libéral, les médias, dans leur grande majorité, se gardent bien de le relayer.
Personne par exemple n’a relevé les propositions, souvent novatrices, des communistes : la mise en place d’un plan de conversion de tous les emplois précaires en emplois stables correctement rémunérés, la création d’une allocation d’autonomie pour les jeunes, la construction d’un véritable système de sécurité d’emploi et de formation…
Les éditorialistes en mal d’inspiration ont préféré gloser sur l’absence de propositions de la gauche et l’impossibilité de « réformer » la France. La complainte revient à chaque mouvement social…

Pour que la victoire contre le CPE ne soit pas une victoire sans lendemains, nous devons rester mobilisés. Avant le 1er mai, les rassemblements du 21 avril seront l’occasion de faire entendre la voix et les propositions des communistes, pour d’autres lendemains, pour des lendemains d’espoirs. 

Lendemains de victoire
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Samedi 24 juin 2006 6 24 /06 /2006 08:14
logo-liberte-62.jpg En politique, l’arbre des audaces sociétales cache généralement la forêt de l’impeccable conformisme économique.
L’actualité nous en a donné plusieurs exemples éclairants la semaine dernière : alors que le gouvernement De Villepin tente de faire passer en force – une habitude pour le Premier Ministre – une fusion Suez/GDF (avec à la clé la privatisation de GDF) dont personne ne veut jusque dans les rangs de l’UMP, de quoi débat-on au Parti Socialiste ? De la « régulation publique » du cannabis et du mariage homosexuel !
Et Libération, organe officiel du social-libéralisme de nous informer gravement du revirement de Ségolène Royal sur la question du mariage gay !
Les communistes, comme tous les militants du mouvement social, ne peuvent qu’approuver ces deux propositions de bon sens.
Non, décidément, l’ordre moral capitaliste n’est pas le nôtre !

Mais ce n’est pas tant sur la question des mœurs que sur les questions économiques et sociales que les citoyens attendent des propositions audacieuses, qui rompent avec la logique folle du capitalisme néolibéral.
En la matière, force est de constater que le PS ne défend pas le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, pas plus que les 37 ans et demi de cotisation. Le projet socialiste ne remet pas en cause les privatisations opérées par la droite et par le gouvernement Jospin. Il ne dit pas un mot d’une quelconque augmentation des minima sociaux. Quant à la mesure phare du projet socialiste, porter le SMIC brut à 1500 euros d’ici 2012, c’est une promesse qui n’engage à rien : la réévaluation annuelle du SMIC qui a lieu chaque année au mois de juillet devrait de toute façon porter le salaire minimum brut aux alentours de 1500 euros en 2012…
Il est donc particulièrement grotesque de voir des dirigeants socialistes comme Malek Boutih invoquer l’esprit du 18 juin et de la Résistance à propos de la législation du cannabis alors que tout le programme du PS se caractérise par sa soumission totale à l’ordre économique capitaliste.
Disons-le sans ambages : quand les inégalités s’accroissent, quand le capitalisme dévaste tout autour de lui, l’audace sociétale à elle seule n’est qu’un leurre.

A droite, les leurres sont plus grossiers encore. C’est au nom du « patriotisme économique » que Dominique De Villepin entendait privatiser GDF, c’est-à-dire, en fait, offrir Gaz de France aux appétits du marché. Même les élus UMP se sont cette fois désolidarisés de leur chef devant les risques de hausses des tarifs du gaz. Ce n’est pas tant que les élus UMP aient soudain cessé d’être libéraux ou s’inquiètent du sort des catégories populaires qui sont les premières victimes des hausses de tarifs, mais nombre de députés de la majorité pensent désormais à leur réélection…
Quant à De Villepin, son lyrisme de matamore pseudo-gaulliste cache mal un libéralisme fanatique et une volonté de revanche sociale après son échec du CPE. Défait sur le front de la précarisation de nos vies, Dominique De Villepin suit toujours aussi scrupuleusement l’agenda du MEDEF et de l’OMC qui veulent en finir avec les services publics.
C’est en ce sens qu’il faut comprendre l’annonce de la suppression de 15 000 nouveaux postes de fonctionnaires en 2007 : la réduction de la dette publique mise en avant par Thierry Breton n’est qu’un leurre qui cache à peine une volonté assumée de destruction des services publics.

