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Médias

Mardi 2 mai 2006 2 02 /05 /2006 07:44
Les salariés de France Soir sont en grève depuis le 12 avril, date de l'annonce de la décision du tribunal de commerce de Lille qui avait à choisir entre le dossier d'Arcadi Gaydamak, milliardaire soupçonné de trafic d'armes dans l'affaire Elf et celui de Jean-Pierre Brunois et d'Olivier Rey.

Ce sont ces derniers qui ont été choisis par le tribunal de commerce de Lille. Contrairement à Arcadi Gaydamak, ils n'envisagent de garder que 65 salariés sur les 130 que comptait encore France Soir. Aussitôt la décision connue, les salariés de France Soir se sont mis en grève.
L'historique de la grève et les déclarations des principaux intéressés figurent sur le blog des salariés de France Soir en lutte : http://www.francesoirenlutte.com/.
Les salariés de France Soir redoutent que leur journal, privé de moyens humains, ne se transforme en tabloïd à l'anglo-saxonne. Les premières déclarations de Jean-Pierre Brunois et d'Olivier Rey sont, à cet égard, très inquiétantes.

Pour les communistes, l'information est un bien trop précieux pour qu'elle soit bradée à des industriels sans scrupule. Dès le 13 avril, Marie-George Buffet a d'ailleurs écrit aux salariés de France Soir pour leur faire part de son soutien dans leur lutte pour sauver leur journal.

Depuis longtemps, France Soir n'est plus un quotidien de "référence", selon la terminologie généralement utilisée lorsqu'on parle du Monde ou de Libération. France Soir ne peut pas être considéré comme un journal proche de nos idées, loin de là : chacun garde en mémoire des unes "anti-grève" violemment hostiles au mouvement social et aux salariés en lutte.

Pour autant, la disparition d'un titre phare de la presse écrite, qui vendait plus d'un million d'exemplaires par jour dans les années 60 (contre 35 000 actuellement...) ne peut nous réjouir.
France Soir est aujourd'hui devenu le journal symbole d'une presse écrite en crise.

Dans quelques jours, ce sont La Voix du Nord et Nord Eclair qui passeront au format tabloïd. Si La Voix du Nord va relativement bien, il n'en va pas de même pour Nord Eclair dont la survie est aujourd'hui posée. Après la disparition de Nord Matin et celle de Liberté et de la Croix du Nord comme quotidiens, ce serait à nouveau un terrible drame pour la diversité et le pluralisme de la presse dans notre région.

La fête de l'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais, Liberté 62, aura lieu comme chaque année à Harnes les 20 et 21 mai prochain. Notre fête devra aussi être l'occasion de réfléchir sur la place de la presse écrite et les moyens d'enrayer un déclin qui n'est pas inéluctable.
Les communistes demandent depuis longtemps que l'Etat revoie le dispositif d'aide aux quotidiens nationaux et régionaux et notamment les aides versées aux journaux à faibles ressources publicitaires.
Mais le meilleur moyen de garantir l'existence et le développement d'un journal, c'est encore de l'acheter ou de s'y abonner.

Pour un quotidien militant comme Liberté 62, l'abonnement est le seul moyen de nous permettre de continuer à vous offrir chaque vendredi une information de qualité !
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Samedi 13 mai 2006 6 13 /05 /2006 15:30
Après 45 ans de mandat à la tête d'Auchan, Gérard Mulliez cède la place à son neveu Vianney. Les pages économie du Figaro et de La Croix mardi, celles de La Voix du Nord jeudi et vendredi nous disent tout sur la carrière de Gérard Mulliez et sur la formation de Vianney Mulliez.

Mais pour connaître l'envers du décor d'un hypermarché, il fallait lire le Plan B (http://www.leplanb.org), le bimestriel de critique des médias et d'enquêtes sociales né de la fusion de Fakir et de PLPL, dont le numéro 2 sort aujourd'hui.

Les journalistes du Plan B sont allés à la rencontre des caissières de plusieurs hypermarchés Carrefour, à Amiens, dans la région lyonnaise... Le constat est partout le même : salaires de misère, temps partiel imposé, temps de travail individualisé et segmenté (un moyen de briser les solidarités collectives), répression à l'encontre des syndicalistes, discours managerial inepte...

