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Images aléatoires

Samedi 24 janvier 2009
Il fut un temps où Luc Ferry, "consterné" par les jeunes, faisait les louanges du libéralisme à l'université... Aujourd'hui, sa thèse a quelque peu changé. La preuve grâce à ce second montage d'archives de nos amis du Plan B, le journal sardonique de critique des médias et d'enquêtes sociales.

Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Vendredi 23 janvier 2009
Il fut un temps où Jacques Julliard faisait les louanges du libéralisme... la preuve grâce à ce montage d'archives de nos amis du Plan B, le journal sardonique de critique des médias et d'enquêtes sociales.

Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Mardi 20 janvier 2009
Le 17 décembre 2008, l’Assemblée nationale a adopté l’ensemble du projet de loi relatif à la communication audiovisuelle et au nouveau service public de la télévision. A compter du 1er janvier 2009, la nouvelle loi transforme le groupe France Télévisions en une société unique à laquelle sont rattachés les actuelles sociétés France 2, France 3, France 4, France 5 et le Réseau France Outre-mer (RFO). Son nouveau Président sera nommé en Conseil des ministres. Le 5 janvier 2009 verra la suppression partielle de la publicité entre 20 heures et 6 heures du matin. Puis, progressivement, la suppression de la publicité sera totale.

Le manque à gagner des recettes publicitaires, estimé entre 450 et 900 millions d’euros, ne sera que partiellement compensé. Pour subsister, la télévision publique devra faire des économies d’échelle, afin d’économiser 140 millions d’euros par an. Selon l’intersyndicale SNJ-CGT et SNRT-CGT, « en basculant 800 millions d’euros de ressources publicitaires annuelles dans le secteur privé, sans pour autant compenser la perte, le gouvernement va déclencher une restructuration de grande ampleur ». [1] A la clé, des licenciements et une baisse de la qualité des programmes, quoi qu’en dise le gouvernement.

Il s’agit bien d’un sabotage prémédité de l’audiovisuel public, d’ailleurs préconisé par une directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA). En annonçant cette réforme, le 8 janvier 2008, Sarkozy exauçait les vœux pressants de TF1 et de son propriétaire, le « frère » du président, Martin Bouygues. Dans un livre blanc confidentiel – mais finalement publié par Télérama –, Bouygues réclamait un financement public pour les chaînes publiques – et, pour le privé, une seconde coupure publicitaire dans les films et fictions. Il s’agit donc, au final, d’un transfert des recettes publicitaires de la télévision publique vers la télévision privée.

C’est une bouffée d’oxygène inespérée, pour les dirigeants de TF1, dont l’audience et les recettes publicitaires s’effritent depuis que cette chaîne est en concurrence avec la TNT. D’ailleurs, la bourse de Paris ne s’y est pas trompée : le jour de l’annonce de cette réforme, le cours de l’action TF1 s’envolait de 18 %.

Encore plus de propagande capitaliste

Dans « l’exposé des motifs » de la loi, on trouve le passage suivant : « La culture doit irriguer les grilles de programmes des chaînes de France Télévision, tous les jours et à tous les moments de la journée, dans tous les genres de programmes…. » Ce « mieux-disant » culturel, c’est déjà ce que nous promettait Bouygues, au moment de la privatisation de TF1. On a vu ce que cela a donné ! [2]

Voici un autre passage du même « exposé des motifs » : « Alors que jusqu’à présent, la diffusion d’émissions consacrées à la vie professionnelle et économique concernait essentiellement France 5, compte tenu du contexte actuel nécessitant une meilleure connaissance du marché de l’emploi et de la vie des entreprises, ce sont désormais l’ensemble des chaînes de France Télévisions qui diffuseront ce type d’émissions ». Serge Regourd, Professeur de Droit à l’Université Toulouse I, réagit : « On a connu la voix de la France sous le Général De Gaulle, voici venu le temps de la voix de l’entreprise… ».

Le texte de loi poursuit : « C’est ainsi que France Télévisions aiguisera la citoyenneté, la citoyenneté française mais aussi la citoyenneté européenne. Donner à voir l’Europe au quotidien, convier l’actualité de nos voisins dans notre actualité, et ainsi renforcer le sentiment d’appartenance à l’Europe, l’envie de vivre cette aventure ensemble… » Cette volonté « d’aiguiser » notre « citoyenneté européenne » est une référence à peine voilée au rejet de l’Europe capitaliste par une masse croissante de jeunes et de travailleurs. En 2005, lors du référendum sur la Constitution Européenne, tous les médias publics et privés s’étaient lancés dans une propagande acharnée en faveur du « oui ». Le « non » l’a tout de même emporté. En bonne logique, la droite en conclut que les médias doivent produire encore plus de propagande en faveur du capitalisme européen !

