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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Liberte62Nicolas Sarkozy n’a même pas besoin de nommer lui-même le futur patron de France Télévisions. Jamais le pouvoir d’un chef d’Etat d’un pays démocratique n’a été aussi grand, ses liens avec les grandes entreprises aussi apparents, sa stratégie de détournement de l’attention aussi évidente.

François Fillon annonce 30 000 suppressions de postes dans la Fonction Publique dont 13 500 dans l’Education Nationale. L’information est expédiée en quelques lignes. Pas un mot non plus, au journal de TF1 ou de France 2 sur les menaces qu’une ouverture de capital de La Poste ferait peser sur le service public postal. Car au-delà d’un changement de statut et d’un simple apport de capital, c’est la privatisation de l’entreprise publique qui est en marche avec son cortège de fermetures programmées de plusieurs milliers de bureaux de poste. Sous couvert des directives de Bruxelles, c’est en fait le gouvernement qui organise la privatisation et le démantèlement de La Poste pour mieux servir les intérêts de la Société Générale et casser un des derniers symboles du service public. 

A part L’Humanité, qui dénonce cette logique de marchandisation qui se poursuit, quels qu’en soient les coûts pour les salariés et les consommateurs ? Personne ! Intarissables sur la libération d’Ingrid Bétancourt et le dernier album de Carla Bruni, TF1 et France 2 sont d’une remarquable discrétion sur la casse de La Poste et de la Fonction Publique. Dans les colonnes du  Figaro et de Libération comme sur les écrans de télévision, on retrouve la même hiérarchie de l’information et les visages de femmes se succèdent, au rythme des emballements médiatiques.

En ce début de juillet, les héroïnes médiatiques se nomment Ingrid et Carla : Ingrid Bétancourt libérée par les forces spéciales d’Alvaro Uribe, Ingrid Bétancourt qui va retrouver sa famille, Ingrid Bétancourt qui remercie Dieu, Ingrid Bétancourt en pèlerinage à Lourdes, Ingrid Bétancourt invitée d’honneur du 14 juillet, qui se fait porter pâle, Ingrid Bétancourt qui reçoit la légion d’honneur… Chaque jour, dans les journaux, à la radio ou sur les écrans de télévision, le feuilleton Ingrid Bétancourt se décline à toutes les sauces, à peine interrompu par les adieux de PPDA, dont on ne regrettera pas « l’insolence » supposée, une insolence qui ne transparaissait pas souvent, c’est le moins qu’on puisse dire…

Autre feuilleton et autre démission médiatique que le feuilleton de la parution du troisième album de Carla Bruni, « Comme si de rien n’était », sorti en grande pompe le 11 juillet dernier. On ne s’étonne qu’à moitié de trouver des portraits complaisants de la première dame de France dans les colonnes du Figaro, mais quelle déception de voir Libération ouvrir le bal, dès le 21 juin dernier, allant jusqu’à proposer à Carla Bruni d’être « rédactrice d’un jour » du quotidien dont Laurent Joffrin ambitionne de faire « la maison commune de la gauche ». Réveille-toi, Jean-Paul Sartre, ils sont devenus fous !

Comme dans tout conte de fée, il y a besoin d’une méchante qu’on tournera en dérision. Ségolène Royal endosse le rôle avec le talent qu’on lui connaît. Excellant dans l’art de la provocation, l’ex-candidate à la présidentielle accuse Nicolas Sarkozy de récupération politique dans le dossier Ingrid Bétancourt, ce qui est assurément le cas et d’être derrière le cambriolage de son appartement.
Cette stratégie de coups médiatiques mâtinée d’un social-libéralisme affirmé lui suffira-t-elle pour récupérer des adhérents socialistes qui doutent et prendre la tête du PS lors du prochain congrès ? En tout cas, elle participe d’une personnalisation de la vie politique et d’un recul idéologique qui n’ont rien de rassurant. 

Car pendant que défilent les visages d’Ingrid, Carla et Ségolène, vous ne saurez rien sur Edvige… EDVIGE, c’est le nouveau fichier (Exploitation Documentaire et Valorisation de l’Information GEnérale) mis en place par la Direction centrale de la sécurité publique le 1er juillet dernier.
Ce fichier policier recensera de manière systématique et généralisée toute personne « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ».  Sans exception, toutes les personnes engagées dans la vie de la cité sont donc visées et le gouvernement ne compte pas en rester là : EDVIGE permettra de compiler toutes les notes de renseignements telles que les fréquentations, l’appartenance ethnique, les orientations sexuelles ou encore les opinions politiques, religieuses ou syndicales de plusieurs milliers de personnes.
Les mineurs ne seront pas épargnés puisque leur fichage sera autorisé dès l’âge de 13 ans.
A l’appel de la Ligue des Droits de l’Homme et de la Fondation Copernic, une pétition (http://nonaedvige.ras.eu.org/) a déjà rassemblé plus de 6 000 signatures. Le Parti Communiste en est évidemment signataire.

Ingrid, Carla, Ségolène… Le feuilleton médiatique s’auto-alimente pour mieux cacher la réalité d’une politique libérale et autoritaire, dont le fichier Edvige n’est que le dernier avatar. Cette politique, les communistes doivent la dévoiler et la combattre. Et si sortir du feuilleton où ils voudraient nous enfermer était simple comme un clic ?

Ingrid, Carla, Edvige et les autres...
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