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Altermondialisme

Mardi 13 mai 2003 2 13 /05 /2003 06:30
A l'occasion du G8 qui se tiendra du 31 mai au 3 juin à Evian, le Bretzel, le journal étudiant alternatif lillois et les collectifs Attac Villeneuve d'Ascq et Attac Universités distribueront un tract spécial G8. Retrouvez-nous sur nos tables de presse à Lille I et dans le hall de Lille III et rendez-vous nombreux à Evian pour en finir avec le G8 !



Bretzel G8 Les maîtres du monde sont décidément bien timides... En novembre 2001, l'Organisation Mondiale du Commerce avait choisi de se réunir à Doha, au Qatar, un petit émirat du Golfe persique aussi exotique qu'autoritaire. En 2002, le sommet du G8 s'était tenu à Kananaskis, une station isolée des Rocheuses interdite aux journalistes et aux manifestants.

Le rituel est désormais bien rodé : entre le 26 mai et le 3 juin, Evian aura des allures de camp retranché. Déjà, militaires et CRS patrouillent en ville depuis début avril, tandis que les agents des Renseignements Généraux et de la DST sont à pied d'oeuvre. Les habitants d'Evian ont reçu un badge qui leur permettra de se déplacer durant la tenue du G8 ; sans badge, il sera impossible de pénétrer dans la ville. Car les organisateurs du G8 n'en dorment plus ! Les images de Seattle et de Gênes les hantent jour et nuit ! Pour éviter toute note discordante, les manifestants seront relégués à plus de trente kilomètres d'Evian.

Face à une telle débauche de moyens, la mobilisation contre le G8 s'organise : le 30 mai, les ATTAC d'Europe se réuniront à Genève après que les ATTAC du monde se soient réunis à Paris dans le cadre du "G-Monde". Surtout, le dimanche 1er juin au matin, une énorme manifestation transfrontalière sera organisée entre Genève et Annemasse. Tout un symbole !

Les maîtres du monde auront beau parader, afficher les sourires de circonstance, minimiser l'impact des manifestations contre la tenue du G8, ils savent qu'ils ont déjà perdu la bataille de l'opinion publique. Car l'événement, à Evian, ce ne sera pas la tenue du sommet des grandes puissances, mais bel et bien l'affirmation d'une opinion publique mondiale.

Soyons nombreux à Evian pour le leur signifier !
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Samedi 17 juin 2006 6 17 /06 /2006 20:45
attac Libération et Le Monde consacrent aujourd'hui plusieurs articles à la crise que connaîtrait Attac, qui tient son Assemblée Générale à Rennes ce weekend.

"Bataille interne féroce pour la direction", "Offensive anti-Nikonoff à Attac", "La crise au sein de l'association altermondialiste Attac s'envenime"... A la lecture de ces quelques articles, on sent que les journalistes observent avec gourmandise et délectation la "crise" qui affecterait Attac.

De quoi s'agit-il ?

L'association altermondialiste Attac est née en 1998 à la suite d'un éditorial d'Ignacio Ramonet dans Le Monde Diplomatique. L'appel d'Ignacio Ramonet débouche sur la constitution d'un collectif informel d'associations et de syndicats, bientôt rejoint par des milliers d'adhérents directs.
En quelques années, les effectifs d'Attac atteignent 30 000 adhérents.

Les comités locaux d'Attac ont essaimé dans de nombreuses villes de province et font un travail de terrain remarquable, qui a payé lors du référendum de 2005.
Attac s'est voulue une association d'éducation populaire : ses intervenants multiplient les conférences-débats qui permettent de rendre l'économie compréhensible.
L'association, où cohabitent keynésiens, marxistes, ou écologistes radicaux partisans de la décroissance, est riche de sa diversité.

Mais Attac est aujourd'hui paralysée par des querelles de sommet dont l'enjeu échappe aux militants des comités locaux. Relayés et déformés par les médias, ces conflits internes ont fait perdre à l'association plusieurs milliers de militants.

