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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Cantons PDCLe premier tour des élections cantonales a eu lieu dimanche et a été marqué par une très forte abstention, au plan national, départemental et local ce qui rend difficile l'interprétation des résultats. Au plan national, on comptait plus de 55 % d'abstention, au plan local, près de 60 % sur le canton de Montigny-en-Gohelle et plus de 61 % dans la partie héninoise du canton.
Cette abstention est en partie liée à l'actualité, le tsunami et l'accident nucléaire au Japon ainsi que l'intervention occidentale en Libye ayant complètement éclipsé la campagne cantonale ces derniers jours. Si les médias ont peu parlé de l'élection cantonale, c'est aussi parce que la droite au pouvoir a tout fait pour qu'on n'en parle pas à coups d'écrans de fumée et de pseudos-débats sur l'islam et la laïcité. Minoritaire dans le pays, l'UMP avait tout à perdre de ces dernières élections avant la présidentielle de 2012 qui risquaient fort de se traduire par un vote sanction. De plus, ces élections étaient les dernières élections cantonales sous cette forme, sauf changement de majorité en 2012 et abrogation de la loi sur la réforme territoriale que nous avons combattue et qui vise ni plus ni moins à asphyxier les départements au profit des métropoles tout en renforçant le bipartisme en supprimant les élections régionales au scrutin proportionnel. 

Mais l'abstention est aussi liée à la nature des élections cantonales qui sont des élections compliquées. On vote dans un canton, pour des conseillers généraux, qui siègent au département. Seul un canton sur deux est renouvelable. Dans certains quartiers, on vote d'un côte de la rue tandis que l'autre côté de la rue ne vote pas. Les électeurs ne s'y retrouvent pas.
Cette abstention est aussi le signe d'une vraie fracture civique. De plus en plus de nos concitoyens pensent que ça ne sert plus à rien de voter, que leur vote ne changera rien, que la politique est réservée à des initiés. Au porte-à-porte, on a pu constater ce type de réaction de rejet de la politique et cela doit nous interroger.

Au plan national, le PCF est à la tête de deux conseils généraux : le Val de Marne et l'Allier, conquis de justesse en 2008. Nos objectifs étaient de réélire nos sortants, de conserver ces deux conseils généraux et d'aller à la reconquête du conseil général de la Seine-Saint-Denis, passé au PS en 2008. Au soir du premier tour, alors qu'on pronostiquait la perte des deux conseils généraux PCF, le PCF a fait mieux que résister, ses candidats l'emportant sur les candidats PS/Europe Ecologie dans le Val de Marne et dans plusieurs cantons de Seine-Saint-Denis.

Resultats cantonales 2011 NPDCAu plan départemental, le PCF était à la tête de 10 cantons sur 77 depuis les dernières élections cantonales de 2008. A l'époque, nous avions perdu un canton (celui de Liévin-sud de l'ancien maire de Grenay, Daniel Breton) et nous en avions gagné un (celui d'Auchel avec le maire de Burbure, René Hocq). En juin 2010, suite à la démission d'Alain Wacheux, Daniel Dewalle avait remporté le canton d'Houdain à la faveur d'une cantonale partielle avec seulement 25 % de participation.
Le PCF partait donc dans le département avec l'ambition de réélire ses six sortants dans les cantons d'Avion, Rouvroy, Vitry-en-Artois, Lillers, Houdain, et Calais Sud-Est. En moyenne départementale, nous obtenons plus de 14 % des voix. Au vu des résultats du premier tour, nous devrions réélire tous nos sortants. Daniel Dewalle sera seul en lice dimanche prochain, Jean-Marc Tellier et Dominique Watrin, qui ont tous les deux dépassé les 50 % au premier tour, mais sont contraints à un second tour faute d'une participation suffisante, ainsi que Martial Stienne et Marcel Levaillant affrontent des candidats FN tandis que Lucien Andriès est arrivé en tête devant un candidat de droite. La bonne surprise, c'est la première place de Jacky Hénin dans le canton de Calais Nord-Ouest face à la droite. Jacky Hénin pourrait l'emporter dans ce canton dimanche prochain, première étape vers la reconquête de Calais aux municipales de 2014.