La logique du capitalisme néolibéral qui s'applique dans les hypermarchés détruit nos vies, elle détruit l'environnement, elle réduit nos droits en lambeaux.
Pour abattre cette logique et construire une société plus humaine, une seule solution : s'organiser et lutter, dans les syndicats comme dans les partis politiques.

Rejoignez le Parti Communiste !
http://www.pcf.fr/adherer.php
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Samedi 27 mai 2006 6 27 /05 /2006 10:58
C'est le grand marché des transferts à la télévision depuis quelques jours.
Pour les militants du mouvement social, la question du paysage télévisuel n'est pas anecdotique dans la mesure où le journal télévisé, comme les émissions de divertissement sont regardés par de nombreux téléspectateurs et participent à la formation de la culture politique de chaque citoyen.

On ne s'arrêtera pas outre mesure sur le remplacement de Thomas Hugues par Harry Roselmack (venu de Canal + et d'I-télé) et de Laurence Ferrari par Anne-Sophie Lapix (venue de M6).
Encore que le téléspectateur est en droit de se poser des questions sur les raisons du débarquement du couple Hugues/Ferrari. Les deux présentateurs de 7 à 8 ont-ils payé pour avoir diffusé un reportage sur les violences policières en novembre dernier et pour avoir interviewé Nicolas Sarkozy de manière trop pugnace ?
Quoi qu'il en soit, c'est bel et bien le ministre de l'Intérieur qui a annoncé le premier à des journalistes l'arrivée sur TF1 d'un présentateur issu d'une "minorité visible", une annonce qui en dit long sur les rapports de connivence qui existent entre Nicolas Sarkozy et la chaîne du groupe Bouygues.

On ne pleurera pas la disparition sur Canal + du Vrai Journal de Karl Zéro, remplacé par une émission politique animée par Laurence Ferrari.
La réputation d'impertinence de Karl Zéro est largement infondée, comme le montre le film de Pierre Carles, Pas Vu Pas Pris, où l'on voit Karl Zéro refuser de diffuser un reportage dénonçant les connivences entre journalistes et hommes politiques.
Déjà sur le sellette l'année dernière, Karl Zéro n'avait dû son maintien à l'antenne qu'aux interventions de Nicolas Sarkozy, Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn en sa faveur.
Encore une fois, ces interventions en disent long sur les rapports de connivence qu'entretiennent hommes politiques et patrons de chaînes...

Les rumeurs d'annulation d'Arrêt Sur Images ou des Guignols de l'Info sont déjà plus inquiétantes, dans la mesure où ces deux émissions, chacune à leur manière et avec les limites qui sont les leurs manifestent un recul critique tout à fait louable.

Il reste que l'année prochaine, le paysage télévisuel risque fort d'être marqué, comme il l'est depuis plusieurs années, par la confusion des genres entre information et divertissement. Sur le service public, ce n'est pas l'éventuel remplacement de Thierry Ardisson par Stéphane Bern qui nous rassurera dans la mesure où tous deux incarnent la même confusion, la même "info-spectacle" qui décrédibilise le discours politique.

On peut saluer la prise de conscience tardive, mais salutaire du socialiste Arnaud Montebourg, qui a écumé tous les plateaux de télévision avant de se rendre compte que l'info-spectacle ridiculisait la politique et de jurer qu'on ne l'y reprendrait plus.

Les militants du mouvement social qui veulent produire et diffuser des idées réellement alternatives doivent commencer par cesser de se rendre dans ces émissions qui engraissent des animateurs-producteurs richissimes et des chroniqueurs dévoyés.

Comment un message de rupture avec l'ordre capitaliste qui nous désarme pourrait-il passer par ces vecteurs de renoncement que sont les émissions d'info-spectacle ?
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Mercredi 14 juin 2006 3 14 /06 /2006 09:18
C'est un peu une page qui se tourne. Avec le départ programmé de son fondateur historique, Serge July, une phase d'incertitude s'ouvre pour Libération, le grand quotidien de la gauche réformiste.

