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Médias

Samedi 14 janvier 2012 6 14 /01 /Jan /2012 10:30
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Parti Communiste Français
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 10:30

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 18 décembre 2011 7 18 /12 /Déc /2011 10:30

cdanslair.jpgMardi 13 décembre, France 5 diffusait un « C dans l'air » dont le thème était « le communisme 20 ans après ». Yves Calvi recevait à cette occasion, Stéphane Courtois et Alexandre Adler sur le plateau. Suite aux propos scandaleux tenus par certains sur le plateau, vous trouverez ci-dessous le courrier de Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, envoyé ce jour à Yves Calvi.

Depuis maintenant des mois, la discrimination à l’égard du Parti communiste français dans les émissions politiques dont vous avez la charge, et plus globalement dans celles du groupe France Télévisions, est une constante. Toutes nos demandes pour qu’il y soit mis un terme sont - plus ou moins poliment - mais systématiquement écartées.

Mais cette fois, trop c’est trop. Le mardi 13 décembre, l’émission « C’est dans l’air » avait pour invité Stéphane Courtois, dont la seule fonction historique reconnue est l’anticommunisme professionnel. C’est votre choix éditorial, je n’ai pas à le contester. Toutefois, au cours de cette émission, cet invité, qui ne m’a jamais rencontré de sa vie, s’est livré à une violente attaque personnelle en déclarant je cite « Pierre Laurent (…) un fils d'apparatchik qui a mis les pieds dans les chaussons de son papa et qui prend la direction du parti, quelque part ça fait presque pitié».

Cette pitoyable déclaration est restée sans réponse. Insultante et diffamatoire, elle ne mériterait de ma part que le mépris. Elle s’inscrit dans le registre des poncifs anticommunistes dont Monsieur Stéphane Courtois s’est fait une spécialité, en lieu et place de celle d’historien dont il s’affuble à propos du Parti communiste français.

Je ne peux me taire car cette déclaration intervient alors que la discrimination à notre égard est un scandale qui n’a que trop duré. Élu secrétaire national du PCF en juin 2010, je n’ai été invité à aucune émission politique importante dont vous avez la responsabilité, et quasiment aucune sur l’ensemble des  antennes de France Télévisions. Ce boycott est en contradiction avec toutes les règles déontologiques en matière de pluralisme du débat d’idées, et avec toutes les règles du CSA qui invitent à respecter l’ «équité» des temps de parole des formations politiques, singulièrement celles qui  disposent d’une représentation politique parlementaire.

Cette situation devient plus insupportable encore depuis que nous sommes entrés, de fait, dans la campagne présidentielle. Le Front de gauche, dont le Parti communiste français est totalement partie prenante, et son candidat Jean-Luc Mélenchon dont je préside le conseil national de campagne, y jouent un rôle de premier plan. Pourtant, la discrimination perdure. Elle devient même chaque jour plus flagrante au fur et à mesure que des candidats, subitement touchés du jour au lendemain par la grâce sondagière, occupent aussitôt le hit-parade des apparitions médiatiques.

L’argument selon lequel  je ne suis moi-même pas candidat ne résiste pas une seconde à l’examen.

Un, notre campagne et notre candidat sont loin de bénéficier de l’égalité de traitement qu’ils méritent. Le respect des règles du CSA nécessite bel et bien  l’augmentation globale du temps de parole du Front de gauche, donc tout à la fois celle de Jean-Luc Mélenchon et celles d’autres représentants nationaux du Front de gauche.   

Deux, le rôle politique et parlementaire joué par le Parti communiste dans cette campagne ne peut échapper qu’à ceux qui cherchent à nier la réalité.

Trois, ceux qui avancent cet argument à mon égard devront m’expliquer pourquoi il ne s’applique ni au secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, ni à la première secrétaire du PS Martine Aubry, ni à la première responsable d’Europe Ecologie Les Verts, Cécile Duflot, sans parler des dizaines de responsables d’autres formations politiques qui sont des invités permanents de vos émissions, sans que jamais un seul responsable communiste ne puisse y trouver place.

Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple récent sur lequel nous vous avons alerté avant l’émission, comment se fait-il qu’aucun parlementaire ou aucun maire de notre parti, très actif sur le droit de vote des étrangers depuis trois décennies, ne trouve place le lundi 12 décembre sur le plateau de « Mots croisés » quand Rama Yade, qui n’a plus aucun rôle politique, et l’improbable Arno Klarsfeld, sur ce sujet auquel il ne s’est jamais intéressé, y figurent en bonne place ?

Et pour n’en prendre qu’un seul autre un peu plus ancien, puisque l’histoire du PCF semble vous intéresser quand il s’agit d’inviter Stéphane Courtois, comment expliquer que le discours que j’ai prononcé devant plus de sept mille personnes le 23 octobre dernier dans la carrière de Châteaubriant aux côtés du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, en hommage aux 27 résistants fusillés il y a soixante ans par les nazis, ait été totalement ignoré ? La mémoire de Guy Môquet et de ses camarades n’intéresse-t-elle que quand elle est instrumentalisée par un président de la République qui en trahit chaque jour les idéaux ? 

Aussi, je vous demande d'agir pour mettre un terme à cette mise à l’écart du PCF et de moi-même comme secrétaire national de ce parti dans vos émissions. Ainsi, sera défaite cette anomalie anti-démocratique qui, j’en suis sûr, suscite la réprobation de très nombreux journalistes de vos propres rédactions, que je sais attachés aux valeurs du pluralisme.

Si les propos insultants de Stéphane Courtois sur votre antenne ont été, vous l’aurez compris, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, vous comprendrez que ma requête, au-delà de ce lamentable incident, est plus large. Elle n’a qu’un seul but : faire droit au respect du pluralisme sans lequel la démocratie n’est qu’une coquille vide.


Pierre Laurent,
Secrétaire national du PCF
Conseiller régional d'Ile-de-France

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Parti Communiste Français
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 06:30
Par Fakir - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 06:30

fakir logo Rendez-vous le lundi 28 novembre à 9 h 30 et le mercredi 30 novembre à 13 h 30 à la XVIIème chambre du tribunal correctionnel de Paris (boulevard du Palais, sur l’île de la Cité) pour le procès de Fakir et Là-bas si j’y suis contre Jean-Charles Naouri, PDG du groupe Casino et grand libérateur de la finance en France.

Plus de mille personnes rassemblées pour huer les parrains du capitalisme, on s’est dit : « Bon, les journaux vont en parler. » Mais non. Une semaine s’est écoulée, et rien. Pas un mini-papier. Pas une ligne nulle part. Donc, bon, il faut bien qu’on se charge de saluer notre propre triomphe…

« Ouh ! Ouh ! Ouh ! »Public-Nuit-des-rapaces.jpg
C’est bien difficile de les départager, nos douze Gens Pires, livrés à la vindicte populaire lors de notre Nuit des Rapaces. Plus de mille personnes (« 1 035 », très précisément, d’après le gardien, plus deux cents refoulés à l’entrée – de peur que la salle Olympe de Gouges ne devienne aussi célèbre que le stade du Heysel) huent tour à tour les Michel Pébereau, Mario Draghi, Bernard Arnault, Jeffrey Smith, Maurice Lévy, Michel Destot, Manuel Barroso, Maurice Lévy, Marc Ladreit de Lacharrière…

Jusqu’au verdict : « Pour chacun de ces personnages, nous avons mesuré le taux de mécontentement en décibels, résume Antoine Chao – l’huissier en charge du ouhouhmètre. Rassurez-vous, tous dépassent le seuil de tolérance. Mais il y en a trois qui, d’après mes chiffres, sont dans un mouchoir de poche. Il s’agit de Carlos Ghosn, de Laurence Parisot, et d’Arnaud Lagardère. Comme avec la machine il y a une marge d’erreur, je vais vous demander de revoter… » Les rangs bondés ne demandent pas mieux : « Ouuuuuuuuuh ! » Manifestement, c’est Laurence Parisot qui est la plus haïe : pour une fois qu’une femme remporte une élection en France !