Pour résumer, les adhérents d'Attac doivent trancher ce weekend entre deux options : la direction actuelle de l'association souhaite renforcer le poids des adhérents directs dans les instances d'Attac, au détriment d'une conception plus collégiale de l'organisation défendue par une partie des membres fondateurs qui redoutent qu'Attac ne se transforme en parti politique sur le modèle du Parti Communiste (une hypothèse grotesque, mais qui fait frémir les partisans d'un mode de direction plus collégial).

C'est au fond, le même débat qu'on retrouve au sein du PCF entre les partisans d'un Parti Communiste organisé en sections et cellules et ceux d'un Parti Communiste partie prenante de collectifs unitaires ou de comités d'union populaire.

Si le désir d'ouverture vers l'extérieur d'une organisation est parfaitement louable, si le souci de collégialité et d'unité est bien compréhensible, les militants du mouvement social doivent veiller à ne pas adopter sans s'en rendre compte le logiciel intellectuel libéral.

Les libéraux sont logiques avec eux-mêmes lorsqu'ils vantent les mérites d'une société plus individualiste. Mais ne prenons pas leurs prophéties pour la réalité et cessons de nous comporter comme si l'action collective et la forme du Parti politique de masse, solidement organisé et structuré appartenaient au passé, comme si les collectifs et coordinations, qui respecteraient l'individu et ses envies, constituaient l'alpha et l'oméga de la vie politique.
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Vendredi 25 août 2006 5 25 /08 /2006 08:35
attac Depuis hier, les adhérents d'Attac sont déçus et furieux. Après la publication du rapport de synthèse de René Passet, le doute n'est plus permis : il y a bien eu fraude lors de la dernière assemblée générale de l'association altermondialiste.

Rappel des faits : invités à renouveler le Conseil d'Administration de l'association à l'occasion de son Assemblée Générale, les adhérents d'Attac devaient voter par correspondance et désigner les membres actifs et les membres fondateurs du nouveau CA.
Pour faire vite, plusieurs des candidats déclarés soutenaient Jacques Nikonoff et l'actuelle direction d'Attac dans leur stratégie de renforcement "identitaire" et autonome d'Attac, tandis que d'autres avaient pris partie pour Susan George, Pierre Khalfa et Gustave Massiah qui soutenaient qu'Attac devait rester un "réseau" de convergence des luttes.

Les adhérents devaient donc voter en cochant sur leur bulletin les noms des candidats qu'ils voulaient élire, insérer leur bulletin de vote dans une enveloppe vierge et envoyer le tout dans une enveloppe sur laquelle leur nom et numéro d'adhérent étaient inscrits.
Au siège d'Attac, les enveloppes étaient triées par ordre alphabétique pour faciliter l'émargement avant d'être dépouillées.

Problème : faute de bénévoles venus dépouiller, l'organisation du dépouillement s'est faite dans la confusion et des enveloppes ouvertes sont restées toute une nuit dans une pièce sans surveillance, permettant ainsi selon toute vraisemblance à des individus de se glisser dans la pièce et d'échanger les bulletins de vote.

De fait, les résultats proclamés à l'issue de l'Assemblée Générale et qui confortent Jacques Nikonoff et son équipe sont très différents des résultats partiels diffusés au milieu du dépouillement, favorables à la liste de candidats soutenus par Susan George.

Trois groupes d'experts statisticiens indépendants se sont donc penchés sur les résultats des votes en se demandant comment expliquer une telle "aberration" statistique.
Leurs trois rapports ont été synthétisés par René Passet, le président d'honneur du conseil scientifique d'Attac ; ses conclusions sont sans appel : il y aurait 1 chance sur 1,7 millions pour que le retournement de situation ne soit pas le fait d'une manipulation, mais du simple hasard.

Attac, depuis sa fondation, mène, avec d'autres associations un combat pour reconquérir une hégémonie culturelle (http://fr.wikipedia.org/wiki/Hégémonie_culturelle) que les libéraux ont acquise à la fin des années 70 (http://www.monde-diplomatique.fr/2002/01/HALIMI/16021).
Ce combat intellectuel est tout à fait complémentaire du combat que mènent les communistes et tous les acteurs du mouvement social.

