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L'éditorial de Liberté 62

Vendredi 25 février 2011 5 25 /02 /Fév /2011 06:30

Liberte62 C’est un petit livre écrit en 1549 par un jeune homme de 18 ans originaire de Sarlat, Etienne de La Boétie.  Le « Discours de la Servitude Volontaire » - rebaptisé « Contre’Un » -,  publié pour la première fois en 1576 par des protestants en pleines guerres de religion pour dénoncer la tyrannie du pouvoir royal, est un livre intemporel.

La Boétie se demande comment il se peut faire que « tant d’hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n’a puissance que celle qu’ils lui donnent ; qui n’a pouvoir de leur nuire sinon qu’ils ont pouvoir de l’endurer ; qui ne saurait leur faire mal aucun, sinon lorsqu’ils aiment mieux le souffrir que le contredire ».

Puisant ses exemples dans l’Antiquité grecque et romaine, La Boétie nous parle en fait de son temps, mais il nous parle aussi, à travers les siècles, de notre temps. 

Pourquoi les tyrans se maintiennent-ils au pouvoir ? Un homme seul peut, à la limite, faire peur à dix hommes, mais certainement pas à cent, à mille, ou à dix millions d’hommes ! Alors, pourquoi les tyrans se maintiennent-ils au pouvoir ?

La Boétie explique l’existence de la tyrannie par plusieurs facteurs : l’habitude de vivre sous la servitude empêche les citoyens de se révolter : « on ne regrette jamais ce que l’on n’a jamais eu ». 
Les divertissements et la religion constituent deux moyens terriblement efficaces de maintenir un peuple asservi : « Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes étranges, les médailles, les tableaux et autres telles drogueries, c’étaient aux peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté, les outils de la tyrannie. »

Surtout, explique La Boétie, une partie de la population se met au service de la tyrannie par cupidité et désir d'honneurs.  Le secret et le ressort de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie est de rendre des gens « complices » des « cruautés » du tyran, de les asservir en leur donnant l'occasion de dominer d'autres à leur tour. Certains hommes flattent leur maître espérant ses faveurs, sans voir que la disgrâce les guette nécessairement, devenus complices du pouvoir.
La tyrannie s’assimile ainsi à une pyramide fondée sur le contrôle social « 5 ou 6 ont eu l’oreille du tyran […]. Ces 6 ont 600 qui profitent sous eux, et qui font de leurs 600 ce que les 6 font au tyran […] ces 600 en maintiennent sous eux 6000… ». Une majorité a alors intérêt à la tyrannie.

Comment se débarrasser de la tyrannie ? Pour La Boétie, « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. ». C’est la liberté qui est naturelle. Pour se débarrasser de la tyrannie, il suffit de le vouloir : « Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres. »

Tunisie, Egypte, Libye, Yémen, Bahreïn, Algérie… Les mots de La Boétie ont 450 ans, mais c’est comme s’ils avaient été écrits hier. Pamphlet contre tous les tyrans et pour la liberté, le « Discours de la Servitude Volontaire » est intemporel, comme la liberté.  Les peuples du monde arabe sont en train de nous le prouver. Là-bas comme ici, c’est la liberté qui est naturelle et les tyrans avec leurs complices et leur appareils répressifs ne peuvent rien contre un peuple debout.

En France, la situation n’est évidemment pas comparable, mais le capitalisme constitue une tyrannie tout aussi insupportable. Une tyrannie plus douce, qui utilise les mêmes artifices : consumérisme, religion... Et comme toutes les tyrannies, le capitalisme a aussi ses complices qui ont intérêt au maintien du système et en retirent prébendes et avantages.
Mais comme toutes les tyrannies, le capitalisme est un colosse aux pieds d’argiles qui n’est fort que de nos abandons.

Renverser le capitalisme ? Il suffit de le vouloir ! En Libye comme ici, le « Discours de la Servitude Volontaire » est plus qu’un pamphlet, c’est un manuel pour garder espoir, un manuel révolutionnaire. 

Contre'Un

Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Samedi 13 novembre 2010 6 13 /11 /Nov /2010 06:30

Liberte62 La semaine dernière, Nicolas Sarkozy et David Cameron, le premier ministre anglais, on ressuscité l'Entente Cordiale franco-anglaise de 1904 en signant un accord de coopération militaire : création d'une force expéditionnaire commune, accord de coopération dans le domaine du nucléaire militaire, participation conjointe de navires au sein de groupes aéronavals communs... Derrière les déclarations officielles et les sourires de façade, il n'y a pas grand chose de révolutionnaire là-dedans, mais le sommet de Londres est important pour une raison : il enterre le mythe d'une défense européenne et consacre le retour de la France dans l'Otan voulu par Nicolas Sarkozy.
Pour Jean-Dominique Merchet, dont le blog Secret Défense fait autorité, « Il y a, chez les dirigeants français, l'ambition de développer une relation spéciale avec Londres, qui équilibrerait la special relationship entre Londres et Washington. Plus exactement, c'est l'idée est que la France devienne à son tour un allié privilégié des États-Unis, pour constituer une sorte de triumvirat de gens sérieux au sein de l'Alliance. »

Avec la Chine, c'est aussi l'entente cordiale. Adepte de la Realpolitik, Nicolas Sarkozy n'a pas eu un mot pour soutenir le récent prix Nobel de la paix chinois, Liu Xiaobo, qui est toujours emprisonné, pour dénoncer la répression en Chine, la peine de mort, le mépris des droits de l'homme. Il était décidément plus important de signer des contrats avec la deuxième puissance économique du monde...