C’est Gérard Filoche qui a choisi la patronne des patrons. C’est donc lui qui monte sur le podium pour recevoir le trophée – un vautour à haut de forme et cigare dans le bec, cerné par des billets de Monopoly. L’inspecteur du travail la range dans sa valise à roulettes. « C’est de l’ironie, quand même, je lance au micro : on est poursuivis par Jean-Charles Naouri, un ancien directeur de cabinet PS, et voilà que c’est le représentant du PS, aujourd’hui, qui rafle le prix… » C’est un cadeau empoisonné, en même temps : le vainqueur vient de signer un engagement, il est condamné à aller remettre cette coupe, en mains propres, à sa rapace préférée...

Nuit-des-rapaces-remise-de-prix.jpg
Ça me rappelle la première fois qu’on l’a rencontré, Gérard Filoche.

Fakir était au creux de la vague, presque au fond du trou, à l’hiver 2008. Je me coltinais un procès, encore, à titre personnel - et moins marrant que contre le PDG de Casino. Les ventes du journal reculaient. Souchon était retourné dans son Ardèche, en Bretagne, à Paris, partout dans le monde sauf en Picardie. On faisait tourner la boutique à trois, Aline, Fabian et moi, contre vents et marées, lassés, épuisés : qu’est-ce qu’on fait ? On arrête ?

Il faut ici citer deux copains, Antoine et Liévin, qui ont depuis vogué vers d’autres horizons - une école d’ingénieur pour l’un, du conseil auprès de sociétés coopératives pour l’autre. Mais pendant une semaine, ils ont diffé des tracts au campus, au centre-ville, au resto-U, etc. Il faisait froid. Et nous avions froid à l’âme, surtout, sans trop d’espoir. Le samedi 12 janvier est arrivé, et grâce aux cuivres de l’Arrache-Fanfare, grâce à la faconde de Gérard, grâce au punch et à la sangria qui réchauffent, grâce aux centaines de camarades présents, ça nous a remis du baume au cœur - et nous sommes repartis pour un tour, d’attaque, lançant notre victorieuse campagne « anti-de Robien ».

Sans le coup de main, en ces semaines de peine, de Antoine, Liévin et d’autres anonymes pour nous sortir du trou, Fakir se conjuguerait au passé.

On danse toujours sur ce fil, incertain, l’abandon qui guette.

En face, les capitalistes et leurs larbins sont moins taraudés par le doute : le moindre effort, dans leur camp, est aussitôt récompensé par du pognon, par des honneurs, par des passages à la télévision, par des postes à pourvoir. De quoi atténuer, effacer, les inquiétudes existentielles…

Et de l’autre côté, néanmoins, le goût de la bagarre.

Ne pas leur laisser cette joie, en plus : notre abandon. La somme de nos abandons individuels, qui font leur victoire historique - et temporaire.

Ces « ouh ouh ouh », c’est un début. Ça reste bon enfant. Et que, bientôt, nous devrons cesser – par étapes, progressivement – d’être bon enfant. Qu’il ne s’agira plus de les conspuer de loin mais, bel et bien, de les effrayer de près. Que nous serons plus mille, mais cent mille. Un million. Et qu’ils trembleront.

À bientôt les amis…Nuit-des-rapaces-final.jpg


Et n’oubliez pas de venir nous soutenir lors de notre procès
le 28 novembre à 9h30
&
le 30 novembre à 13h30
à la 17ème Chambre correctionnelle de Paris
4, boulevard du Palais, métro Cité


Source : Fakir
Vendredi 18 novembre 2011

Par Fakir - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 17 avril 2011 7 17 /04 /Avr /2011 06:30

Fakir-AG-Casino.jpgJeudi matin 14 avril, le groupe Casino rassemblait ses actionnaires à l’occasion de son assemblée générale. Mais les journalistes de Fakir, bimestriel d’enquête sociale, ainsi que des gérants de Petits Casino et des anciens de Moulinex étaient également de la partie. Enervant.

