Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président,

Vous semblez découvrir ce que nous n’avons cessé de dénoncer : après des années de progrès constants, de hausse du niveau de formation des jeunes, le système éducatif peine encore à remédier à l’échec scolaire de milliers de jeunes en difficulté.

Mais cette crise est d’autant plus urgente à traiter qu’elle s’inscrit dans une société qui voit grandir les inégalités sociales et territoriales. S’il y a des difficultés dans l’Ecole, elles renvoient aussi, tout le monde le sait, à des difficultés vécues au quotidien hors de l’école par des milliers d’enfants et de jeunes. Non, tous les enfants n’ont pas les mêmes chances au départ, tous les jeunes n’ont pas les conditions de vie, de santé, d’équilibre qui leur permettent, sans accompagnement, d’accéder aux apprentissages, de se projeter dans l’avenir.

Aider efficacement les jeunes les plus en difficulté, former les enseignants pour cela, combattre les inégalités sociales et le danger que représenterait l’instauration d’une Ecole à deux vitesses, ouvrir un avenir positif pour tous les jeunes, rien de plus difficile, rien de plus compliqué sans doute, mais rien de plus indispensable pour les jeunes, pour nous, pour l’avenir du pays. C’est pourquoi l’Ecole doit réussir à se transformer.
C’est ce défi là que doit relever le Service Public d’Education, parce qu’il est le seul à pouvoir le faire, pour tous, et pas seulement pour les plus favorisés ou les « méritants ». C’est une question d’avenir, c’est un enjeu de démocratie.

« Egalité des chances » ou « ambition-réussite », ces grands mots, tout comme les polémiques stériles sur les méthodes d’enseignement, ne peuvent tenir lieu de politique de transformation démocratique de l’Ecole.
Au contraire, supprimer des milliers de postes, réduire l’offre d’enseignement pour tous, libéraliser la carte scolaire pour laisser se développer des ghettos scolaires, jouer la concurrence entre établissements, annoncer un collège éclaté, favoriser l’école privée, c’est menacer gravement le service public. Comment avancer avec une politique guidée par la seule réduction des coûts ?

Tristement historique, la suppression de 11 200 emplois dans l’Education nationale (et peut-être plus dans les années à venir), s’ajoutant aux milliers déjà subies, annonce encore plus de précarité, de difficultés, pour tous, personnels, familles, élèves. C’est inacceptable. L’école, les enfants et les jeunes méritent mieux.

L’avenir des enfants d’aujourd’hui, leur formation de citoyen et leur insertion professionnelle ne peuvent pas se réduire à un problème de « rentabilité » du système, encore moins s’organiser en sélections successives avant le collège, les lycées ou l’université.

Leur avenir se joue dès la maternelle, il se joue dans des classes moins chargées, il se joue dans un collège pour tous, il se joue dans la mise en oeuvre de pédagogies et d’organisations prenant en compte chacun, permettant l’accès de tous aux savoirs, à la culture. Il se joue certes avec des études dirigées, mais aussi et surtout avec une meilleure cohésion de la communauté éducative, des enseignants formés, des personnels pour accompagner, aider à tous les niveaux enfants et adolescents.

Nous voulons une politique éducative ambitieuse faisant avancer notre École publique en mettant au cœur la réussite de tous les jeunes. Nous voulons pour cela d’autres choix, un autre budget, une autre politique.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute considération.

Cé, CRAP-Cahiers pédagogiques, FAEN, FCPE, FERC-CGT, FIDL, FSU, GFEN, ICEM-Pédagogie Freinet, Ligue de l’enseignement, SGEN-CFDT, UNEF, UNL, UNSA Education.

http://www.lettreouverteaupresident.org/?petition=1
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
La section académique du SNES appelle tous les personnels à la grève le 18 octobre rejoignant l’appel de la majorité des syndicats de la SNCF, de la RATP et  de plusieurs fédérations de la Fonction Publique :   Ø       Parce que face à l’offensive gouvernementale contre les droits des salariés, retraites, sécurité sociale, accès aux services publics, il faut une réponse unitaire.   Ø       Parce qu’il faut montrer au gouvernement que nous ne laisserons pas détruire la Fonction Publique.   Ø       Parce qu’il faut montrer au gouvernement que nous entendons défendre le service public d’éducation et ses personnels.      Ensemble pour une autre politique, un autre budget http://www.lille.snes.edu/spip9/IMG/pdf_LE_SNES_APPELLE_A_LA_GREVE_LE_18_octobr1.pdf  (TRACT du s3 de Lille)     Cet appel est très large   mais il n’est malheureusement pas complètement unitaire.   Mais comment peut-on attendre quand on sait que l’académie a déjà perdu 3500 postes en 5 ans et se trouve menacée de 1500 nouvelles suppressions si le budget est voté ?   Ne renonçons pas à l’unité et  inscrivons nous  dans une démarche de convergences en proposant des débats publics le 5 octobre, à Arras et Lille  à l’appel de l’intersyndicale éducation. http://www.lille.snes.edu/spip9/spip.php?article1290 (invitations Lille et Arras)
Répondre