Fondé en 1973 par Jean-Paul Sartre et Serge July, un jeune militant maoïste de la Gauche Prolétarienne, Libération fut un grand journal révolutionnaire qui se proposait de donner la parole au peuple.

Acculé à la faillite, le journal reparut en 1981 après quelques mois d'interruption. Cette nouvelle formule, toujours dirigée par Serge July se voulait proche de la deuxième gauche rocardienne et sociale-démocrate.

Laurent Joffrin qui fut journaliste économique à Libération avant de devenir directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, l'a reconnu sans ambages en 1993 : "Libération s'est transformé en un an en un journal de la rigueur. On a été les instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche".

Depuis le début des années 80, la ligne libérale-libertaire de Libération n'a pas varié d'un iota : l'arbre des audaces sociétales de Libération a simplement caché la forêt de son impeccable conformisme économique.

De 1997 à 2002, Libération qui conspuait le Parti Communiste et les chevènementistes avait les yeux de Chimène pour les Verts érigés en apôtres de la modernité. Dans la même veine, Libération n'a jamais manqué une occasion d'opposer la CGT, forcément ringarde et la CFDT, forcément moderne.

Le comble aura été atteint en 2005 pendant la campagne référendaire avec des éditoriaux délirants de Serge July dénonçant pêle-mêle "les mensonges éhontés, l'épidémie de populisme, la xénophobie et le cynisme en acier trempé" de la gauche du non.

La conversion libérale de Libération s'est accompagnée de l'entrée dans le capital du quotidien d'investisseurs privés. Le dernier en date, Edouard de Rothschild, détient depuis 2005 38 % du capital de Libération. C'est lui qui vient d'exiger le départ de Serge July et de ses proches collaborateurs. 

C'est assurément la fin d'une époque et l'annonce d'une normalisation accélérée d'un titre de presse qui n'était plus que l'ombre de ce qu'il a été par le passé.
Une raison de plus pour les militants de la gauche radicale de poser la question de la presse et de son indépendance vis-à-vis des groupes capitalistes (Bouygues, Dassault, Lagardère...) qui dominent le secteur aujourd'hui.
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Samedi 1 juillet 2006 6 01 /07 /2006 09:37
Le numéro 3 du Pl an B (http://www.leplanb.org/page.php?rubrique=accueil), le délicieux bimestriel de critique des médias et d'enquêtes sociales issu de la fusion de deux titres de la presse alternative, PLPL et Fakir, sort aujourd'hui.

C'est toujours un plaisir de retrouver le Plan B, ses analyses percutantes, son ironie mordante, sa dénonciation sans concession du "Parti de la Presse et de l'Argent" et ses enquêtes de terrain qui dévoilent l'envers du décor.

Pour un prix inchangé de 2 €, le Plan B de juillet-septembre est enrichi d'un supplément de l'association de critique radicale des médias ACRIMED !

Pour tous les militants du mouvement social, le Plan B est plus qu'un simple journal, c'est un outil politique à lire et à diffuser pour mieux comprendre l'univers médiatique et mieux combattre ses logiques les plus critiquables de personnalisation et de pipolisation de la vie politique.

On aimerait parfois qu'un certain nombre de militants de la gauche radicale qui passent un peu trop de temps sur les plateaux de télévision se plongent assidument dans la lecture du Plan B...

Au sommaire du numéro 3 (01/07/2006)

Devoirs de vacances (p. 3)
A en croire la presse, les vacances, désormais « démocratisées », ouvriraient à chacun l'accès à des loisirs de reve. En vérité, les inégalités se creusent en matière de doigts de pied en éventail.

Gloire éternelle à Edouard Michelin (p 4)
Quand le patron d'une entreprise de pneus se noie, la presse pleure à l'unisson. Pourtant, tous les salariés ne regretteront pas le patron adoré. En particulier les syndicalistes.

Le cimetière des éléphants (p. 5)
C'est le gag du siècle. Edouard de Rotschild, président de France Galop, expédie à l'équarissage son canasson Serge July, fondateur de Libération. Nouvelle preuve éclatante de l'indépendance de la presse française.