Jeudi 14 avril, salle Wagram à Paris, assemblée générale de Casino. L’ennui. Le petit groupe des amis de Fakir et de l’émission de Daniel Mermet Là bas si j’y suis rassemblé autour du journaliste François Ruffin [1], est au bord de l’apoplexie. Depuis plus de deux heures, Jean-Charles Naouri, droit comme un I dans son costume de PDG, vante les réussites de son groupe, chiffres et graphiques à l’appui, devant un parterre de petits actionnaires – moyenne d’âge 70 ans - absolument ravis ou totalement assoupis, c’est selon. Deux heures interminables, durant lesquelles le géant de la superette se félicite de ses bons résultats 2010, de son implantation grandissante à l’international, de son programme de lutte pour la préservation de l’environnement, et de ses bonnes actions en faveur des riziculteurs vietnamiens – programme happy rice - ou contre la malnutrition des enfants colombiens. Le tout à grand renfort de slogans type « Casino, nourrir la diversité  » ou mieux « Casino, la proximité est dans notre ADN  ».

Installé dans un petit coin de la salle, l’équipe réunie autour de Ruffin, composée de journalistes, mais aussi de gérants de Petits Casino et d’anciens salariés de Moulinex, dont Naouri a été un actionnaire, attend patiemment le moment des question-réponses. Comme l’an passé, ils sont venus munis d’une action Casino, pour demander à Jean-Charles Naouri de répondre à un certain nombre de leur revendications. A savoir la requalification des gérants non salariés en contrats salariés, avec une majoration des heures supplémentaires. Du côté des anciens de Moulinex, la restitution aux salariés licenciés des 25 millions de bénéfice empochés par Naouri grâce à la vente de ses stocks options. Quant aux journalistes de Fakir et de France Inter, ils souhaitent débattre de son implication dans la libéralisation de la finance au début des années 80, alors qu’il était directeur de cabinet de Pierre Bérégovoy, ministre de l’économie.

"On a bien fait de vous virer"

L’action est ambitieuse, d’autant que le service d’ordre mobilisé pour l’occasion est réellement impressionnant. Répartis sur deux étages, munis d’oreillettes, de caméras et d’appareils photos, des mastodontes aux crânes rasés et aux costumes sombres, les tiennent sous haute surveillance. L’heure des échanges arrive enfin, mais les hôtesses, très certainement briefées, refusent de leur fournir un micro. Bien décidée à se faire entendre, l’équipe se lève et stationne dans l’allée centrale. « Vous avez des questions ?  » hurle François Ruffin. « Oui ! » répond en chœur le reste de la troupe. Ne pouvant plus ignorer ses détracteurs, Naouri, accepte de leur donner la parole. Sylvain, gérant d’un petit Casino, s’y colle le premier. Impressionné, il bafouille un peu. Du haut de sa tribune, Naouri l’ignore et répond « aux questions de M. Ruffin » qu’il accuse d’entretenir une polémique personnelle à son égard. Quant aux gérants des petits Casino en contentieux avec le groupe, « ces dossiers reposent sur ce qu’on appelle une insuffisance de caisse  », déclare le PDG. Et, s’adressant aux actionnaires : « Casino ne peut pas négliger la défense de vos intérêts.  » Il a trouvé les mots, conquise, la salle applaudit. Vient le tour, de Maguy, une ancienne de Moulinex. D’emblée, le président général lui oppose une fin de non recevoir : « Moulinex ne figure pas à l’ordre du jour » La salle applaudit de nouveau et siffle les militants. La tension est palpable. Une actionnaire lance à Maguy. « On a bien fait de vous virer de Moulinex. On a perdu plein de fric à cause de vous parce que vous ne foutiez rien.  »

Une évacuation musclée

C’est au tour de Pierre Souchon, journaliste à Fakir, de réclamer la parole. Après moult tentatives, il finit par l’obtenir et se lance, mais très vite on coupe son micro. « Vous n’en n’avez pas besoin, on vous entend très bien » lui rétorque M. Naouri. C’est l’impasse. Alors, histoire de sauver l’honneur, les militants entament sur l’air de l’Internationale un refrain, écrit spécialement pour l’occasion. « Debout les petits actionnaires, debout les gérants d’magazins…c’est la luuuutte à Jean-Charles… » Mais là, pour Jean-Charles justement, c’en est trop, il clôt les débats et donne l’ordre d’évacuer les militants. Aussitôt dit, aussitôt fait, les costauds aux oreillettes se précipitent dans l’allée centrale et procèdent à une évacuation du genre musclée. Fin de l’action. Une fois dehors, chacun commente ce qui vient de se passer. « C’est une défaite », lâche, amer, Pierre Souchon. « C’est une belle défaite si on aime les causes perdues...  » Soit. Mais gageons qu’il n’est jamais inutile de se battre pour des causes perdues. Elles ne le seront pas toujours.

