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Images aléatoires

Lundi 18 août 2008
La crise financière déclenchée aux États-Unis à la suite d'une politique du crédit aussi absurde que dangereuse n'en finit pas de s'étendre et de produire ses dégâts. Pourtant, ce ne sont pas les avis rassurants qui ont manqué, ni les tentatives désespérées des banquiers centraux pour voler au secours des banquiers ordinaires au bord du gouffre.

Ainsi se vérifient trois axiomes de la finance mondiale :

1) la liberté de circuler du capital a un prix, celui de la baisse du « coût du travail », de la dégradation de l'emploi et de l'amputation des droits sociaux ;
2) les banques centrales abreuvent de liquidités un système financier spéculatif, pendant la montée d'une bulle et aussi après l'éclatement de celle-ci pour éviter les faillites en cascade ;
3) les gains sont pour les actionnaires, les pertes pour la collectivité.

Il n'y aura pas de bout du tunnel tant que les dogmes néolibéraux n'auront pas été abandonnés. La loi du profit maximal, la concurrence débridée et le marché sans entraves conduisent inexorablement aux crises financières répétées, au délabrement social, à la crise alimentaire pour une fraction importante de l'humanité, à l'impuissance face à la crise écologique planétaire et finalement à des politiques sécuritaires et agressives pour pallier les contradictions d'un système délirant.

Attac le répète depuis sa création, il y a dix ans : il est urgent de désarmer les marchés financiers, d'imposer des restrictions drastiques à la circulation des capitaux, de taxer toutes les transactions financières, de mettre le système bancaire sous contrôle démocratique, de placer les institutions internationales sous l'égide d'une ONU démocratisée, de supprimer les paradis fiscaux, d'annuler la dette des pays pauvres, d'assurer à tous les humains l'accès aux biens communs et de sortir enfin l'Europe du carcan libéral. Tant que cela ne sera pas fait, le tunnel n'aura pas de fin car les richesses continueront de se concentrer dans quelques mains, la pauvreté et la faim s'aggraveront, et la démocratie ne sera qu'un vain mot. Telles sont les vraies leçons à tirer d'une crise née des subprimes américains mais, au-delà, de la nature même du capitalisme néolibéral.

Attac en appelle à la conscience citoyenne de tous pour préparer des mobilisations fortes à la rentrée qui, seules, pourront mettre au pas les acteurs financiers. Attac donne rendez-vous à tous ses adhérents et sympathisants pour en débattre lors de son Université citoyenne du 22 au 26 août à Toulouse.

Attac France
Montreuil, le 13 août 2008
par David NOËL publié dans : Altermondialisme communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 6 août 2008
Attac prend acte de l’échec - un de plus - du Cycle de Doha et se félicite qu’un très mauvais accord ait été évité.

Ce qui était sur la table aurait eu des conséquences graves pour les pays du Nord, dont la France, notamment dans le domaine agricole et dans celui des services (à cause de l’AGCS), de même que pour les pays du Sud, en particulier dans le domaine de l’agriculture vivrière et des industries encore trop jeunes pour soutenir la concurrence des pays industrialisés. À force de vouloir que tout soit marchandise, que tout profite aux plus fortunés - hommes ou pays - on court forcément à l’échec. L’OMC ne sert plus à rien. Arrêtons de nous acharner sur ce Cycle de Doha. Sept ans, ça suffit !

Attac estime que cet échec doit être saisi immédiatement comme une occasion de proposer d’autres règles du commerce, respectant les besoins de l’ensemble des pays et des travailleurs du monde, ainsi que les équilibres écologiques de la planète. Il faut refuser que certains secteurs soit assimilés à des marchandises : l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux et tous les autres domaines qu’il faut préserver de la cupidité financière. Il faut accepter la leçon de la crise alimentaire et reconnaître que la souveraineté alimentaire est un droit qui doit transcender les règles marchandes. Il faut respecter le travail : les milliers de pages des textes de l’OMC ne contiennent pas un mot sur les droits des travailleurs. Il en va de même pour l’environnement, dont la protection est le plus souvent considérée comme un obstacle au commerce.

Il est grand temps que les États qui veulent aller de l’avant se réunissent pour tracer un autre cadre que celui de l’OMC, afin de fournir des règles justes au commerce. À cet égard, l’esquisse qui était contenue dans la Charte de La Havane de 1947 constitue une bien meilleure base que celle de l’OMC. Le mouvement altermondialiste, qui s’appelle dans ce domaine « Our World is not for Sale » (« Notre monde n’est pas à vendre ») et sa branche européenne, dont Attac-France fait partie, sont prêts à participer à ce travail d’élaboration d’un nouveau cadre qui vise le partage, la justice, le respect des droits humains et de l’environnement.

