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Altermondialisme

Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 12:30

caricature-dette-riches.jpg Nicolas Sarkozy a tranché : avec la hausse prévue de la TVA, les patrons verront leurs coûts salariaux diminuer de 13 milliards d'euros. En revanche, la fameuse taxe Tobin à la française ne rapporterait qu'1 milliard d'euros. Même en y ajoutant la hausse de la CSG sur les revenus du capital (qui devrait rapporter moins de 2 milliards), le compte n'est pas bon pour la justice fiscale.

En effet qui va payer la hausse de la TVA ? Pour l'essentiel, les consommateurs. Certes, le candidat-président s'est dit « prêt à prendre tous les paris » qu'il n'y aurait pas de hausses de prix. Malheureusement, il est vraisemblable que les entreprises en profitent pour améliorer leurs marges en ne baissant pas les prix hors taxes. Telle est sans doute l'intention des chefs d'entreprise ou du Medef, qui réclament depuis bien longtemps cette mesure à cor et à cri.

La TVA « sociale » réduira donc la consommation et aggravera la récession dans laquelle la France est engagée depuis quelques mois. C'est la première raison de la rejeter. La deuxième tient à son injustice : en augmentant la TVA, on réduit encore la progressivité du système fiscal. Car la TVA pèse plus lourdement sur les ménages populaires, qui consomment tout leur revenu, que sur les ménages aisés qui en épargnent une bonne partie.

Cette stratégie de TVA « sociale » s'inscrit dans la logique de dumping social et fiscal caractéristique de l'Union européenne et de la mondialisation néolibérale : or c'est précisément la course vers le bas des coûts salariaux qui entraîne l'Europe et son modèle social vers le gouffre. La hausse de TVA, déjà pratiquée en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Italie, n'est qu'un volet des plans d'austérité qui sont en train d'enfoncer l'Europe dans la dépression.

Quant à la taxe sur les transactions financières, elle rapportera certes plus que le dérisoire impôt de Bourse, qu'avait supprimé le même Nicolas Sarkozy en 2008. Mais elle ne s'appliquera ni aux transactions sur les obligations, ni à celles sur les devises, et de façon marginale aux produits dérivés, qui sont surtout échangés à Londres et à Francfort. Le produit servira à combler les déficits et pas à financer les politiques de solidarité et de préservation de la planète : ce qui sera prélevé à la finance lui sera redistribué en intérêts de la dette publique. On est bien loin d'un projet crédible et efficace, qui suppose une réelle volonté de désarmer la finance et de redistribuer les richesses.


Attac France,
le 30 janvier 2012

Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 12:30

Par ATTAC - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 10:30

Playmobile-coince.jpg Le gouvernement s'apprête à instituer une TVA dite « sociale » parée de vertus « anti-délocalisation ». Il s'agit en réalité d'un nouveau cadeau fiscal fait au patronat (estimé à 30 milliards d'euros), et d'un nouveau cran serré dans les politiques d'austérité. Il s'agit en effet de diminuer les cotisations sociales payées par les entreprises et de les transférer sur les consommateurs. Cela  réduira le pouvoir d'achat des ménages, déjà mis à mal par le chômage et la précarité. Il n'y a donc pas plus anti-sociale que la TVA dite « sociale » !

Quant à l'efficacité supposée de cette mesure sur le commerce extérieur et les délocalisations, elle est plus que contestable. D'abord parce que les entreprises ne répercuteront que très partiellement sur leurs prix les baisses de cotisations sociales. Ensuite parce que cette éventuelle baisse sera de toute façon infime par rapport aux écarts de coûts salariaux entre la France et les pays émergents. Il n'y a donc aucun effet significatif à attendre sur les délocalisations.

En fait, si les entreprises françaises ont des problèmes de compétitivité, c'est d'abord lié à leur insuffisante capacité d'innovation, provenant d'un effort de recherche et développement trop faible et de politiques publiques favorisant les bas salaires. La TVA sociale n'apportera aucune solution à ce problème, qui relève plutôt d'une politique industrielle et de recherche volontariste qui fait cruellement défaut aujourd'hui !