Dans notre canton de Montigny-en-Gohelle, Edmond Bruneel obtient 506 voix et 8,93 % des voix. Il se classe 4ème derrière Steeve Briois (2033 voix, 35,88 %), Jean-Marie Picque (1768, 31,20 %) et Pierre Ferrari (582, 10,27 %). Edmond Bruneel est en recul en terme de voix, mais l'abstention a été beaucoup plus forte et en terme de pourcentage : en 2004, il avait obtenu 9,5 % des voix.
Sur Montigny-en-Gohelle, Edmond progresse légèrement en pourcentage (il passe de 11,5 à 11,9 %) et nous perdons deux points sur Hénin-Beaumont où nous passons de 7,5 % des voix à 5,63 % (153 voix). C'est évidemment une déception. Malgré les quatre tracts que nous avons distribué, malgré le porte-à-porte, notre présence sur les marchés, nous sommes en recul sur Hénin-Beaumont. Nous payons le prix de l'abstention populaire qui touche plus notre électorat que l'électorat des Verts, qui se classent devant nous à Hénin-Beaumont sans avoir réellement fait campagne et profitent sans doute d'un effet Fukushima comme ils ont profité d'un effet Home aux dernières élections européennes.
Steeve Briois obtient 43 % des voix sur Hénin-Beaumont et dépasse la barre des 50 % dans deux bureaux sur sept. Au deuxième tour, Steeve Briois pourrait arriver en tête à Hénin-Beaumont, même si mathématiquement, Jean-Marie Picque devrait l'emporter au final.

Edmond Bruneel a bien entendu appelé à battre le Front National dimanche prochain et un tract va être distribué.

De son côté, Pierre Ferrari a perdu son pari contre Jean-Marie Picque. Son score de 11,5 % sur Hénin-Beaumont où le conseiller général sortant obtient 21 % est une déception. Deux tiers des électeurs socialistes ont préféré la continuité au renouveau. Depuis notre défaite aux municipales de 2009, Pierre Ferrari a voulu poursuivre contre sa fédération et ses principaux barons le combat qu'il avait commencé contre Dalongeville, comme ailleurs, des socialistes se battent contre le système Frêche ou le système Guérini. L'électorat socialiste s'est montré légitimiste et ne l'a pas suivi, mais Pierre Ferrari a prouvé qu'il représentait quelque chose sur Hénin-Beaumont. Il a derrière lui toute une équipe, sa notoriété est importante et il sera incontournable si la gauche doit se rassembler en 2014, tout comme Eric Mouton, tout comme les Verts et le PCF.

En tout état de cause, ces résultats doivent interroger toutes les forces de gauche. A l'heure où le FN pourrait dépasser la barre des 50 % dans les bureaux de vote héninois, il y a le feu à la maison. Va-t-on continuer à se regarder en chiens de faïence, en refusant de travailler avec untel ou untel, en mettant des veto sur tout le monde, en traitant les uns de faux-républicains et de sectaires, les autres de revenchards et d'ambitieux ?
En 2007, Pierre Ferrari, Eric Mouton, Jean-Pierre Policante, Régine Calzia et moi-même avions constitué le "Club des Cinq". A la fois contre Dalongeville et contre le FN, nos valeurs étaient les mêmes que celles de l'AR, que celles d'Alain Alpern. Daniel Duquenne, Georges Bouquillon et Christine Coget étaient des partenaires. Aucun d'entre nous ne rêvait la nuit d'être maire d'Hénin-Beaumont, mais nous avions juste le souci de l'intérêt collectif. De là où il est, Gérard Dalongeville doit bien rire de nos divisions et de nos rancoeurs, c'est lui qui nous a divisés, certains acceptant de le rejoindre dans un front républicain contre le FN, d'autres s'y refusant.
Et simplement pour ça, nous ne pourrrions plus retravailler ensemble ? La gauche serait condamnée à être éclatée ? L'AR nous traiterait ad vitam aeternam de complices de Dalongeville et nous riposterions sur le même ton en dénonçant leur sectarisme ? Il faut tourner la page, pacifier le débat politique et parvenir à se reparler, à se respecter, à retravailler ensemble, sans arrière-pensées, sans volonté hégémonique, sans ambitions personnnelles, sans mettre de veto sur personne.
Notre section prendra très prochainement une initiative dans ce sens.

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E


Bravo pour cet article David , que j'approuve entièrement .



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M


Bien David pour travailler tous ensemble, mais pour moi, toutes les forces de gauche auront du mal à travailler ensemble, à mettre leur rancoeur dans leur poche.


Le FN va attiser ces rancoeurs car le proverbe dit qu'il faut diviser pour régner. Ils ne manqueront pas d'exploiter des anciennes photos pour influencer l'Alliance Républicaine à ne pas
travailler avec toi et c'est dommage, car Dalongeville à son époque ne t'avait pas épargné.


Combien de fois il a essayé de t'humilier et quel courage tu as eu de lui résister.


Continue, tu es sincère et intègre !



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P


je suis tout à fait d'accord avec toi,david


pacem in terris héninum.



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