La signification de ce florilège de bonnes intentions est claire. Il y a une volonté d’accroître le contrôle de la classe dirigeante sur l’audiovisuel public. Il s’agira, pour les chaînes de France Télévisions de diffuser 24 heures sur 24 la bonne parole du gouvernement et du MEDEF. Des journalistes complaisants et des « experts » feront l’éloge de la « libre entreprise » et du capitalisme.

Face au bourrage de crâne d’un service public mis au pas, il restera au téléspectateur le triste choix de regarder les chaînes privées comme TF1, M6 et autres, qui diffusent en boucle leurs émissions de Trash TV, flattent l’instinct sécuritaire des plus crédules et se font les auxiliaires zélés du Ministère de l’intérieur dans des émissions indignes comme « Le droit de savoir », de l’ineffable Charles Villeneuve. Ce dernier, sur TF1, nous montre comment la police traque ses proies dans les banlieues populaires, mais ne nous parle jamais des banquiers véreux ou autres escrocs en col blanc !

La Riposte s’oppose donc à cette loi réactionnaire et exige son abrogation immédiate. Nous nous associons à la CGT, qui appelle l’ensemble des salariés de France Télévisions à la grève, du 5 au 7 janvier 2009, avec comme revendications :
1) L’élaboration d’un modèle économique crédible pour France Télévisions.
2) La garantie d’une indépendance totale des chaînes publiques et de leurs rédactions vis-à-vis du pouvoir politique.
3) L’harmonisation sociale sur la base des meilleurs accords existants.

Démocratisation !

Cependant, même si cette loi scélérate était abandonnée, tous les problèmes seraient loin d’être résolus. En effet, la télévision publique actuelle – comme la radio – est déjà très largement soumise à l’ordre capitaliste. De ce point de vue, son indépendance est purement formelle. Certes, des journalistes s’y permettent parfois tel ou tel « écart », sur des questions secondaires. Mais sur toutes les questions qui touchent aux intérêts fondamentaux des capitalistes, comme lors de grandes grèves, les télés et radios publiques diffusent les mêmes idées réactionnaires que leurs concurrentes du secteur privé.

L’accès aux médias devrait être radicalement démocratisé. Il est consternant que parmi les centaines de chaînes télé, pas une seule ne soit réservée aux syndicats, aux partis politiques et aux associations. Au final, seule la classe dirigeante contrôle les médias de masse. A l’inverse, dans une société socialiste, il n’y aurait aucune raison pour que tous les syndicats et tous les partis de gauche n’aient pas une chaîne de télévision et une radio.

Ce programme suppose la nationalisation de l’ensemble des grands médias, à commencer par TF1, bradée en 1986 au groupe Bouygues. Les médias ne doivent pas appartenir à ceux qui ont accumulé des fortunes sur le dos des salariés, mais à ceux qui représentent quelque chose de viable, dans la société. Quant à Bouygues et ses amis, ils pourront toujours, s’ils le veulent, vendre un journal pro-capitaliste à la sortie des métros !

Geoffroy Galouzeau,
PCF Paris 20e

[1]-[2] Source : Action-Critique-Médias (ACRIMED - www.acrimed.org)
Par David NOËL - Publié dans : Médias
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Samedi 3 janvier 2009
Nos amis du Plan B, le journal délicieux de critique des médias et d'enquête sociale nous proposent cette semaine une nouvelle vidéo intitulée "LCI adore le débat". On peut y voir  un florilège de débats "sans concession" entre Jacques Julliard, éditorialiste au Nouvel Observateur, journal "de gauche" et Luc Ferry, ancien ministre du gouvernement Raffarin.  
Cette vidéo sardonique est en ligne sur le site internet du Plan B que nous vous encourageons à aller consulter.
 
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 5 décembre 2008
"Jésus annonçait le Royaume et c'est l'Eglise qui est venue". La formule du théologien Alfred Loisy (1857-1940) sert de fil rouge à la nouvelle série documentaire de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, dont Arte diffusera les douze épisodes le mercredi et le samedi du 3 au 20 décembre.

Après Corpus Christi (1997) et L'origine du christianisme (2004), L'Apocalypse vient cloturer le fascinant travail entrepris par Mordillat et Prieur à la recherche du Jésus historique et de l'origine du christianisme.