Mais comment les militants du mouvement social peuvent-ils se battre contre les libéraux de droite et de gauche et les nationalistes identitaires de l'extrême droite si même les organisations qui prétendent construire un autre monde sont l'enjeu de luttes de pouvoir qui atteignent un tel degré de gravité que leurs acteurs en viennent à bafouer l'éthique la plus élémentaire ?

Sans tomber dans un "basisme" simplificateur - après tout la plupart des membres des instances dirigeantes d'Attac et des autres organisations du mouvement social sont avant tout des militants venus de la base qui ne doivent leur fonction qu'à leur dévouement au service de leurs idées et de leur organisation - il est clair que le pouvoir est monté à la tête de certains des dirigeants altermondialistes.

La solution est-elle organisationnelle ? En partie sans doute et Attac devra peut-être réfléchir à formaliser des "tendances" ou à mettre en place une co-présidence de l'association pour éviter la personnalisation du pouvoir qui est en cause dans cette affaire.
En partie seulement parce qu'un des enjeux de la crise de l'association altermondialiste est de parvenir à ce que les cadres intègrent un certain nombre de principes éthiques qui échappent manifestement à certains d'entre eux.

Nos amis du Plan B (Serge Halimi, Gilles Balbastre, Pierre Rimbert, François Ruffin... pour ne citer qu'eux) ont pris ainsi l'habitude de ne jamais signer leurs articles. Comme les éditoriaux du Monde ou les articles de The Economist, les articles du Plan B engagent toute la rédaction du journal. Cette écriture collective est un des moyens, pour les militants du mouvement social, de se prémunir de la starification et de la personnalisation du pouvoir.

Dans notre Ve République présidentielle arbitrée par les médias, il n'est pas facile pour les militants du mouvement social d'inventer des formes nouvelles d'organisation et de communication efficaces et qui ne trahissent pas nos valeurs.
La droite, l'extrême droite et les sociaux-libéraux ne se posent pas ce genre de questions.
Tant pis pour eux... mais c'est le devoir de tous les militants progressistes de chercher à y apporter des réponses.
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme
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Samedi 25 novembre 2006 6 25 /11 /2006 11:39
Ce qui se passe à Attac mérite d'être analysé tant l'association altermondialiste a fait un travail intellectuel énorme pour faire avancer les idées antilibérales.

Attac s'est constituée en 1998 sur l'idée gramscienne que ce sont les idées qui mènent le monde.
Acquis aux thèses libérales dominantes depuis la fin des années 70, avec Friedrich Hayek et Milton Friedman, les partis progressistes comme le PS, le SPD allemand, ou le New Labour britannique, sans parler du parti démocrate américain, sont incapables de penser la transformation sociale.

Des associations comme Attac, ou la Fondation Copernic (dont l'ancien président, Yves Salesse, est candidat à la candidature devant les collectifs unitaires antilibéraux) se sont données comme objectif d'inventer et de diffuser un nouveau progressisme, en bref, de gagner la bataille des idées.

Si à chaque grève, on entend des usagers pester contre les "privilèges" des fonctionnaires, si on voit des salariés payés au Smic critiquer les chômeurs "assistés" et les rmistes, c'est uniquement parce que les idées libérales théorisées par des gens comme Hayek ou Friedman, relayées par des chroniqueurs économiques et des éditorialistes, ont fini par s'imposer au sein d'une partie des classes populaires invitée à se retourner non pas contre les capitalistes qui nous exploitent, mais contre les étrangers et les victimes de la guerre économique transformées en bouc-émissaires faciles.

C'est sur cette division des classes populaires, sur ce leurre, sur ce mensonge que le FN prospère et à Hénin-Beaumont où nous n'avons de cesse de dénoncer ce leurre idéologique, Steeve Briois et ses amis sont de plus en plus inquiets...

Pour en revenir à Attac, l'association altermondialiste doit de toute urgence se remettre en ordre de bataille. Elle est malheureusement paralysée par une lutte interne féroce qui concerne au plus 400 ou 500 adhérents sur les 21 000 que compte encore l'association.
Ces 400 ou 500 adhérents se déchaînent sur les listes électroniques. Attac est divisée en deux camps qui s'affrontent pour les élections internes des 9 et 10 décembre.