Le Plan B littéraire (p. 6)
Deux pépites pour notre rubrique « Livres » : la narration du septième entartage de BHL par son auteur, le terroriste pâtissier Noël Godin ; la première critique totalement objective de l'histoire de la critique littéraire, qui dissèque Le Défi du monde, signé Claude Allègre et Denis Jeambar.

Le sacre de François Pinault (p. 8-9)
En avril 2006, les médias nous invitaient à applaudir le sacre de Pinault. Le patron du groupe Pinault-Printemps-Redoute, installant sa fondation d'Art à Venise, démontrait par là même les archaïsmes d'une France bloquée, frileuse, et la nécessité des « réformes ». Les ouvrières de La Redoute relatent l'envers du décor.

La hutte des classes (p. 10-11)
« Chasseurs = gros cons », glapit Charlie Hebdo. Le Plan B a enfilé ses bottes et s'est rendu en baie de Somme pour vérifier.

Philippe Val s'écrase sur la Cordillère des Andes (p. 12-13)
L'omniscient directeur de Charlie Hebdo honore l'Amérique du sud de ses pénétrantes pensées, déjouant depuis Paris les complots ourdis par Evo Morales et Hugo Chavèz. Et la vérité, Philippe, dans tout ça ?

Les petits chaperons rouges de la LCR (p. 14)
La question des médias est une question politique. Mais que font les politiques ?
Le troisième volet de notre grande saga étudie l'idylle bouleversante nouée entre un parti révolutionnaire et la presse bourgeoise.

1946 : l'expropriation est une Libération (p. 15)
Les Résistants avaient eu le temps de réfléchir, dans le maquis. A la Libération, une chose était sûre : il fallait soustraire la presse à la domination de l'argent.

Le procès d'Arnaud Lagardère (p. 16)
« Acquitté ! » Découvrez l'habile système de défense d'un des plus gros patrons français, accusé de trafic d'influence. Pourtant, les pièces de l'accusation ne manquaient pas…

Et plein d'autres pépites à découvrir…
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Mercredi 5 juillet 2006 3 05 /07 /2006 18:39
Une fois n'est pas coutume, la lecture de l'édition d'hier du journal Le Monde aura réussi à nous faire pleurer de rire !
Il faut dire que le "point de vue" signé par les sénateurs Jean-Marie Bockel (PS), Alain Lambert (UMP) et le député (apparenté UDF) Christian Blanc contient tous les poncifs qui dominent la vie politique française depuis de nombreuses années...

A lire ce texte appelant les libéraux et les modérés de droite et de gauche à élaborer ensemble un manifeste pour la "modernisation" (libérale) de la France, on croirait presque entendre Alain Minc ou un autre de ces intellectuels médiatiques qui se sont fait une spécialité d'exiger des travailleurs des "sacrifices" (dont les patrons sont toujours exonérés) pour s'adapter à la mondialisation néolibérale.

Alain Minc et ses amis de la Fondation Saint-Simon, en leur temps, avaient l'ambition de fédérer les énergies de droite comme de gauche modérée pour faire triompher la pensée libérale.
Contre l'extrême droite et surtout contre la gauche de gauche, le "cercle de la raison" cher à Alain Minc devait rassembler les libéraux des deux bords autour d'un programme de "modernisation", c'est-à-dire, concrètement, de destruction des services publics et de réduction des droits des salariés.

Le texte grotesque de Jean-Marie Bockel, d'Alain Lambert et de Christian Blanc est de la même veine. Sans surprise, les trois auteurs déplorent que les caisses soient vides sans s'interroger sur les faramineuses réductions de cotisations dont bénéficient les entreprises du Cac 40, sans s'interroger sur les baisses d'impôts qui ont ciblé les catégories socio-professionnelles les plus favorisées.
Dénonçant la "démagogie et la lâcheté" qui consisterait à préserver les services publics, Jean-Marie Bockel, Alain Lambert et Christian Blanc se tressent eux-mêmes une couronne de lauriers, en hommage à "l'intelligence et au courage" de ceux qui veulent gérer les services publics comme des entreprises, privatiser et supprimer des postes de fonctionnaires.