A quelques semaines du 90ème anniversaire de la naissance du Parti Communiste, la lutte contre l'impérialisme et pour la paix est toujours d'actualité.

Cette semaine, on a pu voir d'autres ententes cordiales, mais au sommet du gouvernement cette fois. Le feuilleton du remaniement continue. La semaine dernière, Jean-Louis Borloo tenait la corde pour être le nouveau premier ministre : il avait changé de coiffure... Pour ce qui est du mystérieux « virage social » qu'il était censé incarner, là, on cherche encore... Ministre sans interruption depuis huit ans sous Raffarin, Villepin et Fillon, le ministre de l'écologie et du développement durable a toujours été solidaire de Chirac et de Sarkozy et a approuvé toute leur politique. Récemment, François Fillon a fait part de son intention de rester à Matignon. Entre les deux hommes, ce ne serait pas vraiment l'entente cordiale...
Quel que soit le premier ministre, la politique suivie par ce gouvernement ne changera pas. Les médias nous amusent avec le feuilleton pathétique de gamins se battant comme dans une cour de récréation pour nous faire oublier le contenu de leur politique et là, pour le coup, c'est l'entente cordiale entre le gouvernement et le MEDEF, très satisfait que ses valets de l'UMP mettent en application leur programme, la casse systématique du programme du CNR, le Conseil National de la Résistance.
Retraites, sécurité sociale, fonction publique, ce sont tous les acquis de la Libération obtenus grâce au combat des communistes qui sont remis en cause. De quoi relativiser, ces jours-ci, la « fidélité » de Nicolas Sarkozy à De Gaulle, dont on célèbre le 40ème anniversaire de la disparition.

Pendant ce temps-là, au PS, on fait semblant de défendre la retraite à 60 ans tout en approuvant l'augmentation de la durée de cotisation imposée par Fillon en 2003. Comprenne qui pourra... Du côté du patronat, on est rassuré en tout cas : si Sarkozy est battu en 2012, le candidat du PS sera leur deuxième fer au feu.

Il y a 90 ans, c'est contre d'autres ententes cordiales, d'autres unions sacrées que le Parti Communiste est né. L'idéal révolutionnaire de ses créateurs est toujours vivant. En ces temps d'entente cordiale sur le dos des peuples, portons haut et fort notre idéal communiste !

Entente cordiale

Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 06:30

Liberte62 La surenchère sécuritaire à laquelle vient de se livrer Nicolas Sarkozy en annonçant la semaine dernière à Grenoble une batterie de mesures visant les gens du voyage et les étrangers constitue une inquiétante dérive. En stigmatisant l’immigration, en faisant le lien entre immigration et délinquance, en proposant la déchéance de la nationalité française pour les délinquants d’origine étrangère et les polygames, le président de la République cherche surtout à faire oublier la dureté de sa politique sociale et les affaires dans lesquelles son gouvernement est englué. La manœuvre ne trompe personne.

Après les révélations de Mediapart sur les attentats de Karachi, celles du Canard Enchaîné sur les cigares de Christian Blanc, la chambre d’hôtel de Rama Yade et le jet d’Alain Joyandet, l’affaire Woerth-Bettencourt qu’a révélée le site d’investigation Mediapart jette le discrédit sur toute la clique sarkozyste dont les méthodes troubles sortent au grand jour : création de partis fantoches pour contourner les règles de financement de la vie politique, corruption, passe-droits, liens avec le grand patronat…

L’affaire Woert-Bettencourt rappelle le scandale des décorations : en 1887, on découvrit que Daniel Wilson, député d’Indre-et-Loire et gendre du président Jules Grévy trafiquait de son influence pour obtenir des décorations à de riches
amis en échange d’une participation financière dans ses entreprises. Le prix d’une légion d’honneur ? 25 000 F de l’époque… Le scandale avait contraint le président de la République à démissionner.
Aujourd’hui, Eric Woerth qui a fait embaucher sa femme chez Mme Bettencourt et obtenu une légion d’honneur pour l’employeur de sa femme, Patrice de Maistre, est toujours en poste, couvert par Sarkozy. Autre temps, autres mœurs…

Il faut reconnaître au président de la République une certains constance : l’homme qui a fêté sa victoire de 2007 avec ses amis du Fouquet’s avant de partir en vacances sur le yacht du milliardaire Bolloré n’a jamais dévié dans le soutien sans faille à ses amis patrons et au MEDEF.