En 2012 plus que jamais, face aux politiques d’austérité généralisée, il faut imposer les alternatives progressistes portées par les mouvements sociaux. Celles-ci seront débattues de manière large lors de la conférence internationale « Leur dette, notre démocratie », organisée le 15 janvier par Attac à Paris.


Attac France
Mercredi 04 janvier 2012

Par ATTAC - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 9 décembre 2011 5 09 /12 /Déc /2011 06:30

attacicolas Sarkozy et Angela Merkel viennent d'annoncer leur volonté de faire adopter un nouveau traité européen dès le mois de mars, qui imposerait des sanctions « immédiates » et « automatiques » aux États dont le déficit dépasserait 3 % du PIB. Cette règle des 3% figure déjà dans le Traité de Maastricht, repris dans celui de Lisbonne, mais le nouveau traité la durcirait considérablement.

Ce nouveau traité exclurait explicitement de nouvelles restructurations des dettes publiques, et ce malgré qu’une renégociation de la dette ne se soit déjà avérée nécessaire pour la Grèce : il ne sera plus jamais question de faire contribuer le secteur financier et les banques, qui ont pourtant pris des risques inconsidérés pour elles-mêmes et surtout pour la société.

Ce traité entrainerait tous les signataires dans une nouvelle surenchère de nouvelles politiques d'austérité, de plus en plus injustes et inefficaces. Injustes parce qu'elles font payer aux citoyens une dette provoquée par la crise financière et les cadeaux fiscaux aux privilégiés. Inefficaces parce qu'elles approfondissent la récession et donc les déficits, et empêchent toute relance des investissements écologiques et sociaux.

Un traité Merkel-Sarkozy, décidé en quelques semaines sous la pression des agences de notation, ratifié par des parlements aux ordres et sans consultation des peuples, serait un véritable krach démocratique. Loin de permettre la refondation d’une Europe solidaire, il organiserait la concurrence par l’austérité, et, en dernier lieu, la faillite de la zone Euro. Nous exigeons un référendum en France pour que le peuple puisse se prononcer.

Bien sûr, le traité de Lisbonne a conduit l’Union européenne dans l’impasse et il faut un nouveau traité. Mais pas pour rassurer les marchés : pour sortir l'Europe de leurs griffes ! Il faut permettre à la BCE de prêter directement aux États-membres à des taux raisonnables, voire nuls ; réaliser une profonde réforme fiscale en rétablissant une forte progressivité des prélèvements ; initier une harmonisation sociale et fiscale vers le haut ; construire un vrai budget européen en taxant les transactions financières, les bénéfices des multinationales et les émissions de carbone. Pour engager l'Europe dans la voie de la réduction des inégalités et de la transition écologique.

Un nouveau traité européen ne peut pas se préparer entre quelques chefs d'État mais dans le respect de la volonté des peuples européens. Ce qui est nécessaire aujourd'hui, c'est un vaste processus démocratique européen d'élaboration d'un nouveau traité, qui reflète non pas les exigences des marchés mais celles des peuples désireux de construire leurs solidarités.


Attac France,
Paris, le 6 décembre 2011

Par ATTAC - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 06:30

attacLa commission des affaires étrangères du Sénat vient d'adopter à l'unanimité une taxe de solidarité internationale sur les transactions financières dans la loi de finances pour 2012. Cette taxe serait appliquée au taux maximum de 0,05 %, différencié selon le type de transaction. C'est une avancée : contrairement à tous ce que peuvent dire ses opposants, la taxe Tobin est tout à fait faisable, y compris à une échelle nationale, sans provoquer de fuite massive des capitaux.

Cependant le taux proposé de 0,05 % ne devrait pas être un plafond mais un taux minimum, pouvant être augmenté en cas d'emballement des marchés financiers. Seul un taux suffisamment élevé peut en effet dissuader la spéculation, premier objectif de la taxe Tobin : Attac demande depuis treize ans une taxe à 0,1% sur l’ensemble des transactions financières.