Bockel, Lambert et Blanc espèrent recevoir le soutien des associations et des syndicats autour de leur programme de modernisation libérale. Nul doute que le MEDEF applaudira des deux mains leur projet. Il se trouvera peut-être même des syndicats assez sots pour s'asseoir à une table et négocier sur le rythme des réformes libérales (que les trois auteurs souhaitent brutales, car selon eux, la méthode des petits pas est vouée à l'échec).

Les électeurs de gauche ne s'y tromperont pas. Derrière le discours convenu sur les "réformes" et la "modernisation" qui exigeraient un rassemblement des hommes de bonne volonté de droite et de gauche, c'est bien le visage de la droite la plus réactionnaire et libérale qui se cache.
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Dimanche 13 août 2006 7 13 /08 /2006 10:19
Personne ne regrettera Denis Jeambar, qui quitte cette semaine la direction de L'Express.
Depuis longtemps, cet hebdomadaire qui, à l'époque où il est né soutenait Pierre Mendès-France et dénonçait la guerre d'Algérie, s'était transformé en un énième ersatz du Point ou du Figaro-Magazine bourré de publicités.

Chaque semaine, les éditoriaux de Denis Jeambar étaient un concentré de ce qui se fait de pire en terme de "pensée de marché" : Denis Jeambar était favorable à toutes les contre-réformes libérales. Comme son collègue Claude Imbert, du Point, Denis Jeambar  haïssait les syndicats combatifs, détestait la gauche radicale et les altermondialistes et avait les yeux de Chimène pour la gauche sociale-libérale : il ne manquait jamais une occasion d'inviter les socialistes français à suivre les exemples de Michel Rocard, de Jacques Delors et de Tony Blair.

Depuis le 11 septembre 2001, Denis Jeambar s'était converti au bellicisme bushiste. Férocement atlantiste et pro-israélien, il consacrait la plupart de ses éditoriaux à fustiger les pacifistes et à dénoncer la supposée faiblesse de la diplomatie chiraquienne pour l'islamisme.

Autant dire que les militants du mouvement social ne regretteront pas l'ex-directeur de la rédaction de L'Express.

C'est Christophe Barbier qui assurait jusqu'à présent la direction du service politique de l'hebdomadaire qui le remplacera au poste de directeur de la rédaction.
Christophe Barbier est un journaliste bien connu des télespectateurs de France 5 et d'i-télé.
Il participe presque quotidiennement à C dans l'air, l'émission d'Yves Calvi, où il se passionne pour la politique politicienne et les relations entre Chirac, Villepin et Sarkozy. Christophe Barbier est en outre régulièrement invité par Serge Moati sur le plateau de Ripostes, le dimance soir.

Jusqu'en juillet dernier, il "affrontait" chaque semaine Eric Zemmour (du Figaro) dans l'émission ça se dispute, animée par Victor Robert, sur i-télé. De grands moments de télévision, à réserver aux aficionados du genre !

Il y a fort à parier que la ligne éditoriale de L'Express ne changera donc pas...
Les militants du mouvement social préfèreront acheter L'Humanité Dimanche, qui s'engage cette semaine avec le Secours Populaire Français pour aider les populations civiles au Liban et consacre ses autres articles à la situation des 14 000 sans-papiers menacés d'expulsion ou à la stagnation du pouvoir d'achat (http://www.humanite.presse.fr/infos/info826761).
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Jeudi 7 septembre 2006 4 07 /09 /2006 12:12
En juin dernier, les communistes héninois avaient relayé sur leur blog la pétition de soutien à l'émission Là-bas si j'y suis, l'émission modeste et géniale de Daniel Mermet menacée de relégation par la nouvelle direction de France Inter.

Nous reproduisons aujourd'hui le communiqué de l'équipe de Là-bas si j'y suis, qui a effectué sa rentrée lundi avec une rediffusion de l'interview de Maurice Kriegel-Valrimont par François Ruffin.