Contre les leurres de la droite comme de la gauche sociale-libérale, c’est aux communistes de poser les vraies questions et d’apporter les vraies réponses, celles qu’attendent des millions de salariés sur les questions de pouvoir d’achat, de sécurité d’emploi et de formation, de développement des services publics… Oui, en 2007, les communistes feront entendre une voix dissonante dans le concert du conformisme libéral !

Leurres
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Samedi 30 septembre 2006 6 30 /09 /2006 07:27
logo-liberte-62.jpg C’est devenu un cliché que de se lamenter sur la dépolitisation des Français… une dépolitisation toute hypothétique, mais qui amène les sociologues de cour et les communicants à prophétiser la fin du clivage droite-gauche. Dépolitisés, les Français ? A voir… Et si, loin de rejeter la politique, nos concitoyens en avaient assez d’une certaine politique, de cette politique spectacle qui oppose « Ségo » et « Sarko », et si nos concitoyens avaient envie qu’on les respecte, en leur proposant un véritable choix de société ?

Il y a des signes qui ne trompent pas… François Bayrou, qui est loin d’être révolutionnaire et de partager l’analyse de Bourdieu sur la télévision, s’en est pris, avec beaucoup de justesse, aux grands groupes de presse capitalistes comme Bouygues, Lagardère et Dassault, qui vivent des commandes de l’Etat et voudraient nous imposer un second tour sans enjeu entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.

Assurément, un tel duel enchanterait les capitalistes. Pour s’en convaincre, il suffit de lire dans Le Monde les articles (hilarants) consacrés à la réunion du groupusculaire « cercle des économistes », un conclave réunissant économistes libéraux et économistes sociaux-libéraux décidés à circonscrire le débat économique à l’intérieur de limites acceptables pour les capitalistes. En clair, il n’y aurait pas d’alternative au capitalisme néolibéral, mais qu’on se rassure, les Français pourront choisir entre l’adaptation rapide et l’adaptation très rapide au néolibéralisme.
Armés du même logiciel intellectuel libéral et d’un programme quasi-identique,  Royal et Sarkozy ne se démarquent que sur le terrain des valeurs où c’est à qui ira le plus loin dans le retour à l’ordre moral.

Malgré le matraquage télévisuel et les unes des hebdos, nos concitoyens sentent bien que le choix qu’on leur propose n’en est pas un.
C’est bien pourquoi la gauche de la gauche et le Parti Communiste ont une chance historique de faire bouger les lignes et peuvent créer la surprise en 2007.  Encore faudrait-il pour cela disposer d’un discours clair et fédérateur et avancer des propositions fortes : en matière de pouvoir d’achat où il faut augmenter les salaires et les pensions, en matière de lutte contre les licenciements et les délocalisations où il faut évidemment interdire les licenciements boursiers et permettre aux salariés de faire des contre-propositions en cas de plan social, en matière de sécurité d’emploi et de formation, en matière de services publics où il faut renationaliser EDF et GDF, sanctuariser l’Education Nationale en augmentant le nombre de postes aux concours, en titularisant les précaires, en dédoublant les classes pour permettre à tous les enfants de réussir leur scolarité…  

A la gauche de la gauche, on a parfois le sentiment que certains cèdent à la politique-spectacle et oublient justement de parler du programme. Clémentine Autain, Patrick Braouezec, José Bové… la multiplication des candidatures à l’investiture par les comités d’union populaire sur la base de la charte antilibérale adoptée à Saint-Denis rappellerait presque les débats du Parti Socialiste, c’est dire…

Nos concitoyens n’attendent pas du Parti Communiste et de la gauche de gauche on ne sait quelle refondation antilibérale avec une poignée de militants associatifs amoureux des caméras et qui rejettent la « forme-parti ».
Tout au contraire, ils veulent s’engager dans des partis qui répondent à leurs préoccupations, qui ne les traitent pas en consommateurs : à cet égard, un Parti Communiste fier de ses valeurs, résolument anticapitaliste, peut être une arme formidable contre le défaitisme et la politique-spectacle, pour imposer d’autres choix politiques. C’est bien pour cette raison que Marie-George Buffet doit se présenter à l’élection présidentielle et défendre avec force les idées communistes. Oui, décidément, le communisme est l’antidote à la politique-spectacle et à la désespérance !