La réforme des retraites qu’il concocte est la déclinaison des desiderata du patronat. Elle épargne les profits capitalistes et s’attaque aux salariés, obligés de travailler plus longtemps pour gagner moins, elle s’attaque aux fonctionnaires traités de privilégiés et qui verront leurs cotisations retraite augmenter, elle s’attaque aux retraités qui verront leurs pensions amoindries, elle s’attaque aux jeunes qui ne trouvent pas d’emploi et auront encore plus de mal à en trouver.

La colère sociale monte. Dans l’Education Nationale, l’appel à la grève devrait être très suivi, le 6 septembre, avant la journée de mobilisation du 7, à l’appel de tous les syndicats. Si Nicolas Sarkozy espérait une rentrée tranquille et une réforme qui passe comme une lettre à la poste, c’est raté !

C’est pour ça qu’il était urgent pour lui de déplacer le débat sur un terrain qui lui a réussi dans le passé, le terrain sécuritaire, histoire de siphonner les voix du Front national.

Sauf que personne n’est dupe. La manœuvre est grossière et montre clairement que le président est aux abois, prêt à toutes les bassesses pour se faire réélire, quitte à adopter les thèses de l’extrême droite.

Les Français en ont marre de Sarkozy et de sa bande, mais ce ras-le-bol, justifié, ne dessine pas encore les contours d’une alternative politique et trop souvent, nos concitoyens tombent dans le piège des discours fatalistes de la droite.

La campagne des retraites doit être pour le Parti communiste et la gauche de gauche l’occasion de transformer la colère populaire en adhésion à des idées. On ne gagnera pas la bataille des retraites si on ne convainc pas nos concitoyens qu’une autre politique est possible, qu’on peut nationaliser les banques, taxer le Capital.
C’est tout l’enjeu de la bataille idéologique et tout l’été, les militants du Parti communiste mèneront la bataille, sur les plages et dans les quartiers, pour battre la droite à la rentrée et imposer d’autres choix.


Un président aux abois

Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 7 mai 2010 5 07 /05 /Mai /2010 06:30

Liberte62La bataille qui se livre en Grèce ne concerne pas seulement le peuple grec. C’est une bataille de tout un peuple contre les marchés qui asservissent, contre les médias qui mentent et contre la gauche qui capitule. Là-bas, c’est un gouvernement de gauche dirigé par le socialiste George Papandréou qui est en train d’imposer aux Grecs un terrible plan d’austérité, autant de remèdes qui lui sont dictés par les docteurs Diafoirus du FMI dirigé par le « socialiste » Strauss-Kahn, un « socialiste » qui réfléchit aux présidentielles de 2012 comme il l’a confié au journal Libération mercredi.
Dominique Strauss-Kahn candidat PS aux présidentielles ? Mais à quoi sert une gauche si c’est pour appliquer la même politique que la droite ?

La bataille ne se jouera pas en 2012, elle se joue maintenant, contre la réforme des retraites qui se traduira par la fin de la retraite à 60 ans, l’augmentation de la durée de cotisations et la baisse des pensions si on ne stoppe pas les projets néfastes de ce gouvernement médéfisé qui veut livrer notre système de retraites aux fonds de pensions.
Ces gens-là vivent vraiment dans un autre monde. La semaine dernière, Eric Woerth, ministre du Travail a ainsi osé affirmer sur France Inter que désormais, «vous êtes quasiment en bonne santé jusqu’à un an ou deux ans avant votre mort», des propos confondants quand 346 000 personnes souffrent du cancer, 860 000 de la maladie d’Alzheimer et 2,5 millions de diabète ! Autant de gens qui ne vivent pas quasiment en bonne santé jusqu’à un ou deux ans avant leur mort !

Mais ici, comme en Grèce, le gouvernement est aux ordres des marchés et les hommes comptent moins que les profits.
Pourtant, les peuples se réveillent et ne sont pas prêts à abdiquer leur souveraineté. En Grèce, la troisième journée de grève générale avait lieu mercredi à l’appel de toutes les organisations syndicales et avec le soutien du KKE, le parti communiste grec. Dans les rues d’Athènes comme dans tout le pays, le mécontentement s’accroît.

En France, le 1er mai a été l’occasion pour les syndicats de dire leur opposition à une réforme des retraites qui punit les salariés et épargne les profits, mais il faut aller plus loin. Le gouvernement est sourd, il nous faut crier encore plus fort !

Dans la bataille idéologique qui se joue, le fatalisme est alimenté par les fausses évidences et relayé par les médias aux ordres. Les capitalistes et leurs valets voudraient bien nous faire croire qu’il n’y a pas d’alternative au hold-up qui se prépare sur nos retraites.

L’exemple grec montre le sort qui nous attend. Au-delà des retraites, c’est tout ce qui a été mis en place à la Libération, tout le programme du Conseil National de la Résistance qu’ils veulent démolir et offrir au marché.

C’est une guerre de classe qui se joue et dans le camp d’en face, ils en ont pleinement conscience. Mais l’exemple grec montre autre chose. Il montre que rien n’est joué, que les peuples peuvent encore se battre et résister aux diktats des marchés.