Les deux anciens présidents d'Attac, Bernard Cassen et Jacques Nikonoff, soutenus par des adhérents de base souhaitent plus de centralisme et veulent marginaliser le collège des fondateurs, constitué d'associations et de syndicats qui exigent un fonctionnement plus collégial de l'association.
Mis en difficulté par les fondateurs soutenus par les trois vice-présidents d'Attac, Jacques Nikonoff et ses amis ont remporté en juin dernier un scrutin truqué que leurs adversaires allaient gagner. Depuis lors, ils ne cessent de dénoncer un coup monté et soutiennent la liste "Avenir d'Attac" aux élections internes. Ils appellent également à voter non à la liste bloquée de 18 candidats pour 18 postes à pouvoir présentée par le collège des fondateurs.

Les fondateurs, notamment menés par Susan George et Pierre Khalfa (représentant de l'union syndicale Solidaires au Conseil d'Administration d'Attac) soutiennent une liste de candidats "Attac : altermondialiste et démocratique". Ils ont l'appui de la majorité des membres du conseil scientifique de l'association et de son président d'honneur René Passet. De nombreux comités locaux les soutiennent.

On ne peut qu'espérer qu'Attac parviendra à surmonter la crise et à se remettre en ordre de marche, car à lire les messages haineux qui s'échangent sur les listes électroniques, on peut craindre le pire.
Dégoûtés, des centaines de militants s'en vont sur la pointe des pieds, les querelles internes font les choux gras du Monde et de Libération, l'association est devenue inaudible et ce sont les libéraux qui s'en réjouissent...
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme
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Mercredi 20 décembre 2006 3 20 /12 /2006 12:19
De nombreux militants du mouvement social, de nombreux communistes se sont investis dans Attac dès sa création et c'est une excellente chose.

La force des libéraux durant les vingt dernières années aura été de parer leur discours réactionnaire d'une apparence de rigueur économique et de scientificité.

Attac et la Fondation Copernic auront montré qu'il n'en est rien et que les règles économiques avancées par les libéraux ne sont que le reflet d'une idéologie. En réalité, tout est politique et c'est la volonté qui manque à la gauche pour abattre le capitalisme.

Depuis trois ans, Attac qui avait connu un développement fulgurant, perdait des adhérents. Les luttes internes entre partisans d'une organisation centralisée et tournée vers les classes populaires et partisans d'une organisation en réseau plus collégiale ont fait des dégâts et l'association a perdu un tiers de ses membres.

Les récentes élections au Conseil d'Administration d'Attac ont conforté les fondateurs et renvoyé l'ancien président Jacques Nikonoff dans l'opposition. Jacques Nikonoff et ses partisans ont dénoncé dans un communiqué ultra-violent la victoire d'une ligne "gauchiste, sectaire et communautariste".

Ce n'est évidemment pas le cas et il faut faire confiance à la nouvelle direction collégiale, incarnée par les deux co-présidents Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey pour regagner le terrain perdu.

Il y a beaucoup de travail car les départs massifs d'adhérents contraignent Attac à un plan d'économies.

Mais l'essentiel est là : pour Attac, la crise appartient désormais au passé et on espère que l'association altermondialiste va rapidement repartir de l'avant.

Les militants du mouvement social ne doivent pas hésiter à investir de nouveau Attac pour qu'elle redevienne ce mouvement d'éducation populaire et de formation qu'elle a été pour toute la gauche de la gauche et notamment pour les jeunes militants à la recherche d'un premier engagement.
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme
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Jeudi 10 juillet 2008 4 10 /07 /2008 06:49
Depuis 1975, les principales puissantes de la planète se réunissent à huis clos pour échanger et proposer des réponses aux problèmes mondiaux. Lors de ses premières réunions, il s’agissait pour le G8 – Allemagne, Etats-Unis, France, Japon, Royaume Uni, rejoints en 1976 par le Canada et l’Italie, puis en 1999 par la Russie – de trouver des solutions à la fin du système monétaire international adopté en 1944 lors des accords de Bretton Woods (qui avait pour principe la convertibilité du dollar en or) et au premier choc pétrolier de 1973. D’emblée, ces Sommets annuels ont manifesté leur caractère oligarchique : les principales puissances mondiales se réunissent entre elles pour décider de ce qui est bon pour l’ensemble des peuples !

