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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Bertrand-Pericaud-2.jpgBertrand Péricaud, ancien secrétaire de la section locale du PCF, est président de la commission du développement économique au sein du conseil régional, où il est élu depuis 2010. Mardi, il a rencontré la presse pour expliquer le sens de son action.

Bertrand Péricaud, ancien secrétaire de la section de Calais du PCF (et aujourd’hui l’un des cinq secrétaires fédéraux), est conseiller régional depuis 2010. Mardi, il a organisé une rencontre avec la presse, afin de faire la lumière sur son travail, travail qui reste le plus longtemps dans l’ombre. « Ce qui m’intéressait, c’était de travailler sur l’avenir de l’activité industrielle, de me battre pour elle. En tant que président de la commission du développement économique, je suis en mesure de le faire », explique-t-il. Une tâche ardue qui a amené Bertrand Péricaud à se « faire toutes les boutiques en difficulté », à y rencontrer les partenaires sociaux, les directions, parfois les actionnaires ou les cabinets des ministères : « c’est un travail qui passe inaperçu, un travail de coulisses, mais qui est très important. » À défaut d’être toujours efficace. En matière industrielle, les mauvaises nouvelles sont plus fréquentes que les bonnes : la fermeture de l’abattoir Doux à Graincourt, les menaces sur Stora-Enso (« Sur ce dossier-là, Montebourg nous a bien bananés »), sur Aperam à Isbergues. Mais il y a aussi des combats gagnés, comme celui ayant permis le sauvetage de la forge MSI, à Hénin-Beaumont. « Humainement, c’est dur, quand on voit la casse sociale, des gens usés, qui n’en peuvent plus. »

Pragmatisme

C’est dur, surtout pour un élu communiste ? « À ce poste, ce qui est bien, c’est que je ne me contente pas d’une bagarre idéologique, je suis dans le concret, les pieds dans la glaise et la tête dans les étoiles. Et j’essaie d’être pragmatique. On est dans un système capitaliste. Je ne le porte pas dans mon cœur, mais c’est celui qui existe. Donc oui, je suis prêt à des concessions, pour garder l’outil. Je pourrais rester inflexible, garder le poing en l’air, et laisser crever les usines devant moi, mais ce n’est pas mon choix. »

Bertrand Péricaud prend donc le parti de sauver ce qui peut l’être, développer ce qui peut l’être. « Prenez Draka (ex-Alcatel Câbles), à Calais. Ils se sont modernisés, ont augmenté la productivité, les salariés ont payé un lourd tribut… Mais aujourd’hui, l’entreprise a des perspectives. Je crois qu’il ne faut pas cesser de se battre pour conserver les sites de production. Car l’expérience montre que quand un site ferme, il n’y a rien qui pousse à la place. »

Son regard sur les sujets calaisiens

Calais Port 2015. Bertrand Péricaud a créé l’événement le 2 décembre, en rendant publique l’information du report du vote de la concession portuaire par le conseil régional. Une publicité qui n’a pas été appréciée par l’exécutif régional, mais qui a sans doute favorisé une prise de conscience collective et le retournement de situation du 8 décembre. « J’avais comme information que passé le 31 décembre, le projet ne pouvait plus se faire, c’est pour cela que j’ai tiré le signal d’alarme », explique Bertrand Péricaud.

L’industrie. « Il y a des nouvelles pas trop mauvaises du côté d’Armatis, de Calaire. Je travaille avec Draka, qui a de belles perspectives avec un investissement régional sur la fibre optique. En revanche, il y a des inquiétudes sur Tioxide : le problème c’est que c’est une usine sans direction. »

Migrants. « Je pense que la France ne met pas tous ses outils diplomatiques en jeu. Les Affaires étrangères ne veulent pas entendre parler de la question, et laissent tout le travail de négociation à l’Intérieur. Alors qu’il faut discuter avec la Grande-Bretagne, sur un aspect humanitaire. Elle devrait aujourd’hui laisser entrer les 2 000 migrants qui sont à Calais, comme elle l’avait fait à la fermeture de Sangatte. Quant à l’initiative de Natacha Bouchart de faire venir des parlementaires britanniques à Calais pour leur montrer la situation, ce n’est pas idiot. »

La gauche. « Les municipales de 2008 ont marqué un tournant. La gauche a perdu la ville sur la qualité de son union. En 2014, Natacha Bouchart n’a pas gagné par défaut. À Calais , le PCF n’existe pas tout seul. Les élections se jouent toujours plus sur la qualité de l’union que sur la qualité du chef. Pour les départementales, il y a des discussions entre le PS et le PC, même si s’afficher avec le PS, en ce moment, ce n’est pas très porteur. Mais c’est quand même un moyen pour être présent au second tour. »


BRUNO MALLET


Source : La Voix du Nord
Jeudi 11décembre 2014

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