Selon le rapport des sénateurs Christian Cambon et Jean-Claude Peyronnet, un taux de 0,05 % permettrait de dégager plus de dix milliards d'euros. Bercy fait pression pour que le produit de la taxe serve à réduire le déficit budgétaire de la France. Mais cet argent est aujourd'hui indispensable pour honorer les engagements français dans le cadre des « Objectifs du millénaire pour le développement » des Nations unies. Environ 400 milliards d'euros par an sont nécessaires pour combattre la pauvreté dans le monde, le réchauffement climatique et ses conséquences. C'est ce que permettrait de dégager une taxe sur les transactions financières de 0,1 % au niveau mondial.

La Commission européenne a proposé cet été un projet de directive pour une taxe sur les transactions financières. Mais le Royaume-Uni ou d'autres pays récalcitrants risquent de faire capoter ce projet qui doit être voté à l'unanimité. M. Schäuble, ministre allemand des finances,  a quant à lui annoncé que, quelles que soient les décisions au niveau du G20 ou de l'Union européenne, l’Allemagne adopterait une taxe sur les transactions financières en 2012. Nicolas Sarkozy, malgré son volontarisme affiché dans les G20, ne s'est jamais engagé publiquement dans une telle démarche unilatérale : il est temps qu'au-delà des discours, il emboîte le pas à M. Schäuble et maintenant au Sénat.

Longtemps considérée comme une idée utopique, infaisable voire dangereuse, la taxe sur les transactions financières pour réduire la spéculation et financer les biens publics mondiaux est à présent presque unanimement soutenue et c'est tant mieux. Mais des discours aux actes, il y a encore du chemin à parcourir. Nous maintiendrons donc la pression, dans tous les pays où nous sommes présents, pour que cette idée se concrétise : il est temps de désarmer la finance et de la mettre à contribution.


Attac France,
Paris, le 17 novembre 2011

Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 2 novembre 2011 3 02 /11 /Nov /2011 12:30

attacL'annonce (hélas trop tardive) par M. Papandréou de l'organisation d'un référendum sur le plan européen « d'aide » à la Grèce est une première avancée de la démocratie face aux plans d'austérité qui s'abattent partout en Europe. Tout dépendra de la question posée et des conditions du débat pour que ce référendum ne soit pas une manipulation politique. Mais c'est aussi l'occasion d'un réel débat citoyen, qui fasse écho aux revendications populaires pour plus de démocratie... à l'image du référendum en Islande, qui s'est soldé par un rejet du vaste plan d'austérité sociale prévu.

Le plan européen d'aide à la Grèce, même s'il organise un défaut partiel et de toutes façons inévitable de la Grèce sur sa dette, ne résout aucun des problèmes de fond posés par les incohérences de la zone euro et l'irresponsabilité de la finance. Il aggrave encore l'austérité et la tutelle de la « troïka » - Commission, BCE, FMI - sur le peuple grec. Les oligarchies européennes pensaient pouvoir imposer à leurs peuples les exigences des banques et des prêteurs en s'abritant derrière des majorités parlementaires. Mais les politiques d'austérité qui sont en train de détruire la Grèce, et qui s'étendent progressivement dans le reste de l'Europe, suscitent de trop fortes résistances sociales.

Les citoyens ne se reconnaissent plus dans une classe politique inféodée aux dogmes et aux intérêts de la finance. « Vous ne nous représentez pas ! », ce cri des Indignés à la classe politique, est devenu une évidence. La décision de M. Papandréou, pourtant représentant archétypique de l'oligarchie politique grecque, de donner la parole au peuple est donc une bonne nouvelle. Même si Nicolas Sarkozy, à l'image de la plupart des dirigeants européens, est "consterné" par cette décision où il ne voit que démagogie et irresponsabilité...

Bien sûr, la machine médiatique va se mettre en branle, en Grèce et en Europe, comme en France en 2005 à propos du traité constitutionnel européen. Les droites et une certaine gauche vont fustiger l'archaïsme et le nationalisme des Grecs qui voudraient soit-disant quitter l'Europe et briser l'euro. Mais c'est rigoureusement l'inverse: le peuple grec, en défendant ses droits sociaux et sa souveraineté démocratique, défend les droits de tous les peuples européens. Les mouvements sociaux européens doivent soutenir le mouvement grec qui rejette ces politiques d'hyperaustérité destructrices et mortifères. La victoire du « non » au référendum grec ne résoudra pas à elle seule la crise actuelle. Mais elle posera concrètement la nécessité d'une alternative au modèle néolibéral, qui devra commencer par la dénonciation des dettes illégitimes, le refus des politiques de régression sociale, la reconquête de la souveraineté démocratique sur notre monnaie commune, l'euro. Attac mettra dans les semaines à venir toute son énergie pour construire la solidarité européenne avec le peuple grec, faire triompher le non à l'austérité, et poser les premiers jalons de la refondation d'une Europe démocratique et solidaire.