Au moment où le combat pour les retraites entre dans une nouvelle phase, c’est plus qu’un exemple, c’est aussi, quelque part, une leçon d’espoir.

 

L'exemple grec

Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 8 janvier 2010 5 08 /01 /Jan /2010 06:30
Liberte62En ce début d’année 2010, c’est le temps des bilans. Paradoxalement, l'année 2009 aura été une année de crise, mais aussi une année d’espoir.

Crise économique d'abord, avec ces milliers de suppressions d'emplois, la montée continue du chômage et de la misère. En 2009, les capitalistes ont profité de la crise économique mondiale pour accroître leurs profits à coups de licenciements et de délocalisations. La politique de la droite, exclusivement favorable aux intérêts du grand capital, n'a fait qu'aggraver la crise. Des milliards d'euros ont été distribués pour sauver les banques alors que le SMIC et le pouvoir d'achat des salariés stagnaient. Symboles de la combativité des salariés, les luttes des ouvriers de Caterpillar, de Continental, de Goodyear auront marqué l'année sociale 2009, tout comme les grandes manifestations unitaires du printemps, à l'appel de toutes les organisations syndicales, qui ont rassemblé des millions de personnes dans la rue.

En ce début d'année 2010, comment ne pas penser à ces grévistes de Pimkie de Wasquehal et Neuville-en-Ferrain qui ont passé le réveillon du 31 décembre aux portes de leur entreprise, soutenues par Alain Bocquet et les élus communistes du secteur, pour protester contre un plan de 190 licenciements injustifiés alors que le groupe Mulliez, propriétaire d'Auchan et de Pimkie réalise des dizaines de millions d'euros de bénéfice ?

Parcellaires, corporatistes, défensives, les luttes ? Peut-être ! Mais c'est la responsabilité des organisations syndicales et plus encore des partis politiques d'unir tous ceux qui luttent, de donner à des combats qui autrement resteraient parcellaires et localisés un sens universel, de proposer un débouché politique. Comme nos amis du journal Fakir l'écrivaient dans leur dossier consacré à la CGT, les vignerons du Languedoc et les mineurs de Carmaux menaient aussi des luttes "corporatistes", mais à l'époque, la CGT croyait à la lutte des classes et Jaurès tonnait contre le capitalisme. On était à mille lieues de l’opportunisme droitier des chefs du PS à la Royal, Valls ou Peillon qui ont enterré depuis longtemps la lutte des classes.

Alors, un espoir s'est levé en 2009 avec le Front de Gauche. Autour du PCF, le Parti de Gauche, la Gauche Unitaire, mais aussi les membres du M'PEP, les chevènementistes de République et Socialisme ont construit une alliance politique solide avec le Front de Gauche. Aux élections européennes du mois de juin, la surprise est venue du Front de Gauche qui est parvenu à faire élire cinq députés européens, dont notre camarade Jacky Hénin dans le Nord-Ouest.

En 2010, le Front de Gauche sera présent pour des régions solidaires, écologiques et citoyennes, pour rompre avec la fatalité. Les élections régionales doivent être l’occasion pour les communistes de débattre des vrais problèmes et d’être les relais de tous ceux qui luttent, dans les entreprises, dans les écoles, dans les facs, dans les associations, pour un monde plus solidaire. Dans le Nord-Pas-de-Calais, c’est l’ambition d’Alain Bocquet qui mènera une liste communiste et du Front de Gauche de large rassemblement ouverte aux syndicalistes, aux acteurs du monde de la culture, pour un Nord-Pas-de-Calais enfin respecté, pour une région et des habitants solidaires et debout.

En ce début d’année, l’espoir doit nous guider dans nos combats, il ne tient qu’à nous de faire le faire grandir…

Nouvelle année, nouveaux espoirs
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 06:30
Liberte62Raciste, Brice Hortefeux ? En quelques jours, une vidéo prise par une équipe de Public Sénat lors d’un échange entre le ministre de l’Intérieur et des militants UMP à Seignosse, dans les Landes, mise en ligne sur le site du journal Le Monde a fait le tour d’internet. Posant pour la photo avec Amine, un militant UMP maghrébin, Brice Hortefeux plaisante. On le voit rire lorsque la secrétaire départementale UMP du coin lui lance « Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière […] C’est notre petit Arabe ». Et le ministre de répondre : « Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype […] Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes ».

On reste confondu devant ce témoignage pris sur le vif du racisme ordinaire d’un ministre de la République. Alors, bien sûr, tous les amis d’Hortefeux s’y sont mis : Brice Hortefeux parlait des photos, il parlait des Auvergnats, c’est de la faute d’internet… Loupé, la vidéo n’a rien d’une vidéo volée sur un téléphone portable, elle a été prise par des journalistes d’une équipe de télé… 

Pendant que le ministre de l’Intérieur ramait pour justifier l’injustifiable, le transfuge « socialiste » Eric Besson, qui joue les bons élèves du gouvernement Sarkozy au poste de ministre de l’Immigration annonçait qu’il ne signerait pas le décret sur les tests ADN en cas de regroupement familial. Et pour cause ! Le décret sur les tests ADN était de toute façon inapplicable. Devant ce pas de deux, on pense immédiatement au jeu bien connu du « bon et du mauvais flic ».