Rapidement, les réunions du G8 ont couvert l’ensemble de l’actualité mondiale ; et sont devenues le lieu du pouvoir mondial. Le G8 a en effet toujours émis des recommandations (le G8 ne prend aucune décision mais émet « seulement » des recommandations) permettant de mettre en place l’ordre néolibéral que l’on connaît aujourd’hui, grâce aux institutions financières internationales (Fonds monétaire international - FMI - et Banque mondiale - BM) où les Etats membres du G8 détiennent la majorité des voix.

Véritable directoire mondial, le G8 est illégitime : aucun des chefs d’Etat ou de gouvernement présents lors des Sommets des Huit ne dispose du moindre mandat démocratique pour gérer les affaires concernant l’ensemble de la planète. Le G8 ne saurait trop rappeler des époques passées lorsque les grandes puissances se partageaient le monde lors de discussions fermées...

Toutefois aujourd’hui le pouvoir du G8 est affaibli par celui de puissances émergentes. Mais ce ne sont pas les propositions de son élargissement aux membres du G5 (Chine, Inde, Brésil, Mexique, Afrique du Sud) qui pourront lui retirer son caractère illégitime !
Il est au contraire nécessaire de réformer et de renforcer une institution telle l’Organisation des Nations unies (ONU) afin qu’un véritable espace démocratique puisse voir le jour pour aborder les sujets concernant l’ensemble des peuples.

Mais peut-être sont-ce justement les peuples que les gouvernements voudraient ne pas voir...
A l’instar de la construction européenne où les chefs d’Etat ou de gouvernement n’hésitent pas à remettre en cause les suffrages populaires exprimés, le G8 cherche à faire taire la contestation et les propositions d’alternatives au néolibéralisme.

Ainsi, avant même le début du contre-sommet organisé par les ONG et mouvements altermondialistes, les entrées sur le territoire japonais ont été sévèrement restreintes. De nombreuses personnes (universitaires, journalistes, syndicalistes) connues pour leur expertise scientifique et pour leur rôle de contre-pouvoir ont été longuement interrogées ; certaines d’entres elles restant plus d’une douzaine d’heures dans les locaux de la police des frontières.

L’entrée au Japon a été refusée à 23 personnes, dont notamment celles des deux délégations coréennes de la Fédération des syndicats démocrates et des agriculteurs. D’autres personnes du Bangladesh, des Philippines, du Népal, etc. ont vu leur visa refusé bien qu’elles aient été invitées officiellement par des organisations reconnues pour leur participation aux forums. Quelques autres ont été autorisées à séjourner au Japon mais pour une durée significativement réduite, les empêchant d’intervenir lors des conférences publiques pour lesquelles elles avaient été invitées.

Comme lors du G8 en Allemagne l’an passé, ce sont des mesures d’exception qui sont appliquées à l’encontre des militants altermondialistes, assimilant la contestation pacifiste du système néolibéral à une opération terroriste en puissance.

Les arguments contradictoires à ceux portés par les gouvernements membres du G8 doivent pouvoir être exprimés librement au sein des forums et des manifestations. Toute entrave à la liberté d’expression est une atteinte aux libertés fondamentales reconnues dans les Etats démocratiques modernes.

Nous dénonçons les mesures policières déployées par les gouvernements à l’occasion des Sommets du G8 ; nous demandons la fin des arrestations des journalistes et des militants témoignant sur place de l’impopularité mondiale du G8 et de ses « recommandations » nous exigeons la suppression du G8 et la mise en place d’un organisme mondial démocratique soumis à la Déclaration des droits de l’Homme et auquel les autres institutions internationales (dont notamment l’Organisation mondiale du commerce - OMC) seraient subordonnées.

Attac France,
Montreuil, le 9 juillet 2008
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Mercredi 6 août 2008 3 06 /08 /2008 06:07
Attac prend acte de l’échec - un de plus - du Cycle de Doha et se félicite qu’un très mauvais accord ait été évité.