Notes

[1] Le journal Fakir ainsi que l’émission Là bas si j’y suis sont attaqués en justice par le groupe Casino pour diffamation.


Source : Regards
Reportage, par Sophie Labit | 15 avril 2011

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Jeudi 10 mars 2011 4 10 /03 /Mars /2011 10:30

liberation.gifCes dignitaires UMP acclamant Zemmour comme une pop star, ce Copé, ce Novelli, avec leurs calculs électoraux qui crèvent l’écran, leur panique camouflée en matoiserie, leur course aux canots de sauvetage déguisée en ricanantes provocations, leurs trépignements («on a quand même bien le droit de dire ce qu’on veut chez nous, na») : quelle image pour la jeunesse de Tunis ou du Caire ! Si toutefois cette jeunesse nous regarde, ce qui semble de moins en moins probable. Le légalisme de la jeune révolution tunisienne, sa décision d’élire une constituante ! Et pendant ce temps, nos benalistes rassis à nous, acclamant un raciste condamné !

Tiens, puisqu’on parle de la belle France, de la France éternelle, ouverte sur l’horizon. Pendant qu’il n’est bruit que de Zemmour, les éditions Robert Laffont viennent de rééditer le Camp des saints, de l’écrivain d’extrême droite Jean Raspail. Le livre a été publié en 1973. Son thème ? Un million d’Indiens miséreux, à bord d’une flottille hors d’âge, s’échouent sur la Côte d’Azur. Qu’en faire ? Les accueillir ? Les empêcher de débarquer, arme à la main ? Le véritable sujet du livre n’est pas l’invasion elle-même. C’est la capitulation des élites politiques et médiatiques françaises devant cette invasion. Ils rêveraient de tirer dans le tas, mais n’osent pas. Leur lâcheté, leur déballonnement, devant ce qu’on n’appelait pas encore, en 1973, la bien-pensance tiers-mondiste (mais le concept était déjà là) les paralysent. La médiatisation du livre a été limitée : quelques articles et interviews dans le Figaro Magazine et Valeurs actuelles. Même Copé n’a pas osé inviter Raspail (mais ça viendra peut-être). Le livre est pourtant un grand succès : 5 000 exemplaires ont été vendus en février. Jean Raspail, en outre, a participé à une grande émission de télévision, Ce soir ou jamais, animée sur France 3 par Frédéric Taddeï. Très bien. Il est tout à fait légitime que la télévision publique reçoive tout le monde, même les écrivains racistes, tant qu’ils n’ont pas été condamnés. Sauf que l’animateur, Taddeï, a soigneusement omis de prononcer un mot : «racisme», justement. «Sulfureux», «controversé» : pour présenter le livre, Taddeï s’est soigneusement limité à ces adjectifs, qui évitent de prendre parti et de s’engager. Le Camp des saints est pourtant un livre raciste. Odieusement raciste. Si Frédéric Taddeï l’a vraiment lu, il ne peut le qualifier autrement. Exemples ? Ils fourmillent. Les naufragés de Jean Raspail puent, et l’écrivain insiste longuement sur cette puanteur. Pas un seul, dans ce million d’Indiens, n’est doté par le romancier d’un visage humain, ou de réactions humaines. C’est une masse grouillante, informe et menaçante. Noirs et Arabes, jetés sur les routes par la débâcle française devant cette invasion pacifique, ne sont que des délinquants et des violeurs. Il a beau être édité par l’honorable maison Robert Laffont, c’est un livre raciste - ce qui ne lui retire pas ses qualités littéraires, et notamment sa perverse puissance d’évocation.