Dernier épisode en date, avec le démantèlement de la « jungle » de Calais, annoncé à grand renfort de publicité par le sinistre Besson, mardi 22 septembre.

Depuis la fermeture du centre de Sangatte décidée en 2002 par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, le gouvernement n’a tiré aucune leçon du sort des migrants. Cette fermeture n’a fait que précariser encore plus les réfugiés, en majorité des Afghans fuyant la guerre dans leur pays, lesquels, pour survivre, ont dû précisément s’installer dans ce qu’ils appellent la « Jungle ».   

Particulièrement brutale et violente, l’opération policière très médiatisée menée mardi a principalement visé de jeunes mineurs déjà psychologiquement et affectivement très éprouvés. Selon la Préfecture du Pas-de-Calais, 278 migrants dont 132 mineurs auraient été interpellés et n’auraient pas opposé de résistance. Mais beaucoup étaient en pleurs. En fait, la plupart - ils étaient encore plusieurs centaines en août - avaient déserté les lieux après les annonces répétées de la destruction de leurs campements par le ministre.

Comment peut-on traiter ainsi des hommes, des femmes, des enfants qui n’ont d’autre tort que d’avoir fui des guerres, la misère, et de croire en un avenir meilleur ?

Loin de rechercher des solutions humaines et durables à la situation dramatique dans laquelle se trouvent ces réfugiés, le gouvernement agite le chiffon rouge de l’immigration, opérant au passage un amalgame insupportable entre délinquance et étrangers, pour des raisons purement politiciennes : c’est déjà sur le même thème que Nicolas Sarkozy avait siphonné l’électorat du Front National…

Le Front National, qui reste puissant dans le bassin minier, est aujourd’hui affaibli à l’échelle nationale, mais c’est sa politique que les racistes ordinaires du gouvernement Sarkozy mettent en œuvre quotidiennement, comme ils l’ont montré à Calais.

En opposant les travailleurs français et les immigrés comme ils opposent les travailleurs du public et du privé, les travailleurs aux chômeurs, la droite « convenable » attise les peurs et parie sur la division des classes populaires.

Face à cette stratégie de division, les communistes doivent être des combattants de l’unité : unité dans les luttes et solidarité sans faille avec les migrants. La bataille d’aujourd’hui aux côtés des migrants et pour le respect des droits de l’homme n’est qu’un des aspects de la bataille idéologique d’ensemble qu’il nous faut mener contre un pouvoir capitaliste aux mains de racistes ordinaires qui cherchent à nous diviser.

Des racistes ordinaires
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Samedi 13 juin 2009 6 13 /06 /Juin /2009 07:30
Liberte62Visages radieux des représentants de l’UMP et d’Europe Ecologie, dimanche soir, sur les plateaux de télévision. Mines déconfites au PS et au MoDem. Déjà, les responsables politiques et les commentateurs tirent les leçons du scrutin européen du 7 juin.

Victoire de l’UMP ? Avec près de 28 % des suffrages exprimés, l’UMP est certes arrivée en tête des élections, mais cette victoire en trompe-l’œil masque mal le fait que la majorité sarkozyste, privée d’alliés et sans réserve de voix est minoritaire dans le pays.

Une vague écologiste ? Si les bons scores des listes écologistes de Daniel Cohn-Bendit et José Bové qui obtiennent plus de 16 % au niveau national, devançant nettement le MoDem et dépassant le PS en Ile-de-France et dans le Sud-Est confirment la capacité des écologistes de tirer leur épingle du jeu lors des élections européennes, le vote de dimanche ne doit pas occulter le fait que pour l’essentiel, les programmes d’Europe Ecologie, du PS et du MoDem étaient très proches.
Des électeurs mouvants ont pu sanctionner la personnalité de François Bayrou et l’atonie du PS, mais les français n’ont pas délivré un blanc-seing à des écologistes dont la campagne « ni droite-ni gauche » préfigure sans aucun doute un positionnement centriste au parlement européen, loin des attentes de transformation sociale de millions de citoyens.

La déroute des listes du Parti Socialiste qui n’obtiennent que 14 élus européens est l’occasion pour les médias d’écrire une nouvelle page du feuilleton interne du PS. Benoît Hamon restera-t-il porte-parole du PS ? Martine Aubry peut-elle rester première secrétaire ?
Loin de ces questionnements du cénacle politico-médiatique, le principal enseignement du scrutin de dimanche reste l’abstention qui atteint près de 60 % des inscrits. Les députés européens de 2009 seront les plus mal élus des députés européens.

La défiance est au rendez-vous entre les peuples d’Europe et leurs représentants, mais comment accorder sa confiance à une construction européenne qui se fait au service de la finance et contre les volontés des peuples ? Malgré les « non » français, néerlandais et irlandais, ils ont continué comme si de rien n’était, ils nous ont imposé le traité de Lisbonne, copie conforme du Traité Constitutionnel Européen rejeté par référendum et adopté par les deux chambres du parlement français avec la complicité du PS.  