Attac France
Nice, le 1er novembre 2011

Par ATTAC - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : les anti-capitalistes
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Mardi 18 octobre 2011 2 18 /10 /Oct /2011 10:30
Par ATTAC - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 9 octobre 2011 7 09 /10 /Oct /2011 06:30

Bank-bank-bang.png La banque franco-belge Dexia est en situation de faillite, les gouvernements français et belges ont apporté en urgence leurs garanties aux dépôts et organisent la disparition de la banque. Avec son ratio de 11 % de fonds propres Dexia semblait être bien capitalisée. Dés lors quelle valeur accorder aux propos lénifiants du Premier ministre sur la santé des banques françaises si une banque de cette importance peut s’effondrer du jour au lendemain ? Quelle est la situation réelle de nos banques ?

Le parcours de Dexia illustre les turpitudes du néolibéralisme bancaire et les errements de l’État. Jusqu’à la fin des années 80, le Crédit Local de France, partie intégrante du secteur public car alors filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), assurait en toute sécurité les crédits aux collectivités locales. Sa privatisation et son entrée en Bourse , puis la fusion avec le Crédit Communal de Belgique belge pour former Dexia en 1996, ont ouvert la voie à une recherche frénétique de profits dans des opérations hasardeuses. Dexia n’a raté ni les subprimes américains, ni la spéculation sur les produits dérivés, ni l’arnaque des prêts « toxiques » aux collectivités locales. En septembre 2008, pris dans la tourmente des subprimes, le groupe a été sauvé in extremis par les gouvernements français et belges qui ont allongé plus de 6 milliards d’euros. Sauvetage sans conditions au seul profit des actionnaires, qui ont continué à engrangé les profits, alors que les actifs douteux ont été maintenus au bilan et se sont accrus de 23 milliards euros, qui sont autant de dettes publiques pour les États européens. Aujourd’hui sauvetage acte 2, dont le prix pour le contribuable risque d’être salé.

Le problème central est le devenir des actifs de Dexia dont une grande partie est suspectée d’être toxique. Le gouvernement ne voulant pas faire apparaitre un accroissement de la dette publique, demande à la Banque Postale et à la CDC d’entrer dans la danse en les alléchant avec l’activité prêt aux collectivités locales. Mais ni la Banque postale, ni surtout la CDC, déjà sollicitée en 2008 par l’État pour acheter des actions de Dexia à 9,90 euros qui valent aujourd’hui moins d’un euro, ne veulent devenir une bad bank. Celles-ci réclament une garantie de l’État, qui sera appelé à éponger les pertes.

Cette situation est directement liée à l’irresponsabilité de l'État français, qui suite à la crise de 2008 a renfloué de façon spectaculaire les principaux groupes bancaires sans jamais exiger en contrepartie de droit de regard sur leurs affaires. Dexia – et bien d’autres – ont pu continuer leurs pratiques à hauts risques, sachant que l’État – et les contribuables – seront toujours là pour éponger les pertes. Nous n'avons donc ni droit de regard, ni droit de cité dans les affaires bancaires, alors même que nous assumons leurs faillites. Les banques et leur gestion doivent être l'affaire de tous. Aussi, Attac et Les Amis de la Terre ont lancé au printemps une interpellation citoyenne des banques. Partout en France, les agences bancaires se sont vues remettre des questionnaires leur demandant de rendre des comptes précis sur les principaux aspects de leurs activités. De ces réponses, nous avons tiré un rapport d'analyse, que nous publierons à la fin du mois. Politiques de crédit aveugles, gestion humaine catastrophique, irresponsabilité environnementale, absence de démocratie interne, ce que nous y découvrons du monde bancaire permet de confirmer l’idée que seule une mise sous contrôle des banques par l’État et les citoyens peut résoudre l’ampleur de la crise actuelle.