Politique-spectacle
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /2007 07:49
logo-liberte-62.jpg A trois mois du premier tour de l’élection présidentielle, on assiste à d’étonnantes convergences entre Etienne Mougeotte, le vice-président de TF1 et l’inénarrable Alain Minc, président du conseil de surveillance du Monde, qui déclarait ce lundi sur France Culture que « La démocratie, c’est deux grands partis et un petit espace au milieu. [...] Nous manquons de bipolarité ! ».

De toute évidence, les médias ont déjà sacré leurs champions : plus personne n’ignore que Ségolène Royal traverse une mauvaise passe, qu’elle est incontrôlable et qu’elle multiplie les bourdes alors que l’énergique ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy est à la tête d’une UMP toute entière rassemblée derrière lui depuis que la très chiraquienne Michèle Alliot-Marie a renoncé à lui disputer le leadership à droite.

Comme en 1995 et comme en 2002, la bataille présidentielle n’est pas une bataille de projet, mais une bataille d’image et qu’importe si les Français rejettent de plus en plus les prescriptions des éditorialistes de cour et la confusion permanente entre la politique, le marketing et la publicité.

    A gauche de la gauche, certains jouent aussi de leur image pour imposer un projet politique : c’est le cas de José Bové, quasi-candidat à la présidentielle, soutenu par une partie des collectifs « unitaires » antilibéraux, dont l’objectif n’est pas tant de se présenter à l’élection présidentielle que de construire une nouvelle force politique de la gauche radicale, sur le modèle du PSU des années 70 et du Linkspartei allemand. Le PCF et la LCR refusent de se dissoudre dans ce magma ? Les collectifs ne décollent toujours pas ? Qu’importe ! José Bové et ses partisans sont bien décidés à aller jusqu’au bout de leur projet politique, quitte à diviser encore plus la gauche de la gauche.

Si ce projet politique n’est pas le nôtre, que dire de ceux du PS et de l’UMP ? Car le PS et l’UMP ont bien un projet, quoi qu’on en dise ! C’est le même projet que celui du MEDEF : gérer loyalement le capitalisme, détruire tout ce qui peut entraver la marchandisation du monde, en supprimant les acquis sociaux, en privatisant les services publics, en travaillant plus...
Si le PS n’exige pas le démantèlement du droit de grève comme Sarkozy s’y est engagé, qu’en sera-t-il dans un an ? Déjà, les socialistes se refusent à nationaliser EDF-GDF, ils reportent l’augmentation du SMIC à 1500 € à la fin de la législature, en 2012, ils n’ont pas renoncé à baisser les impôts des contribuables les plus fortunés, ils sont décidés à poursuivre la marche en avant européenne...
Jamais un programme socialiste n’a été aussi droitier et les électeurs risquent de préférer l’original sarkozyste à la copie royaliste.

Dans Le Bourgeois Gentilhomme, M. Jourdain faisait de la prose sans le savoir... Aujourd’hui, le PS et l’UMP présentent un programme de classe au service de la bourgeoisie capitaliste et font mine de ne pas le savoir. En réalité, personne n’est dupe et surtout pas les salariés victimes des délocalisations, des licenciements, en d’autres termes, de la « concurrence libre et non faussée » chère aux capitalistes.

Contre le programme de classe des libéraux de droite comme de gauche, seul le Parti communiste est porteur d’un projet politique anticapitaliste et émancipateur, qui s’appuie sur les exigences du mouvement social.

Il ne tient qu’à nous de porter ce projet dans les luttes dès aujourd’hui pour le faire triompher dans les urnes dans quelques mois. Plus que jamais, les citoyens nous attendent...

Projet contre projet
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62
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