Dans ce contexte, le vote pour le Front de Gauche était un vote pour des élus utiles, qui seront une force de résistance au parlement de Strasbourg contre la logique libérale.

Les électeurs l’ont bien compris et le Front de Gauche, qu’on créditait de moins de 5 % des voix au début de la campagne obtient un score honorable de 6,47 %. Le PCF et ses alliés progressent par rapport aux élections de 2004, dépassant le NPA qui paie le prix de son isolement et de son refus de l’unité. La dynamique lancée par le PCF et le Parti de Gauche a permis l’élection de 5 députés du Front de Gauche qui siègeront dans le groupe de la Gauche Unitaire Européenne au parlement européen.

Dans notre département, la réélection de Jacky Hénin est une bonne nouvelle pour les travailleurs. Avec 6,84 % des voix dans la circonscription Nord-Ouest et 8,98 % dans le Pas-de-Calais, Jacky Hénin réalise un bon score qui permettra au Parti Communiste de porter la voix du monde du travail dans les instances européennes.

La progression limitée, mais réelle du Front de Gauche est la seule bonne nouvelle de cette élection sans passion qui a vu la victoire de l’abstention et la progression des droites européennes.

Alors, tandis que le gouvernement et l’UMP célèbreront leur fausse victoire, et si nous faisions du 13 juin la poursuite de ce que le Front de Gauche a ouvert le 7 juin ? Soyons nombreux dans les cortèges le 13 juin pour les salaires, l’emploi et les services publics, mais aussi pour signifier au gouvernement et à la droite qu’il y en a marre de leur politique au service des intérêts des plus riches. Ils n’ont pas voulu entendre notre message le 7 juin, crions-le plus fort !


Leçons d'une élection sans passion

Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 06:30
Liberte62Avis de tempête sociale sur la France de M. Sarkozy. Le 29 janvier dernier, nous étions plus de deux millions de manifestants à défiler, partout en France, pour l’emploi, le pouvoir d’achat et la défense des services publics.

Deux millions et demi de manifestants ! Un chiffre qui résonnait comme un défi aux yeux de ce pouvoir de droite, qui n’a eu de cesse de s’attaquer au droit de grève et d’insulter les grévistes. « Maintenant, quand il y a une grève en France, plus personne ne s’en aperçoit », disait Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines, avec son arrogance coutumière. Le 29 janvier dernier, les travailleurs du public comme du privé, les étudiants, les lycéens, les chômeurs, les retraités ont prouvé le contraire à Nicolas Sarkozy.

Le gouvernement n’a pourtant pas l’intention d’écouter ce que lui ont dit les Français. Sourd et aveugle aux revendications populaires, François Fillon vient de lancer à grands renforts de communication son « train de la relance ». Aux participants de l’immense journée de mobilisation professionnelle du 29 janvier, le Premier Ministre oppose une fin de non-recevoir en se contentant d’une vague invitation « à se serrer les coudes ». Les 2,5 millions de manifestants apprécieront.

Oubliées les revendications de hausses de salaire et d’arrêt des suppressions de postes portées avec force dans les cortèges jeudi dernier. Ce sont pourtant les seuls réformes qui permettraient le redémarrage d’une économie désormais entrée en récession. Le Premier Ministre écarte d’emblée ces propositions et choisit de « garder le cap ». Pour François Fillon, le train de la relance, c’est le service minimum pour les salariés et le service maximum pour les capitalistes.

Sarkozy et Fillon feraient mieux d’écouter ce que disent les Français : selon un sondage CSA/l’Humanité, ils sont 61% - 84 % pour les sympathisants de gauche - à souhaiter que les organisations des salariés « appellent à poursuivre la mobilisation ». Quant à la politique économique du gouvernement, alors que l’équipe Sarkozy-Fillon va répétant qu’elle est la seule thérapie possible, qu’il s’agirait seulement, en somme, d’avoir la patience d’attendre qu’elle produise ses fruits, 62 % des sondés considèrent au contraire qu’elle ne « permettra » pas de « lutter efficacement contre la crise ». La défiance atteint ses plus hauts niveaux chez les chômeurs (81%), les salariés du secteur public (77%) et les étudiants (73%) qui combattent la loi LRU et la casse de l’université publique. Seules 4% des personnes interrogées trouvent les choix du gouvernement « très efficaces » et 23% « plutôt efficaces ».

Ces chiffres peuvent faire trembler le gouvernement qui aurait tort de ne pas prendre la mesure de la colère de l’opinion publique. Ce n’est pas en s’invitant à la télévision jeudi soir que le Président de la République réussira à convaincre des salariés révoltés par la crise et des syndicats unis et déterminés à imposer d’autres choix.

Ces choix, le Parti Communiste a longtemps été presque seul à les porter quand les économistes et les éditorialistes de marché à la solde des capitalistes vantaient les mérites du libéralisme et de la « concurrence non faussée ».

Au milieu de la tempête avec son cortège de suppressions d’emplois et l’envolée du chômage, les mêmes capitaines libéraux qui nous ont conduit au naufrage persistent pour l’instant à garder le cap.

