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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

CGT EducationApprentissage : Quelle différence entre le programme de Nicolas Sarkozy et les choix du Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais ?


Dans le cadre de la préparation de la rentrée 2012, lors du Comité Technique Académique du 17 janvier, la Rectrice a présenté un projet de parcours mixtes en bac Pro : l’année de 2nde en formation initiale sous statut scolaire, les années de 1ère et Terminale en apprentissage. Trois Lycées Professionnels du Pas de Calais et cinq du Nord étaient concernés. La Rectrice devait obtenir l’accord du Conseil Régional.

L’intersyndicale des lycées professionnels a donc interpellé le Conseil Régional pour qu’il ne donne pas son accord. Nous avons été reçus par Jean-Marie Alexandre, 3ème vice-président (délégation : lycées et Schéma régional des formations). Il nous a affirmé que le Conseil Régional était contre le projet rectoral et qu’il n’y avait eu aucune concertation. [...]

Pour s’opposer aux 1 020 suppressions d’emplois prévues et à cette expérimentation sauvage de parcours mixtes, des rassemblements ont eu lieu devant le rectorat, à l’initiative de la CGT Educ’action, lors des CTA des 19 et 26 mars. La Rectrice, avec sa conception si particulière du « dialogue » social, a refusé de recevoir l’intersyndicale sur l’avenir de la voie professionnelle dans l’académie alors que sur les 589 suppressions d’emplois prévues dans le 2nd degré, environ 500 seront dans les seuls LP.

Afin d’interpeller la Région sur sa responsabilité en matière de carte des formations, à l’initiative de la CGT Educ’action, un rassemblement a eu lieu devant le siège du Conseil Régional le mardi 17 avril. L’intersyndicale (CGT, A & D, UNSA, FSU) a été reçue en audience par Philippe Kemel, 13ème vice-président (délégation : apprentissage).

Après nous avoir flatté, en disant qu’il était d’accord avec nous, que l’apprentissage ne devait pas être en concurrence avec la formation initiale, M. Kemel nous a informé que la commission avait donné des avis défavorables et qu’aucune des formations 1 + 2 demandées par la Rectrice n’avaient été validées. Il a affirmé : « Notre position est claire. Ce sera le 2 + 1 ». Il confirmait donc les écrits de M. Alexandre pour la mise en place de parcours mixtes, avec l’apprentissage en dernière année, concernant uniquement 2 établissements à la rentrée 2012 : Bac Pro Technicien Constructeur Bois au LP Camille Claudel de Fourmies et un bac Pro chimie au LP Cousteau de Wasquehal. M Kemel a joué les étonnés devant notre refus de la mise en place de parcours mixtes, prétendant que la formule 2 + 1 répondait à la demande des organisations syndicales. [...]

M. Kemel nous a assuré que « le Conseil Régional a demandé au Rectorat que des garanties soient données aux élèves qui n’auraient pas de contrat pour qu’ils puissent terminer la formation en voie scolaire ».
L’audience a été très difficile. M. Kemel coupait régulièrement la parole et plus particulièrement aux interlocutrices. Visiblement il ne souhaitait pas entendre nos arguments, son but était de nous asséner son plaidoyer pour l’apprentissage : « Nous avons mis à égal niveau la voie scolaire et la formation en apprentissage. L’apprentissage doit avoir autant de valeur. L’apprentissage ne doit pas être une formation de 2nd rang. L’apprentissage aujourd’hui s’éloigne de plus en plus de ce qui existait avant. Pour les centres de formation on a introduit le contrôle qualité. L’entreprise est un lieu de formation ». Alors qu’il y a eu plusieurs interventions pour rappeler que les jeunes sous statut scolaire faisaient 22 semaines de stage et que le contact avec l’entreprise existait malgré toutes les difficultés pour trouver les lieux de stages, pour M. Kemel, le seul vrai contact avec l’entreprise c’est le contrat de travail en apprentissage.