Vous pouvez également retrouver sur le site de Fakir (http://www.fakirpresse.info/frontoffice/main.php?rub=article.php&id=258) un très bel article de François Ruffin consacré à ce grand résistant disparu cet été à qui notre blog avait rendu hommage.

Bonne lecture !

La planche était bien savonnée, les peaux de bananes bien disposées, tout nous poussait vers l’île de Ré … mais, désolés amis fossoyeurs, « Là-bas » continue !

Parce que vous êtes 215 972 à avoir répondu à l’appel du 18 juin « Sauvons Là-Bas... ! ».

Parce que cette pétition en ligne a reçu 10 000 signatures par jour pendant 20 jours, entre le 16 juin et le 09 juillet 2006, sans compter des milliers de soutiens par courrier.

Parce que le 29 juin, au gymnase Japy à Paris, vous avez fait salle comble, pour acclamer à la fois, Alain Rey, Serge Halimi, Louis Bozon, Florence Aubenas et… « Là-bas», sur la question « Où va France inter ? »

Parce que cette question reste posée.

Parce que l’équipe de Là-bas est plus remontée que jamais et parce qu’il y a déjà pas mal de monde à l’ANPE.

            Parce que c’est une année à ne pas aller à la pêche à la ligne.

            Parce que Là-bas, comme une certaine sociologie est un sport de combat.

Parce qu’il se passe des choses encore plus importantes dans le monde et que nous avons encore envie de les raconter.

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Refusant tout dialogue et toute proposition, la nouvelle direction de F.I a imposé le déplacement de LBSJS de 17 heures à 15 heures, ce qui revient à amputer cette émission de plus de la moitié de ses auditeurs, la tranche de15 heures étant traditionnellement beaucoup moins écoutée quelle que soit la radio considérée.

Bien sûr nous ne sommes pas opposés à tout changement. Nous avons fait diverses propositions de déplacements, d’aménagements et de compromis, tout a été rejeté. Alors que l’audience de France Inter est en déclin, il nous semblait important qu’à travers cette forte mobilisation, le message des auditeurs reçoive un écho, il n’en a rien été.

Là-Bas n’est pas une émission neutre et cette relégation n’est pas neutre surtout au seuil d’une importante échéance électorale . La nouvelle direction de France Inter est offusquée par une telle calomnie . Innocente comme l’agneau qui naît, elle n’a pas l’ombre du début de la moindre arrière pensée de nature politique ou idéologique. Des élections ? Quelles élections ? Des pressions ? Quelles pressions ? La seule et unique mission de nos nouveaux maîtres est de redresser les chiffres d’audience, jurent-ils. Soit. Mais alors pourquoi est-il si urgent de reléguer une équipe qui gagne ?

Jusque là, les explications médiamétriques de la direction n’ont pas entièrement convaincu les professionnels de la radio, ni les observateurs des médias qui, du Nouvel Observateur au Canard enchaîné, du Monde Diplomatique à Marianne dénoncent normalisation, climat de reprise en main et atteinte au pluralisme. (voir extraits de presse sur le site www.la-bas.org) .

Pas dupes non plus les 215 972 auditeurs qui ont signé la pétition. Jamais nous n’avions imaginé une telle mobilisation surtout dans cette période de coupe du monde. Par comparaison, la pétition lancée le 25 juin suite au départ de Serge July, directeur de Libération avait au 1 septembre, recueilli 1 762 signatures.

Mais, face à cette réaction de fond, la direction, droite dans ses bottes, a pris la responsabilité de ne pas entendre ces auditeurs intempestifs. Ce mépris ne manque pas de surprendre au moment où cette même direction affirme n’avoir aucune autre mission sur cette terre que la reconquête des auditeurs perdus.

Pourtant il s’agit tout simplement d’auditeurs vigilants et actifs qui sont la fierté de ceux qui chaque jour font France Inter, des citoyens et non pas des clients.

A travers les messages reçus s’exprime la crise de confiance qui s’est développée entre France Inter et ses auditeurs, suite notamment au flagrant manque d’équité dans le traitement de la campagne pour le referendum de mai 2005. Depuis un an, 600 000 auditeurs ont quitté la tranche 7-9.