Ce qui était sur la table aurait eu des conséquences graves pour les pays du Nord, dont la France, notamment dans le domaine agricole et dans celui des services (à cause de l’AGCS), de même que pour les pays du Sud, en particulier dans le domaine de l’agriculture vivrière et des industries encore trop jeunes pour soutenir la concurrence des pays industrialisés. À force de vouloir que tout soit marchandise, que tout profite aux plus fortunés - hommes ou pays - on court forcément à l’échec. L’OMC ne sert plus à rien. Arrêtons de nous acharner sur ce Cycle de Doha. Sept ans, ça suffit !

Attac estime que cet échec doit être saisi immédiatement comme une occasion de proposer d’autres règles du commerce, respectant les besoins de l’ensemble des pays et des travailleurs du monde, ainsi que les équilibres écologiques de la planète. Il faut refuser que certains secteurs soit assimilés à des marchandises : l’eau, l’éducation, la santé, les services sociaux et tous les autres domaines qu’il faut préserver de la cupidité financière. Il faut accepter la leçon de la crise alimentaire et reconnaître que la souveraineté alimentaire est un droit qui doit transcender les règles marchandes. Il faut respecter le travail : les milliers de pages des textes de l’OMC ne contiennent pas un mot sur les droits des travailleurs. Il en va de même pour l’environnement, dont la protection est le plus souvent considérée comme un obstacle au commerce.

Il est grand temps que les États qui veulent aller de l’avant se réunissent pour tracer un autre cadre que celui de l’OMC, afin de fournir des règles justes au commerce. À cet égard, l’esquisse qui était contenue dans la Charte de La Havane de 1947 constitue une bien meilleure base que celle de l’OMC. Le mouvement altermondialiste, qui s’appelle dans ce domaine « Our World is not for Sale » (« Notre monde n’est pas à vendre ») et sa branche européenne, dont Attac-France fait partie, sont prêts à participer à ce travail d’élaboration d’un nouveau cadre qui vise le partage, la justice, le respect des droits humains et de l’environnement.

Attac France
Montreuil, le 30 juillet 2008
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Lundi 18 août 2008 1 18 /08 /2008 06:39
La crise financière déclenchée aux États-Unis à la suite d'une politique du crédit aussi absurde que dangereuse n'en finit pas de s'étendre et de produire ses dégâts. Pourtant, ce ne sont pas les avis rassurants qui ont manqué, ni les tentatives désespérées des banquiers centraux pour voler au secours des banquiers ordinaires au bord du gouffre.

Ainsi se vérifient trois axiomes de la finance mondiale :

1) la liberté de circuler du capital a un prix, celui de la baisse du « coût du travail », de la dégradation de l'emploi et de l'amputation des droits sociaux ;
2) les banques centrales abreuvent de liquidités un système financier spéculatif, pendant la montée d'une bulle et aussi après l'éclatement de celle-ci pour éviter les faillites en cascade ;
3) les gains sont pour les actionnaires, les pertes pour la collectivité.

Il n'y aura pas de bout du tunnel tant que les dogmes néolibéraux n'auront pas été abandonnés. La loi du profit maximal, la concurrence débridée et le marché sans entraves conduisent inexorablement aux crises financières répétées, au délabrement social, à la crise alimentaire pour une fraction importante de l'humanité, à l'impuissance face à la crise écologique planétaire et finalement à des politiques sécuritaires et agressives pour pallier les contradictions d'un système délirant.

Attac le répète depuis sa création, il y a dix ans : il est urgent de désarmer les marchés financiers, d'imposer des restrictions drastiques à la circulation des capitaux, de taxer toutes les transactions financières, de mettre le système bancaire sous contrôle démocratique, de placer les institutions internationales sous l'égide d'une ONU démocratisée, de supprimer les paradis fiscaux, d'annuler la dette des pays pauvres, d'assurer à tous les humains l'accès aux biens communs et de sortir enfin l'Europe du carcan libéral. Tant que cela ne sera pas fait, le tunnel n'aura pas de fin car les richesses continueront de se concentrer dans quelques mains, la pauvreté et la faim s'aggraveront, et la démocratie ne sera qu'un vain mot. Telles sont les vraies leçons à tirer d'une crise née des subprimes américains mais, au-delà, de la nature même du capitalisme néolibéral.