La tempête sociale qui s’annonce pourrait bien les balayer. Dans l’éducation, dans les hôpitaux, dans les usines, les salariés sont décidés à se battre et le coup de tonnerre du 29 janvier pourrait préfigurer un printemps de luttes d’une force sans précédent.

Dans la rue comme dans les urnes où les élections européennes seront l’occasion de faire entendre notre voix, les communistes seront dans les semaines qui viennent aux côtés des salariés pour faire entendre leurs propositions, des propositions concrètes, qui rompent avec la logique capitaliste à l’œuvre en France et en Europe pour ouvrir ensemble un nouveau chemin.

Avis de tempête sociale
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 06:30
Liberte62Elie Cohen est désespéré… L’économiste préféré des plateaux de télévision se lamentait mardi soir, sur le plateau de « C dans l’air » : « Qu’est-ce que c’est que cette idée nouvelle que l’Etat devrait désormais définir une politique industrielle ? C’est une immense régression à laquelle on est en train d’assister ! »

Le petit monde d’Elie Cohen est en train de s’effondrer. Depuis vingt ans, Elie Cohen et ses amis ont été les principaux artisans du désarmement idéologique de la gauche. Leur credo libéral tenait en peu de mots : ouverture du capital, privatisation, déréglementation…

Martelés sur toutes les chaînes de télévision, dans les tous les journaux, ces dogmes sont devenus le quotidien des millions de citoyens du monde entier.

Elie Cohen, Jacques Attali et une flopée d’économistes médéfisés étaient les invités préférés des émissions de débat d’Yves Calvi, d’Arlette Chabot ou de Christine Ockrent. Ces économistes « de gauche » ont tout justifié : privatisation de France Télécom, ouverture du capital d’EDF, fusion GDF-Suez, mise en concurrence de La Poste et demain, privatisation totale de La Poste ou de la SNCF. A chaque fois, ces attaques contre les travailleurs ont été présentées comme des réformes inéluctables et de bon sens.

Aujourd’hui, c’est un monde qui s’écroule pour Elie Cohen… Pensez-donc ! Le premier ministre anglais, Gordon Brown, l’artisan du virage centriste du New Labour, l’adepte des privatisations vient d’accoucher d’un plan de sauvetage des banques. Gordon Brown qui nationalise ! Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la verte Angleterre…

Le drame, c’est qu’une partie de la gauche française a suivi ces professeurs en renoncement. A la recherche d’une modernité fabriquée, les leaders du Parti Socialiste se sont lancés dans une course au centre débridée : Bertrand Delanoë s’avouait il y a quelques mois « socialiste et libéral », Ségolène Royal et son bras droit, Vincent Peillon, ne juraient que par l’alliance avec le Modem quand Manuel Valls ne rêvait que de débaptiser le Parti Socialiste.

Oui, mais voilà, depuis l’éclatement de la crise économique, le socialisme n’est subitement plus une idée ringarde. « La gauche vire à gauche » titrait Libération lundi, au grand dam, on l’imagine, de Laurent Joffrin. Il y a un an, ce même quotidien titrait avec délectation « La gauche vire-t-elle à droite ? ». D’après le sondage réalisé pour Libé, la gauche anticapitaliste (PCF, LCR, altermondialistes) voit son influence passer de 15 % l’an dernier à quelque 25 % quand la gauche libérale autoritaire incarnée par Royal, Valls et les autres perd plus de 10 points.

C’est le signe que quelque chose est en train de changer. La crise économique agit comme un formidable révélateur de l’hypocrisie de nos gouvernants, qui nous ont répété pendant des années que « les caisses sont vides » et qui signent aujourd’hui des chèques de plusieurs centaines de milliards d’euros pour venir en aide aux banques menacées de faillite.

Le désarroi d’Elie Cohen n’est pas prêt de s’arrêter. Les salariés, les chômeurs, les précaires, les retraités vont être les premières victimes de la récession et ce ne sont pas les promesses de Nicolas Sarkozy de « moraliser le capitalisme » qui les rassureront, pas plus que le spectacle d’un Parti Socialiste livré à une guerre des chefs qui n’augure rien de bon  pour l’avenir de la gauche si le PS en reste au réformisme sans réformes qui caractérise son programme.

Alors, Elie Cohen a de quoi être inquiet et avec lui tous les apôtres du capitalisme. Les idées communistes prouvent chaque jour leur justesse. Nos populations nous attendent, elles attendent des propositions concrètes pour améliorer le quotidien et rompre réellement avec le capitalisme. Nous n’avons pas le droit de les décevoir.

Raison de plus pour réussir notre 34ème Congrès. Un Parti Communiste renforcé, fier de ses valeurs, porteur d’un discours de classe peut ouvrir de nouvelles perspectives, et tant pis pour Elie Cohen…

Le désarroi d'Elie Cohen
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 18 juillet 2008 5 18 /07 /Juil /2008 06:30
Liberte62Nicolas Sarkozy n’a même pas besoin de nommer lui-même le futur patron de France Télévisions. Jamais le pouvoir d’un chef d’Etat d’un pays démocratique n’a été aussi grand, ses liens avec les grandes entreprises aussi apparents, sa stratégie de détournement de l’attention aussi évidente.