Attac France
Montreuil, le 30 juillet 2008
par David NOËL publié dans : Altermondialisme communauté : Les antilibéraux
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Jeudi 10 juillet 2008
Depuis 1975, les principales puissantes de la planète se réunissent à huis clos pour échanger et proposer des réponses aux problèmes mondiaux. Lors de ses premières réunions, il s’agissait pour le G8 – Allemagne, Etats-Unis, France, Japon, Royaume Uni, rejoints en 1976 par le Canada et l’Italie, puis en 1999 par la Russie – de trouver des solutions à la fin du système monétaire international adopté en 1944 lors des accords de Bretton Woods (qui avait pour principe la convertibilité du dollar en or) et au premier choc pétrolier de 1973. D’emblée, ces Sommets annuels ont manifesté leur caractère oligarchique : les principales puissances mondiales se réunissent entre elles pour décider de ce qui est bon pour l’ensemble des peuples !

Rapidement, les réunions du G8 ont couvert l’ensemble de l’actualité mondiale ; et sont devenues le lieu du pouvoir mondial. Le G8 a en effet toujours émis des recommandations (le G8 ne prend aucune décision mais émet « seulement » des recommandations) permettant de mettre en place l’ordre néolibéral que l’on connaît aujourd’hui, grâce aux institutions financières internationales (Fonds monétaire international - FMI - et Banque mondiale - BM) où les Etats membres du G8 détiennent la majorité des voix.

Véritable directoire mondial, le G8 est illégitime : aucun des chefs d’Etat ou de gouvernement présents lors des Sommets des Huit ne dispose du moindre mandat démocratique pour gérer les affaires concernant l’ensemble de la planète. Le G8 ne saurait trop rappeler des époques passées lorsque les grandes puissances se partageaient le monde lors de discussions fermées...

Toutefois aujourd’hui le pouvoir du G8 est affaibli par celui de puissances émergentes. Mais ce ne sont pas les propositions de son élargissement aux membres du G5 (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud) qui pourront lui retirer son caractère illégitime !
Il est au contraire nécessaire de réformer et de renforcer une institution telle l’Organisation des Nations unies (ONU) afin qu’un véritable espace démocratique puisse voir le jour pour aborder les sujets concernant l’ensemble des peuples.

Mais peut-être sont-ce justement les peuples que les gouvernements voudraient ne pas voir...
A l’instar de la construction européenne où les chefs d’Etat ou de gouvernement n’hésitent pas à remettre en cause les suffrages populaires exprimés, le G8 cherche à faire taire la contestation et les propositions d’alternatives au néolibéralisme.

Ainsi, avant même le début du contre-sommet organisé par les ONG et mouvements altermondialistes, les entrées sur le territoire japonais ont été sévèrement restreintes. De nombreuses personnes (universitaires, journalistes, syndicalistes) connues pour leur expertise scientifique et pour leur rôle de contre-pouvoir ont été longuement interrogées ; certaines d’entres elles restant plus d’une douzaine d’heures dans les locaux de la police des frontières.

L’entrée au Japon a été refusée à 23 personnes, dont notamment celles des deux délégations coréennes de la Fédération des syndicats démocrates et des agriculteurs. D’autres personnes du Bangladesh, des Philippines, du Népal, etc. ont vu leur visa refusé bien qu’elles aient été invitées officiellement par des organisations reconnues pour leur participation aux forums. Quelques autres ont été autorisées à séjourner au Japon mais pour une durée significativement réduite, les empêchant d’intervenir lors des conférences publiques pour lesquelles elles avaient été invitées.

Comme lors du G8 en Allemagne l’an passé, ce sont des mesures d’exception qui sont appliquées à l’encontre des militants altermondialistes, assimilant la contestation pacifiste du système néolibéral à une opération terroriste en puissance.

Les arguments contradictoires à ceux portés par les gouvernements membres du G8 doivent pouvoir être exprimés librement au sein des forums et des manifestations. Toute entrave à la liberté d’expression est une atteinte aux libertés fondamentales reconnues dans les Etats démocratiques modernes.

Nous dénonçons les mesures policières déployées par les gouvernements à l’occasion des Sommets du G8 ; nous demandons la fin des arrestations des journalistes et des militants témoignant sur place de l’impopularité mondiale du G8 et de ses « recommandations » nous exigeons la suppression du G8 et la mise en place d’un organisme mondial démocratique soumis à la Déclaration des droits de l’Homme et auquel les autres institutions internationales (dont notamment l’Organisation mondiale du commerce - OMC) seraient subordonnées.

Attac France,
Montreuil, le 9 juillet 2008
par David NOËL publié dans : Altermondialisme communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 20 décembre 2006
De nombreux militants du mouvement social, de nombreux communistes se sont investis dans Attac dès sa création et c'est une excellente chose.

La force des libéraux durant les vingt dernières années aura été de parer leur discours réactionnaire d'une apparence de rigueur économique et de scientificité.

Attac et la Fondation Copernic auront montré qu'il n'en est rien et que les règles économiques avancées par les libéraux ne sont que le reflet d'une idéologie. En réalité, tout est politique et c'est la volonté qui manque à la gauche pour abattre le capitalisme.