Plus généralement, dans un paysage médiatique de plus en plus contrôlé par les puissances d’argent, ils attendent que la radio publique affirme son indépendance envers tout pouvoir, économique , politique ou médiatique, en faisant entendre sa différence et non pas sa ressemblance.

Prendre le chiffre d’audience pour seul but c’est aligner France inter sur le système commercial des radios privées et c’est préparer sa privatisation. La dérive n’est pas nouvelle, voilà des années que France Inter est une « marque » et nos émissions des « produits ».

Aucun autre horizon n’est évoqué, aucun projet, aucun souffle à la hauteur d’un tel Bien public, tout restant confiné dans les eaux glacées des calculs médiatiques comme si l’audiovisuel public n’était pas par nature, un terrain et un enjeu politique majeur.

L’ exigence de ces auditeurs n’est ni de gauche ni de droite, elle appelle à une vraie information et à un vrai débat sur le contrôle des médias publics, sur les garanties de leur indépendance, notamment dans la campagne électorale qui s’ouvre. Nous en ferons un de nos thèmes de travail cette année. Il y a du pain sur la planche et nous comptons sur vous !

Ce grand souffle de soutien nous a redonné des ailes.

Nous concoctons projets et complots. Que partout les AMG * restent en alerte !

Attendez-vous à des messages en provenance de Londres ou du maquis…

L’équipe de Là-bas , 3 septembre 2006 .


* Auditeurs Modestes et Géniaux

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Là-bas continue à 17 heures sur www.franceinter.com.

Et aussi sur www.la-bas.org

Et aussi sur France Inter à 15 heures, eh oui…
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Mercredi 13 septembre 2006 3 13 /09 /2006 11:15
Depuis quelque temps, n'en déplaise à Claire Chazal ou à Alain Duhamel, la critique des médias rencontre un vif succès et il faut se frotter les yeux pour s'assurer qu'on ne rêve pas lorsqu'on voit François Bayrou fustiger les connivences entre de grands groupes capitalistes comme Bouygues, Lagardère et Dassault et Nicolas Sarkozy, ou lorsqu'on lit, comme ce matin, que le FN s'apprête à créer un observatoire des médias locaux.

Le FN a évidemment raison de dire qu'il a toujours critiqué les médias, mais leur critique des médias était très différente de la nôtre : jusqu'à présent, le FN se retrouvait avec les ultra-libéraux pour dénoncer une prétendue pensée unique "gauchiste" et "droit de l'hommiste".
Les ultra-libéraux de Liberté Chérie ou d'autres associations néoconservatrices allaient encore plus loin : favorables à la guerre contre l'Irak, ils dénonçaient à longueur de tracts les prises de position jugées anti-américaines et pro-Saddam des médias...
Pour les amateurs, on pourra se référer au livre d'Eric Brunet, conseillé il y a quelques jours sur le blog de Steeve Briois, Etre de droite, un tabou français, (inutile de l'acheter, ça n'en vaut pas la peine) qui contient tous les poncifs du genre contre les médias, les syndicats, ou encore l'Education Nationale.

Dans le même temps, une critique antilibérale des médias s'est construite et développée. Le conflit social de novembre-décembre 1995 en aura été l'événement fondateur.
A l'époque, des émissions comme La Marche du Siècle (présentée par Jean-Marie Cavada) invitaient en duplex des grévistes auxquels le présentateur coupait systématiquement la parole et en plateau des intellectuels pro-réforme qui pouvaient s'exprimer autant de temps qu'ils le désiraient.
Pierre Bourdieu et un certain nombre d'intellectuels avaient alors protesté.