Le 15 octobre, dans le cadre des actions du mouvement des indignés, nous invitons tous nos comités locaux et adhérent-e-s à agir, à montrer leur indignation, de manière unitaire, en dénonçant les banques et le déni de démocratie que représente la soumission des politiques aux intérêts financiers fauteurs de crise.


Attac France,
Paris, le 7 octobre 2011

Par ATTAC - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : les anti-capitalistes
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Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 06:30

attacAngela Merkel et Nicolas Sarkozy ont annoncé ce mardi « une proposition commune de taxe sur les transactions financières afin de contribuer à la réflexion engagée par la Commission européenne ».
 
Que tous les responsables politiques reprennent une proposition que nous portons depuis 12 ans représente une victoire des idées d'Attac ; mais depuis deux ans les effets d'annonce se sont multipliés sans déboucher sur autre chose que des « propositions » et des « réflexions ». Or cette taxe doit être appliquée le plus vite possible, avec tous les pays volontaires, sans attendre une hypothétique acceptation de tous.

Il suffit par ailleurs d'examiner les modalités envisagées pour la mise en place de cette taxe pour constater que le compte n'y est pas. Pour contrer réellement la spéculation et mettre à contribution la finance, il faudrait appliquer une taxe d'au moins 0,1% sur l'ensemble des transactions financières et bien entendu la rendre obligatoire. Si le produit n'est utilisé que pour renflouer les déficits et sauver une nouvelle fois les banques sans contrepartie, l'efficacité sera nulle : le produit doit aller vers des services et investissements publics, pour un meilleur partage des richesses et une reconversion écologique des économies européennes.

Sarkozy et Merkel préfèrent disserter vaguement sur la taxe Tobin, pour mieux faire passer le rouleau compresseur de l'austérité, avec son lot de politiques injustes. Les dettes publiques et la crise de l'euro, loin de résulter d'un excès de dépenses, ne proviennent-elles pas de la crise financière et des cadeaux fiscaux consentis depuis vingt ans aux privilégiés ? Sarkozy et Merkel jouent les modèles de vertu alors qu'ils sont totalement responsables de la situation. Ils scellent aujourd'hui une véritable déclaration de guerre contre les populations, pour forcer tous les États-membres de la zone euro à introduire dans leurs Constitutions la « règle d'or » - autrement dit un véritable carcan budgétaire.
 
La menace pèse sur les droits sociaux et sur les services publics. C'est aussi une menace contre la démocratie : telles réformes constitutionnelles imposées par les marchés financiers signifient un nouveau recul de la souveraineté populaire en Europe, dans la droite ligne de la nouvelle «gouvernance économique» européenne, renforçant les pouvoirs de la Commission européenne pour imposer les diktats des marchés aux États. Pour Attac France, ces politiques n'ont qu'un objectif : profiter de la crise de la dette pour détruire l'État social en Europe. Les urgences sociales et écologiques sont sacrifiées à l'appétit insatiable des marchés financiers.
 
A contre-pied de ces politiques injustes et irresponsables, il faut faire payer le coût de la crise aux hauts revenus ainsi qu'aux marchés financiers, à travers la mise en oeuvre d'une politique fiscale fortement redistributive et d'une régulation draconnienne des marchés financiers. Afin de déterminer les origines de la dette publique en France et d'en dénoncer la partie illégitime, Attac France propose à tous ses partenaires la mise en place d'un comité unitaire pour l'audit de la dette française, et appelle à s'opposer avec la plus grande vigueur aux politiques annoncées. Nous répondrons à l'appel des Indignés espagnols le 15 octobre. Nous mobiliserons en novembre, avec tous nos partenaires internationaux, contre le G20 de Nice, pour que la crise soit payée par la finance et pas par les citoyens.


Attac France,
Paris, le 17 août 2011

adhere attac

Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Mardi 9 août 2011 2 09 /08 /Août /2011 10:30
Par ATTAC - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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