François Fillon annonce 30 000 suppressions de postes dans la Fonction Publique dont 13 500 dans l’Education Nationale. L’information est expédiée en quelques lignes. Pas un mot non plus, au journal de TF1 ou de France 2 sur les menaces qu’une ouverture de capital de La Poste ferait peser sur le service public postal. Car au-delà d’un changement de statut et d’un simple apport de capital, c’est la privatisation de l’entreprise publique qui est en marche avec son cortège de fermetures programmées de plusieurs milliers de bureaux de poste. Sous couvert des directives de Bruxelles, c’est en fait le gouvernement qui organise la privatisation et le démantèlement de La Poste pour mieux servir les intérêts de la Société Générale et casser un des derniers symboles du service public. 

A part L’Humanité, qui dénonce cette logique de marchandisation qui se poursuit, quels qu’en soient les coûts pour les salariés et les consommateurs ? Personne ! Intarissables sur la libération d’Ingrid Bétancourt et le dernier album de Carla Bruni, TF1 et France 2 sont d’une remarquable discrétion sur la casse de La Poste et de la Fonction Publique. Dans les colonnes du  Figaro et de Libération comme sur les écrans de télévision, on retrouve la même hiérarchie de l’information et les visages de femmes se succèdent, au rythme des emballements médiatiques.

En ce début de juillet, les héroïnes médiatiques se nomment Ingrid et Carla : Ingrid Bétancourt libérée par les forces spéciales d’Alvaro Uribe, Ingrid Bétancourt qui va retrouver sa famille, Ingrid Bétancourt qui remercie Dieu, Ingrid Bétancourt en pèlerinage à Lourdes, Ingrid Bétancourt invitée d’honneur du 14 juillet, qui se fait porter pâle, Ingrid Bétancourt qui reçoit la légion d’honneur… Chaque jour, dans les journaux, à la radio ou sur les écrans de télévision, le feuilleton Ingrid Bétancourt se décline à toutes les sauces, à peine interrompu par les adieux de PPDA, dont on ne regrettera pas « l’insolence » supposée, une insolence qui ne transparaissait pas souvent, c’est le moins qu’on puisse dire…

Autre feuilleton et autre démission médiatique que le feuilleton de la parution du troisième album de Carla Bruni, « Comme si de rien n’était », sorti en grande pompe le 11 juillet dernier. On ne s’étonne qu’à moitié de trouver des portraits complaisants de la première dame de France dans les colonnes du Figaro, mais quelle déception de voir Libération ouvrir le bal, dès le 21 juin dernier, allant jusqu’à proposer à Carla Bruni d’être « rédactrice d’un jour » du quotidien dont Laurent Joffrin ambitionne de faire « la maison commune de la gauche ». Réveille-toi, Jean-Paul Sartre, ils sont devenus fous !

Comme dans tout conte de fée, il y a besoin d’une méchante qu’on tournera en dérision. Ségolène Royal endosse le rôle avec le talent qu’on lui connaît. Excellant dans l’art de la provocation, l’ex-candidate à la présidentielle accuse Nicolas Sarkozy de récupération politique dans le dossier Ingrid Bétancourt, ce qui est assurément le cas et d’être derrière le cambriolage de son appartement.
Cette stratégie de coups médiatiques mâtinée d’un social-libéralisme affirmé lui suffira-t-elle pour récupérer des adhérents socialistes qui doutent et prendre la tête du PS lors du prochain congrès ? En tout cas, elle participe d’une personnalisation de la vie politique et d’un recul idéologique qui n’ont rien de rassurant. 

Car pendant que défilent les visages d’Ingrid, Carla et Ségolène, vous ne saurez rien sur Edvige… EDVIGE, c’est le nouveau fichier (Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information GEnérale) mis en place par la Direction centrale de la sécurité publique le 1er juillet dernier.
Ce fichier policier recensera de manière systématique et généralisée toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ».  Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées et le gouvernement ne compte pas en rester là : EDVIGE permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que les fréquentations, l’appartenance ethnique, les orientations sexuelles ou encore les opinions politiques, religieuses ou syndicales de plusieurs milliers de personnes.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans.
A l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Fondation Copernic, une pétition (http://nonaedvige.ras.eu.org/) a déjà rassemblé plus de 6 000 signatures. Le Parti Communiste en est évidemment signataire.

Ingrid, Carla, Ségolène… Le feuilleton médiatique s’auto-alimente pour mieux cacher la réalité d’une politique libérale et autoritaire, dont le fichier Edvige n’est que le dernier avatar. Cette politique, les communistes doivent la dévoiler et la combattre. Et si sortir du feuilleton où ils voudraient nous enfermer était simple comme un clic ?

Ingrid, Carla, Edvige et les autres...
Par David NOËL - Publié dans : L'éditorial de Liberté 62 - Communauté : Parti Communiste Français
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