En considérant cet accueil critique intimidé, aujourd’hui, du Camp des saints, comment ne pas repenser à l’accueil critique de Bagatelles pour un massacre, l’immonde pamphlet antisémite de Céline, tel que le relatait récemment André Derval, dans un recueil passionnant (1) ? Céline le publie en 1937. Au comble de l’embarras, la «grande presse» fait silence. La presse d’extrême droite exulte. Rien que de très normal. Et il se trouve, dans les revues littéraires, des critiques pour exalter le style de l’œuvre, en faisant mine de ne pas voir son contenu.

Jean Raspail était une sorte de Zemmour des années 70. Comme Zemmour, d’ailleurs, il faut le voir faire patte de velours, sur les plateaux. Un croisé, lui ? Pas du tout ! Que va-t-on imaginer ? Un humble romancier, simplement, qui entendait, en 1973, «poser un problème». Si la masse miséreuse déferle sur nous, «qu’est-ce qu’on fait ?» Oui, que faire de ces gens qui, hélas, hélas, «ne sont pas de notre type ethnique» ?

Pour répondre d’avance à une question piège, il ne faudrait pas déduire de ce qui précède un appel à l’interdiction du Camp des saints. Mais il faut l’appeler par son nom : un livre raciste. Il faut désigner les éditions Robert Laffont comme ce qu’elles sont : l’éditeur d’un livre raciste. Un livre raciste littérairement intéressant, sans doute ; sociologiquement, historiquement intéressant, tout ce qu’on voudra, mais raciste. Et toxique. Rééditez-le tant que vous voudrez, invitez l’auteur tant que vous voudrez, mais ayez le courage d’apposer un bandeau, «attention, contenu raciste». Ou bien «le racisme tue». Comme sur les paquets de cigarettes, que la liberté interdit aussi d’interdire.

DANIEL SCHNEIDERMANN

(1) «L’accueil critique de Bagatelles pour un massacre», Ed. Ecriture.


Source : Libération
Lundi 07 mars 2011

Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Vendredi 4 mars 2011 5 04 /03 /Mars /2011 10:30

Une-Fakir-DSK.jpgAnne Sinclair aimerait bien quitter Washington, il paraît, et du coup, toutes les radios, toutes les gazettes, tous les chroniqueurs susurrent que, donc, tiens, ah ah, si sa compagne veut revenir à Paris, c’est que DSK pré-postule à la présidentielle. Et d’avance, toute l’oligarchie réunie s’en réjouit.

Eux sont mobilisés, des instituts de sondages aux chaînes de télé. Alors, si on n’en veut pas de ce candidat-là, il faut le crier très fort et tout de suite. Afin que sa « bonne opinion », chez les gens de gauche, même modérée, soit minée. Non pas en l’injuriant, en le méprisant, mais simplement en rappelant ses actes, ses décisions – du ministère de l’Economie au FMI : privatisation de France Télécom, liquidation des banques publiques, défiscalisation des stock-options, etc. En éclairant, aussi, toutes les zones d’ombre – « Cercle de l’Industrie », « DSK consultant » – que les grands médias éclipsent. Pour que nous n’ayons pas le choix, à l’arrivée, qu’entre l’ami du patronat (Nicolas Sarkozy) et leur ancien lobbyiste (DSK)…

Voilà pourquoi nous avons conçu ce T’chio Fakir, comme une arme d’auto-défense. Pour que vous puissiez convaincre vos copains, cousins, collègues, avec une contre-information rigolote sur la forme mais sérieuse sur le fond, pas bête mais accessible, combative mais pas sectaire. Pour que vous puissiez le brandir dans une section socialiste, l’offrir à vos élus PS comme un avertissement.

Vous pouvez télécharger ce quatre pages ICI.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Mercredi 2 mars 2011 3 02 /03 /Mars /2011 06:30

Le site américain Cryptome.org a dévoilé mercredi une liste non exhaustive des participants au "dîner du Siècle" qui s’est tenu le 27 janvier 2010.

Le dîner du Siècle réunit chaque dernier mercredi du mois le gratin politico-médiatico-industriel à l’hôtel Crillon, à Paris. Depuis plusieurs mois, le Collectif Fini les Concessions appelle à manifester devant l'hôtel Crillon pour dénoncer les liens incestueux entre journalistes médéfisés, syndicalistes à gages et grands patrons.