Depuis trois ans, Attac qui avait connu un développement fulgurant, perdait des adhérents. Les luttes internes entre partisans d'une organisation centralisée et tournée vers les classes populaires et partisans d'une organisation en réseau plus collégiale ont fait des dégâts et l'association a perdu un tiers de ses membres.

Les récentes élections au Conseil d'Administration d'Attac ont conforté les fondateurs et renvoyé l'ancien président Jacques Nikonoff dans l'opposition. Jacques Nikonoff et ses partisans ont dénoncé dans un communiqué ultra-violent la victoire d'une ligne "gauchiste, sectaire et communautariste".

Ce n'est évidemment pas le cas et il faut faire confiance à la nouvelle direction collégiale, incarnée par les deux co-présidents Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey pour regagner le terrain perdu.

Il y a beaucoup de travail car les départs massifs d'adhérents contraignent Attac à un plan d'économies.

Mais l'essentiel est là : pour Attac, la crise appartient désormais au passé et on espère que l'association altermondialiste va rapidement repartir de l'avant.

Les militants du mouvement social ne doivent pas hésiter à investir de nouveau Attac pour qu'elle redevienne ce mouvement d'éducation populaire et de formation qu'elle a été pour toute la gauche de la gauche et notamment pour les jeunes militants à la recherche d'un premier engagement.
par David NOËL publié dans : Altermondialisme
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Samedi 25 novembre 2006
Ce qui se passe à Attac mérite d'être analysé tant l'association altermondialiste a fait un travail intellectuel énorme pour faire avancer les idées antilibérales.

Attac s'est constituée en 1998 sur l'idée gramscienne que ce sont les idées qui mènent le monde.
Acquis aux thèses libérales dominantes depuis la fin des années 70, avec Friedrich Hayek et Milton Friedman, les partis progressistes comme le PS, le SPD allemand, ou le New Labour britannique, sans parler du parti démocrate américain, sont incapables de penser la transformation sociale.

Des associations comme Attac, ou la Fondation Copernic (dont l'ancien président, Yves Salesse, est candidat à la candidature devant les collectifs unitaires antilibéraux) se sont données comme objectif d'inventer et de diffuser un nouveau progressisme, en bref, de gagner la bataille des idées.

Si à chaque grève, on entend des usagers pester contre les "privilèges" des fonctionnaires, si on voit des salariés payés au Smic critiquer les chômeurs "assistés" et les rmistes, c'est uniquement parce que les idées libérales théorisées par des gens comme Hayek ou Friedman, relayées par des chroniqueurs économiques et des éditorialistes, ont fini par s'imposer au sein d'une partie des classes populaires invitée à se retourner non pas contre les capitalistes qui nous exploitent, mais contre les étrangers et les victimes de la guerre économique transformées en bouc-émissaires faciles.

C'est sur cette division des classes populaires, sur ce leurre, sur ce mensonge que le FN prospère et à Hénin-Beaumont où nous n'avons de cesse de dénoncer ce leurre idéologique, Steeve Briois et ses amis sont de plus en plus inquiets...

Pour en revenir à Attac, l'association altermondialiste doit de toute urgence se remettre en ordre de bataille. Elle est malheureusement paralysée par une lutte interne féroce qui concerne au plus 400 ou 500 adhérents sur les 21 000 que compte encore l'association.
Ces 400 ou 500 adhérents se déchaînent sur les listes électroniques. Attac est divisée en deux camps qui s'affrontent pour les élections internes des 9 et 10 décembre.

Les deux anciens présidents d'Attac, Bernard Cassen et Jacques Nikonoff, soutenus par des adhérents de base souhaitent plus de centralisme et veulent marginaliser le collège des fondateurs, constitué d'associations et de syndicats qui exigent un fonctionnement plus collégial de l'association.
Mis en difficulté par les fondateurs soutenus par les trois vice-présidents d'Attac, Jacques Nikonoff et ses amis ont remporté en juin dernier un scrutin truqué que leurs adversaires allaient gagner. Depuis lors, ils ne cessent de dénoncer un coup monté et soutiennent la liste "Avenir d'Attac" aux élections internes. Ils appellent également à voter non à la liste bloquée de 18 candidats pour 18 postes à pouvoir présentée par le collège des fondateurs.

Les fondateurs, notamment menés par Susan George et Pierre Khalfa (représentant de l'union syndicale Solidaires au Conseil d'Administration d'Attac) soutiennent une liste de candidats "Attac : altermondialiste et démocratique". Ils ont l'appui de la majorité des membres du conseil scientifique de l'association et de son président d'honneur René Passet. De nombreux comités locaux les soutiennent.

On ne peut qu'espérer qu'Attac parviendra à surmonter la crise et à se remettre en ordre de marche, car à lire les messages haineux qui s'échangent sur les listes électroniques, on peut craindre le pire.
Dégoûtés, des centaines de militants s'en vont sur la pointe des pieds, les querelles internes font les choux gras du Monde et de Libération, l'association est devenue inaudible et ce sont les libéraux qui s'en réjouissent...
par David NOËL publié dans : Altermondialisme
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