Attac en appelle à la conscience citoyenne de tous pour préparer des mobilisations fortes à la rentrée qui, seules, pourront mettre au pas les acteurs financiers. Attac donne rendez-vous à tous ses adhérents et sympathisants pour en débattre lors de son Université citoyenne du 22 au 26 août à Toulouse.

Attac France
Montreuil, le 13 août 2008
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Samedi 28 mars 2009 6 28 /03 /2009 12:00
Nous ne paierons pas pour leurs crises
Le 28 Mars, imposons nos solutions face au G20

Le G20, qui regroupe les gouvernements des 20 pays parmi les plus riches du monde, se réunira le 2 avril à Londres avec la prétention d’apporter des réponses à la crise. Nous qui intervenons sur les terrains sociaux, économiques, écologiques, de la paix ou de la solidarité internationale savons les dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés.

Ces dégâts sont la conséquence d’un modèle ultra-libéral fondé sur le laisser-faire, l’accumulation des profits à court terme par une minorité, la spéculation financière, la répartition inégale des richesses, un système commercial injuste, le recours à l’endettement irresponsable et/ou illégitime, le productivisme, le pillage des ressources naturelles, la privatisation des services publics et la militarisation des rapports internationaux...

Cette crise frappe l’humanité dans son ensemble, à commencer par les plus vulnérables au Nord et les populations des pays du Sud qui sont victimes d’une crise dont elles ne sont pas responsables. Les moyens utilisés pour sortir de la crise se limitent, pour l’essentiel, à socialiser les pertes en vue de sauver sans réelle contrepartie le système financier et les multinationales. Où sont les moyens pour répondre aux demandes des populations ?

Le monde n’a pas besoin seulement de régulations placées sous la surveillance d’institutions internationales en partie responsables de la crise actuelle (FMI ou OMC notamment) ; il a besoin d’un nouveau système démocratique fondé sur le respect de tous les droits de l’homme, la satisfaction des besoins sociaux, le travail décent, la souveraineté alimentaire, le respect de l’environnement et la restauration des écosystèmes, la diversité culturelle, l’économie sociale et solidaire et une nouvelle conception de la richesse, basée sur son réel partage et une conception écologique et sociale du développement.

Face à la volonté du G20 de décider au nom de tous les pays et à la place des peuples du monde entier, il est important de faire entendre et d’imposer d’autres solutions pour sortir de la crise et de les inscrire dans les dynamiques sociales déjà engagées, en France comme dans d’autres pays. En cohérence avec les mobilisations syndicales du 29 janvier et du 19 mars en France, la journée mondiale d’action organisée le 28 mars en lien avec la réunion du G20 doit nous permettre de porter ces propositions et revendications au cœur du système néolibéral. A cette occasion, nous appelons la population à participer massivement aux actions qui seront organisées dans notre pays.

Rejoignez le mouvement international de mobilisation du 28 mars 2009 !

A Paris, rendez-vous Place de l’Opéra le 28 mars à 14 heures Pour des actions de rue et une manifestation.

Associations et syndicats signataires de l’appel :
Agir contre le chomâge - AC !, Aitec/Ipam, Les Amis de la Terre France, Association pour l’emploi, l’information et la solidarité - APEIS, Attac France, Cedetim, Confédération générale des SCOP – CGSCOP, CGT Finances, Convergence pour les services publics, Centre de recherche et d’information pour le développement - CRID, Fédération Artisans du Monde, Fondation Copernic, France Amérique Latine, Fédération syndicale unitaire - FSU, Habitat international coalition - HIC, Ligue des Droits de l’Homme - LDH, Marches européennes, Mémoire des luttes, Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples - MRAP, Réseau féministe Ruptures, Syndicat national de l’enseignement supérieur - SNESUP, SUD PTT, Union syndicale Solidaires

Organisations politiques en soutien :
Les Alternatifs, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche, Les Verts, Parti Communiste Français
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Les antilibéraux
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Samedi 30 janvier 2010 6 30 /01 /2010 06:30
attacL’orchestration de la propagande en faveur d’une nouvelle réforme des retraites a accéléré son tempo. Après les exigences exprimées par le Medef tout au long de l’année 2009 pour reculer l’âge de la retraite et la certitude affichée par le gouvernement d’y procéder, le Conseil d’orientation des retraites a remis au Parlement son rapport qui étudie le passage d’un système par répartition par annuités à un système par points ou par comptes notionnels.