La liste dévoilée par le site Cryptome.org que le PCF d'Hénin-Beaumont met à disposition de ses lecteurs provient directement d’une source interne au Siècle, elle  contient le CV des participants ainsi que leurs coordonnées professionnelles. C’est donc un document de première main, même s’il a été expurgé de toutes les coordonnées personnelles.

Nous avons appris que d’autres listes du même type devraient bientôt suivre, et nous nous félicitons de cette initiative, qui devrait permettre à tous et toutes de mieux connaître Le Siècle et les individus qui le fréquentent.

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 28 décembre 2010 2 28 /12 /Déc /2010 06:30

logo-Monde-Diplomatique.gif Il y a un an, Bernard-Henri Lévy se couvrait de ridicule en citant, à l’appui d’une démonstration « philosophique », un certain Botul – auteur inventé de toute pièce par un journaliste du Canard enchaîné. Cette fois, l’essayiste évoque un personnage bien réel – mais il se trompe encore !

Dans sa chronique du Point (1), « BHL » dénonce le site Internet Riposte laïque, et stigmatise « ce nouveau rapprochement rouge-brun qui voit les crânes rasés du Bloc identitaire fricoter, sur le dos des musulmans de France, avec tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen. »

Le chroniqueur multimédias gagnerait à mieux ranger ses fiches (de police). En effet, l’animateur de Riposte laïque se nomme Pierre Cassen. Pierre, pas Bernard. Ancien directeur général du Monde diplomatique, Bernard Cassen n’est lié ni de près ni de loin à Riposte laïque.

Il serait tentant d’imputer une telle hargne de Bernard-Henri Lévy à notre endroit à de la mauvaise foi, son ressentiment ayant déjà enfanté nombre de diffamations que, charitablement, nous avons jusqu’à présent laissé passer sans réplique judiciaire (2). Mais la constellation de bévues qui crible les « analyses » de notre penseur de Saint-Germain-des-Prés suggère plutôt que ce dernier incident ne constitue rien de plus qu’une expression supplémentaire de son irrépressible frivolité intellectuelle (3).

Bernard-Henri Lévy préside le conseil de surveillance d’Arte, il est membre du conseil de surveillance du Monde, il est actionnaire de Libération, il dispose d’une chronique hebdomadaire dans Le Point. Et la célébration du vingtième anniversaire de sa revue, La Règle du Jeu, que presque personne ne lit, a néanmoins donné lieu à une réception extravagante à laquelle ont accouru la plupart des responsables des grands médias. La dégradation du crédit de la presse est-elle tout à fait étrangère à la surface médiatique qu’occupe, quoi qu’il advienne, quoi qu’elle fasse, une personnalité au crédit à ce point frelaté ?

P.S. :

Informé du procès en diffamation qui le menace, Bernard-Henri Lévy vient de faire modifier le texte en ligne de sa chronique. La version originale figure néanmoins dans les centaines de milliers de numéros imprimés du Point, lesquels, en raison des fêtes de fin d’année, seront exceptionnellement mis en vente pendant deux semaines – à moins que la direction de cet hebdomadaire n’ait la sagesse de les faire pilonner…

Les termes du rectificatif mis en ligne sur le site du Point sont révélateurs de la goujaterie intellectuelle de « l’homme qui ne s’est jamais trompé ». Après avoir associé Bernard Cassen et Le Monde diplomatique à un « groupuscule néonazi qui s’était rendu célèbre, le 14 juillet 2002, en tentant d’assassiner Jacques Chirac et qui s’est allié, pour l’occasion, à un quarteron d’anciens trotskistes rassemblés sous la bannière du site Internet Riposte laïque », « BHL » juge inutile de présenter la moindre excuse à la personne et au journal qu’il a diffamés.

(1) « L’honneur des musulmans », Le Point, 23 décembre 2010, p. 130.
(2) Lire « Tous nazis ! », par Serge Halimi, Le Monde diplomatique, novembre 2007. Voir aussi « BHL calomnie le Diplo », Acrimed, 2 avril 2006.
(3) Lire notre dossier en ligne, « L’imposture Bernard-Henri Lévy ».

Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : les anti-capitalistes
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