M. Kemel refuse que nous utilisions le terme d’expérimentation pour les 2 sections mixtes qui ont été acceptées. Pourtant derrière le terme expérimentation, il y a l’idée de prise en compte des erreurs, de faire un bilan et d’arrêt éventuel si les résultats ne sont pas probants. Refuser l’appellation d’expérimentation peut signifier que pour le Conseil Régional, c’est une acceptation définitive de ce type de parcours au même titre que les différentes sections d’apprentissage créées tous les ans.

La secrétaire académique d’A & D a essayé d’expliquer les conséquences des parcours mixtes pour les personnels et pour leurs statuts. Elle a rappelé que les collègues avaient été recrutés par concours pour enseigner en formation initiale. Alors qu’elle évoquait les différences entre enseigner en formation initiale et s’adresser à des apprentis, M. Kemel lui a brutalement coupé la parole, il s’est mis en colère de façon totalement déplacée, se déclarant choqué dans ses convictions en accusant la collègue de vouloir sélectionner ses élèves alors qu’elle devrait s’adresser à tous les publics car c’était la mission du service public. Il a carrément annoncé qu’il faudrait changer les statuts.

Et puis lorsque nous l’avons interpelé sur notre revendication d’abrogation du BAC Pro 3 ans, des programmes qui lui sont associés et des CCF, il n’a même pas daigné répondre, prouvant ainsi que sur cette question là aussi, les positions du Parti Socialiste et de l’UMP étaient les mêmes. Alors que les parcours mixtes supprimeront à terme des emplois, M. Kemel a juste évoqué la promesse de création de 60 000 emplois, sans préciser bien sûr que ce serait étalé sur 5 ans et par redéploiement. Où seront supprimés les emplois qui pourraient être créés à l’Education Nationale, mystère !

En fin d’audience, M. Kemel a évoqué la volonté du Conseil Régional (en accord avec la position de l’Association des Régions de France d’ailleurs) de mélanger dans les mêmes sections les différents publics (élèves, apprentis, adultes en formation continue). Selon lui, les différentes expériences seraient enrichissantes pour chacun. Lorsqu’on évoque les difficultés de faisabilité dans la réalité avec des publics qui n’auraient pas les mêmes horaires et les mêmes contraintes, il est incapable de répondre sauf que c’est bien et qu’on pourrait envisager de mettre éventuellement deux professeurs simultanément pour encadrer un groupe.

L’audience s’est terminée, car M. Kemel avait hâte d’aller assister au meeting de son candidat. Il avait peut être peur de ne plus avoir de place dans les rangs VIP !

Conclusion de cette audience : Nous avons été confrontés à un élu régional, sûr de détenir la vérité contre tous, qui a voulu nous faire la leçon, qui nous a coupé la parole (surtout aux femmes), qui a remis en cause notre façon d’exercer notre métier, qui a réécrit les positions syndicales à son idée, qui nous a fait « une grosse colère de gamin de 3 ans parce que maman n’a pas voulu lui acheter son jouet ».

Finalement son comportement était peu différent de celui de Jean-Michel Blanquer, Directeur Général de la DGESCO, qui a traité dernièrement d’irresponsables, les membres du Conseil Supérieur de l’Education. On peut être très inquiet pour l’avenir, sur la façon dont seront renoués les fils du dialogue social au Ministère de l’Education Nationale et en Région si nos futurs interlocuteurs sont à l’image de cet élu régional. Il est plus qu’urgent que les politiques s’achètent un manuel de « bonnes manières » et qu’ils le potassent afin d’être un peu plus respectueux de leurs interlocuteurs lors des futures audiences !


Brigitte CRETEUR


Télécharger le compte-rendu de rencontre de la CGT Education Nord-Pas-de-Calais

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fondamentaux 20/05/2012 12:57


Ah bon ? parce que Monsieur Kemel est socialiste ?


Monsieur Kemel appartient à un clan pour bénéficier des prébendes que s'octroient ceux qui appartiennet à ce clan; mais s'il avait une doctrine de gauche, cela se saurait.


Il commencerait par dialoguer avec ses partenaires communistes et les authentiques miltants socialistes avant de jouer à "Monsieur au dessus de la plèbe".


Un peu d'humilité, et il pourrait envisager acquérir quelques éléments de gauche, mais autant tirer de la farine d'un sac de charbon.