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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Chère Marie-George,

J’aimerais que l’on mette les points sur les i au prochain conseil national du 19 novembre. Le choix des communistes risque d’être remis en cause. Bafouant nos statuts qui constituent notre loi commune, une partie de l’équipe dirigeante se livre à des tentatives multiples pour dévoyer le vote des adhérents. Faire respecter leur choix est essentiel pour que le 34ème congrès soit un congrès exceptionnel qui scelle l’unité des communistes. C’est une exigence si l’on veut rétablir la confiance !

Qu’une partie de la direction continue d’être favorable à la création d’une nouvelle force politique n’est pas en soi choquant. En revanche que cette frange fasse semblant d’ignorer que l’immense majorité des communistes veut préserver un PCF autonome et tente de lui imposer un autre choix : là, je dis attention, danger de division. Depuis plusieurs congrès, la base militante se sent méprisée. En ne respectant pas son expression, on ouvrirait la porte à la paralysie, au déchirement et à l’éclatement.

En choisissant de ne pas présenter de texte alternatif, alors qu’ils sont en désaccord avec l’orientation de la base commune qui affirme la nécessité du PCF, les camarades qui se prononcent pour une autre formation politique ont cherché à camoufler derrière l’abstention, le non vote, le vote blanc ou nul, le fait qu’ils sont minoritaires. L’assemblée générale des communistes, en décembre 2007, était claire sur ce point. En jouant la confusion au moment où la lame de fond de la crise financière s’apprête à déferler sur notre peuple, ils portent une lourde responsabilité. C’est le moment où jamais de parler clair et de serrer les coudes. De faire preuve d’esprit de responsabilité. L’heure n’est vraiment pas aux petits calculs personnels et aux querelles de chapelle. Nous devons faire corps avec les adhérents, avec tous les communistes.

Soyons clairs : le vote sur les textes indique un réel mécontentement des communistes qui ne se retrouvent pas dans la base commune. Mais le résultat du scrutin, notamment, au regard du vote au précédent congrès, la progression des textes alternatifs qui veulent le renforcement politique et idéologique du PCF, indique nettement dans quel sens ils veulent aller. Après le vote des textes, le Parti Communiste Français doit entrer dans le vif du congrès avec les assemblées de cellules, là où elles existent, les conférences de section et départementales, enfin le congrès par lui-même.

C’est le moment de mettre en œuvre des pratiques démocratiques inédites que tous les communistes appellent de leurs vœux. Ces pratiques doivent respecter les statuts, ce qui n’empêche pas de proposer des modifications que le congrès pourrait entériner. Nous devons veiller, sans parler d’arithmétique, que le choix des communistes se reflète dans les conférences et le congrès. L’élection des délégations à chaque niveau doit requérir toute notre attention. De la façon dont elles seront constituées dépend la qualité démocratique du congrès.

Deux critères sont essentiels :

- il faut encourager au maximum l’élection de camarades issus des milieux populaires et du monde du travail, implantés parmi eux. Cela suppose du volontarisme. La vie politique française, le comportement des élites agissent comme des repoussoirs. Le traumatisme des années Jospin est loin d’être résorbé chez les militants les plus touchés par les agressions du capitalisme.

- l’affirmation majoritaire des communistes en faveur du maintien de l’existence du PCF doit se refléter dans les délégations, en ayant le souci d’une réelle représentativité des différentes approches et conceptions du devenir du PCF. C’est la garantie d’un débat franc, loyal, fructueux. C’est la garantie d’élire des directions ayant une réelle légitimité, sous peine de tri sélectif qui écarte des adhérents. C’est la logique de l’appareil étouffant la voix plurielle des communistes.

S’il est un terrain sur lequel le PCF doit innover, c’est bien celui-là. Il faut en finir avec les pratiques de secret, de cooptation, de préparation opaque des élections. La question des directions doit devenir pleinement partie prenante du débat démocratique au sein du parti. Nous ne devons plus craindre l’expression des individualités encore moins les fuir ou les étouffer dans les carcans bureaucratiques. Le communisme du XXIème siècle revendique le droit à la personnalité, à l’originalité, à la différence, au non-alignement. Il faut absolument sortir d’une logique de « plus petit dénominateur commun » et promouvoir des cadres qui, tout en restant liés étroitement au parti, savent exprimer leur point de vue et prendre des risques politiques.

Quiconque est candidat à quelque poste que ce soit, proposé par lui-même, par une direction sortante ou par un groupe de communistes, doit clairement s’afficher devant l’ensemble des communistes. L’ambition doit être conçue non comme un péché, mais comme un levier.

Pour un bon déroulement du débat démocratique concernant les dirigeants, tu dois dire sans délai si tu es candidate ou non à ta succession. Dans la foulée, les successeurs potentiels doivent se déclarer.

Le caractère collectif des directions est une originalité historique du Parti Communiste Français. Le bureau politique, quand il existait, était à la fois une force de réflexion et une force de frappe formidables. Il faut revenir à un exécutif d’une quinzaine de membres composés de militants ayant des conceptions diverses, capables d’assumer cette diversité et surtout ayant envie de porter leur parti aux avant-postes de la lutte des classes.

Le conseil national doit être le parlement du parti, sa plus haute autorité politique. Pour retrouver une légitimité qu’il a complètement perdue, notamment avec un absentéisme qui touche largement plus de la moitié de ses membres. Il faut prendre une mesure marquante et modifier les statuts en ce sens avec l’élection des membres du Conseil National au suffrage direct de l’ensemble des adhérents.

Il nous revient de porter dans la situation actuelle, plus que jamais, les couleurs du Parti communiste français et de dire aux gens que l’on veut une société communiste pour remplacer ce capitalisme destructeur. Annonçons donc la couleur. Je pense d’ailleurs que cette idée manque dans le document de base commune et s’il y a une chose que je partage avec les autres contributions, c’est que l’on ne peut laisser cette base commune dans son état actuel, qu’elle a besoin d’être revue pour appeler à du communisme tout de suite, à une démocratisation du PCF avec une direction qui anime et dynamise, avec des dirigeants de terrain travaillant au rassemblement, aux luttes, pour des avancées politiques et pour l’émancipation humaine.

Henri Malberg vient de publier un livre qui tombe fort à propos. Bravo et merci Henri pour ton courage, ta lucidité.

André Gerin
Député Maire PCF de Vénissieux
8 novembre 2008
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