Le premier volet de la série, centré sur la Passion du Christ rapportée par l'Evangile de Jean nous entraînait à la rencontre du Jésus historique, un rabbin galiléen, sans doute plus proche des Pharisiens que ne le laissent à penser les polémiques anti-pharisiennes des Evangiles, qui nous renseignent plus sur les circonstances de la rédaction des Evangiles que sur la vraie personnalité du Jésus historique.
Réformateur pleinement inscrit dans le judaïsme de son temps, Jésus partage avec les Baptistes et les Esséniens les conceptions eschatologiques de nombreux Juifs nationalistes qui se révolteront en 70 contre les Romains et seront écrasés par Titus.
Les chercheurs sont divisés sur le contenu politique du message de Jésus, effacé lors de la rédaction des Evangiles, entre 70 et 90.
Mais le Royaume d'Israël renouvelé et eschatologique que Jésus attendait était un royaume purifié de la présence romaine. La prédication de Jésus menaçait l'ordre romain et Ponce Pilate, le procurateur de Judée brutal que nous décrit Flavius Josèphe dans les Antiquités Juives le savait. L'historien Jean-Pierre Lemonon, qui apparaît dans les trois volets de la trilogie de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, démontre dans Corpus Christi et dans sa biographie de Ponce Pilate que Pilate était le seul à pouvoir faire appliquer une condamnation à mort. On est loin du portrait d'un personnage hésitant décrit par l'Evangile de Jean pour mieux pointer du doigt la responsabilité des Juifs à un moment où, après la chute du Temple en 70, les chrétiens ont été rejetés hors du judaïsme officiel.  

En 2004, L'origine du christianisme s'intéressait aux Actes des Apôtres et aux lettres de Paul et expliquait comment le petit groupe de juifs disciples de Jésus en vient à rompre avec le judaïsme. Jacques - le frère de Jésus - et Paul s'affrontent à l'occasion du Concile de Jérusalem. La communauté de Jérusalem dirigée par Jacques selon un modèle familial assez classique respecte les observances de la Torah alors que Paul s'adresse aux païens et leur propose un judaïsme simplifié, qui évacue la Loi juive remplacée par la seule foi en Jésus.

Ce troisième volet de la série documentaire, diffusé comme les précédents sur Arte, part lui aussi d'un texte du Nouveau Testament, l'Apocalypse de Jean de Patmos, qu'on a parfois identifié - vraisemblablement à tort - à l'apôtre Jean, fils de Zébédée.
44 chercheurs, exégètes, théologiens, historiens de l'empire romain et du christianisme primitif, filmés devant un fond noir dans un dépouillement radical qui remet la parole et le texte au centre du jeu nous expliquent tout au long des douze épisodes de la série quelles sont les attentes eschatologiques des chrétiens, pourquoi ils sont persécutés sous Néron et acceptent le martyre, comment ils constituent le Nouveau Testament, comment face aux hérésies, une orthodoxie se met en place, rejetant les idées de Marcion et celles des Gnostiques.

Avec la conversion de Constantin et surtout le règne de Théodose, c'est l'empire romain tout entier qui devient chrétien. L'historien Paul Veyne montre comment cet empire sous-administré qu'était l'empire romain a pu s'appuyer sur une institution centralisée et des évêques devenus les relais du pouvoir impérial. Quelle était la part de calcul et la part de sincérité de Constantin lorsqu'il choisit de se convertir ? Le débat n'est pas tranché, mais la conversion de Constantin inaugure une ère nouvelle, avec une Eglise institutionnalisée, qui élabore un dogme, une orthodoxie lors du concile de Nicée qui condamne l'arianisme.
On en revient à la formule d'Alfred Loisy et au final, à celle de l'antijudaïsme chrétien. Cet antijudaïsme présent dans des textes du IVe siècle est quelque chose de tout à fait paradoxal. Jésus annonçait aux Juifs un Royaume d'Israël renouvelé et eschatologique, purifié de la présence romaine. En se séparant du judaïsme qui s'était réorganisé autour des Pharisiens après la chute du Temple en 70, les chrétiens ont évacué la portée politique du message de Jésus, ont réinterprété les textes de la Bible, ont jeté un voile sur leurs racines juives, mais l'existence du judaïsme leur rappelle sans cesse que Jésus, a fondé une religion à laquelle il n'a jamais appartenu et vient questionner en permanence la foi des chrétiens. C'est la raison pour laquelle le christianisme, devenu religion d'Etat, va si facilement devenir persécuteur.

Disons-le tout net, L'Apocalypse, comme les deux autres volets de la série de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, est une petite merveille télévisuelle. L'ensemble de la série dresse en 34 épisodes un panorama précis et exigeant des connaissances historiques les plus actuelles sur la naissance du christianisme. Si certains croyants peuvent être troublés par la démarche résolument historienne de Mordillat et Prieur, on ne peut qu'être séduit par une série qui redonne de la chair au Jésus historique, éclaire les textes et, dans un dépouillement radical, nous donne à voir le spectacle de l'intelligence. A voir absolument !
Par David NOËL - Publié dans : Médias - Communauté : Les antilibéraux
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