Le résultat des réformes de 1993, 2003 et 2007 est désastreux : l’allongement de la durée de cotisation à 40 et bientôt 41 ans, le calcul de la retraite sur les 25 meilleures années au lieu des 10 pour les salariés du privé et l’indexation sur les prix et non plus sur les salaires et la productivité ont conduit à une baisse des pensions de 15 à 20 %. Cela n’empêche pas l’aggravation des déficits des caisses de retraite, essentiellement due à la crise, et les entreprises continuent d’évincer les salariés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits.

Le COR examine les effets des trois leviers disponibles pour piloter l’équilibre du système de retraite. Il note que « l’effet positif d’une hausse du taux de cotisation sur le solde du régime est immédiat et durable » et c’est le seul levier pour lequel les effets sont si positifs. Pourtant, l’augmentation du taux de cotisation est absente des solutions et le gouvernement s’apprête à utiliser une fois de plus un seul levier, celui de l’allongement de la vie active, soit en reculant l’âge légal du départ à la retraite, soit en allongeant encore la durée de cotisations, dont les conséquences seraient pires que celles des précédentes réformes, compte tenu de l’aggravation des conditions de travail et de la précarité accrue. En focalisant sur l’emploi des seniors, il ne favorise pas la lutte contre le chômage des jeunes, ni le taux d’emploi des femmes. Et il ignore le fait que la descendance finale des femmes est à un niveau suffisant pour renouveler les générations.

Le COR imagine alors ce que donnerait un changement complet de système.
Disons-le nettement : ce serait une catastrophe. Que ce soit par points ou par comptes notionnels, il s’agirait de se débarrasser de la contrainte d’avoir à assurer un taux de remplacement minimal du salaire. Cet objectif serait atteint dans un système par points en jouant sur la diminution de la valeur du point, et, dans un système par comptes notionnels, en neutralisant l’effet de l’âge de départ à la retraite puisque la somme perçue par le retraité pendant tout son temps de retraite serait répartie en fonction de l’espérance de vie de sa génération. Dans les deux cas, la plupart des salariés, et surtout les salariés pauvres et effectuant les travaux pénibles, seraient obligés de travailler toujours plus longtemps.

Le résultat serait sans appel : le COR estime à 15 % la nouvelle baisse des pensions à prévoir. De plus, le COR reconnaît qu’un système notionnel, censé s’équilibrer automatiquement, n’y parvient pas car les incertitudes tenant aux évolutions économique et démographique, qui sont le propre de tout système de retraites, ne sont pas atténuées. En revanche, un système par points ou par comptes notionnels qui serait accompagné d’une diminution des droits non contributifs tendrait à aligner le système par répartition, vidé ainsi de son contenu, sur un régime d’épargne individuelle. Il ne resterait plus qu’à reprendre une campagne de publicité pour promouvoir des fonds de pension aujourd’hui défaillants.

La question des retraites ne sera pas résolue tant qu’on ne s’attaquera pas à la racine du problème : la répartition fondamentale entre revenus du travail (retraites incluses) et revenus du capital, qui est elle-même liée à l’emploi et à la durée du travail. Tant que le tabou de ne pas accroître les cotisations patronales, soit en augmentant le taux, soit en élargissant l’assiette, dominera, rien ne sera possible hormis l’aggravation de la pauvreté, des inégalités et des discriminations envers les femmes.

Attac, qui a joué un rôle important en 2003 pour décrypter les mensonges et les bêtises entourant la question des retraites, s’engagera résolument au côté de ceux qui prendront le parti de la solidarité et qui refuseront celui de l’accaparement des richesses par une minorité.

Attac France,
Montreuil, le 28 janvier 2010
Par David NOËL - Publié dans : Altermondialisme - Communauté : Parti Communiste Français
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