Sur ces questions, on lira avec intérêt, aux Editions Raisons d'Agir, le petit livre de Pierre Bourdieu, Sur la télévision, et celui de Serge Halimi, journaliste au Monde Diplomatique, intitulé Les nouveaux chiens de garde (réédité en 2006).
Leur réflexion a débouché sur la naissance de l'association Acrimed (http://www.acrimed.org/) - à laquelle je collabore - et plus tard du journal PLPL, devenu Le Plan B (http://www.leplanb.org/page.php?rubrique=accueil) après sa fusion avec le journal alternatif amiénois Fakir.
Il faut savoir qu'aujourd'hui, les ventes de Charlie Hebdo sont en chute libre. Lassés des prises de position sociales-libérales de Philippe Val, des milliers de jeunes militants de la gauche radicale se sont abonnés au Plan B. Poussés par de nombreux militants sensibilisés à ces questions, le PCF, la LCR et Attac ont dû réfléchir à leur rapport aux médias.

Un groupe de travail du PCF auquel des gens comme Henri Maler, d'Acrimed, ont participé, a récemment produit une brochure intitulée : "Pour une appropriation populaire des médias". Pour ceux qui le souhaitent, cette brochure sera disponible au local de Montigny.

La critique des médias et le développement d'internet ont parallèlement donné naissance à des sites d'information alternatifs comme Indymedia (plutôt anarchiste) ou Bellaciao (plutôt altermondialiste).
Pour ne pas être en reste et surfer sur la vague, des militants identitaires (l'extrême droite de l'extrême droite) ont récemment créé Novopress (http://www.acrimed.org/article2106.html) sur le modèle d'Indymedia.

Le FN héninois a-t-il raison de voir dans la critique des médias un succès pour les thèses qu'il a toujours défendues ?
Evidemment non ! Après la réforme des retraites de 2003, c'est la campagne référendaire de l'année dernière lors de laquelle la plupart des éditorialistes ont soutenu le Oui qui a véritablement mis sur le devant de la scène la critique des médias. Une critique qui n'est heureusement pas celle de Liberté Chérie ou de Novopress, mais qui reprend pour l'essentiel les idées développées depuis des années par la gauche radicale et altermondialiste.

Les propos de François Bayrou sur TF1 comme ceux aujourd'hui du FN confirment en réalité le bien-fondé de nos thèses. On peut simplement regretter que ce ne soit pas Marie-George Buffet qui les ait prononcés.
Lorsque François Bayrou fustige Bouygues, Lagardère et Dassault sur le plateau de TF1 et qu'Olivier Besancenot participe aux Grosses Têtes sur RTL sans rien dire sur les grands groupes de presse capitalistes, on a parfois l'impression que c'est le monde à l'envers et on ne peut qu'espérer que la prochaine campagne présidentielle et législative sera l'occasion pour les militants communistes de poser la question des médias, comme nous le faisons sur notre blog depuis sa création.
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Lundi 25 septembre 2006 1 25 /09 /2006 06:18
La diffusion de l'Humanité est en hausse et c'est une bonne nouvelle.
D'après les chiffres de l'OJD, entre juillet 2005 et juin 2006, la diffusion moyenne du quotidien communiste s'élève à plus de
52 000 exemplaires, en progression de 6,5 %.
L'Humanité est un des seuls quotidiens nationaux à voir sa diffusion progresser : c'est la preuve que la presse communiste intéresse les lecteurs, qui ont besoin des analyses sans concession de l'Huma pour comprendre le monde.

L'étude de l'OJD montre également - c'est plus inquiétant - que l'audience de la presse gratuite est en hausse, au détriment de celle de la presse payante. Rien de surprenant quand on voit le nombre d'exemplaires de Métro, 20 Minutes, Lille Plus et Direct Soir distribués chaque jour à la sortie de la gare de Lille Flandres.
Des journaux gratuits dont les pages politiques sont généralement sans intérêt et ne font que recycler des dépêches AFP...

Mais ce n'est pas dans la presse gratuite ni sur TF1 que l'on apprendra par exemple comment la commission de Bruxelles impose la privatisation et le démantèlement de GDF, comme l'Huma le révélait à ses lecteurs il y a deux semaines.

Pour rester informés, pour disposer chaque jour d'une analyse lucide de l'actualité lisez, achetez ou abonnez-vous à l'Humanité et à l'Humanité Dimanche !
http://www.humanite.presse.fr/
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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