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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

residence-Leon.jpg|  ON EN PARLE |

Symbolique cette histoire... Alors qu'une ville en pleine évolution se cherche habituellement des bâtisseurs afin de mieux modeler son avenir, à Hénin-Beaumont, c'était un démolisseur qui avait le vent en poupe.

Un entrepreneur héninois, introduit par Guy Mollet, commissionné à chaque intervention, qui n'hésitera pas à se faire payer plusieurs fois pour les mêmes interventions dont la plus emblématique est le saccage masqué de la résidence de Léon.

Nous sommes au début de l'année 2006... Une année qui naît sous les meilleurs auspices imaginables pour Gérard Dalongeville, loué par Jean-Pierre Kucheida lors de la cérémonie des voeux, qui sent son retour au bercail socialiste imminent, et qui, après un plan de redressement éclair, espère voir la CRC l'oublier enfin... C'est cette année que Guy Mollet introduit en mairie d'Hénin-Beaumont un démolisseur héninois, avec lequel il avait déjà travaillé à Béthune. Un nouveau prestataire de la Ville qui s'apprête à faire de juteuses affaires. Dans le bureau du directeur des services techniques, Mollet (qui fait alors la pluie et le beau temps en mairie) propose à notre homme un « beau » chantier dans la petite ville de Léon, dans les Landes. Où la Ville doit assainir une ancienne résidence qui périclite. Et que Guy Mollet explique alors avoir racheté avec un comparse. L'affaire est finalement conclue après un repas au Cèdre bleu (grand classique) et l'on convient d'un déplacement sur le site. Qui se fera en avion, depuis Lesquin, avec le premier adjoint, le directeur des services techniques, un consultant et un collaborateur du démolisseur (un vol à 10 497 €, rappelons-le au passage). Le vol est plaisant et Guy Mollet, en pleine forme, confie même qu'il vient d'acheter... l'avion du Roi des Belges qui serait actuellement sur le tarmac de l'aérodrome de Carcassonne.

En une visite détaillée du site, le démolisseur découvre un site en plein délabrement au pied duquel trône une piscine remplie de boue et d'ordures en tous genres. Mollet lui demande de démonter et évacuer tout ce qui est démontable et évcacuable pour laisser un site nu, prétextant que ce serait ensuite plus simple pour réaliser le projet d'appartements qui lui tient à coeur.

La cuisine déménagée chez un ami

Rentré à Hénin, l'entrepreneur couche sur papier un devis, ou plutôt deux, de respectivement 38 571 € et 42 697 € pour tout démonter, mettre en bennes, vidanger la piscine... mais aussi évacuer par semi-remorque éléments de cuisine, lits, tables, radiateurs, chaises ou encore chambres froides pour les acheminer vers la résidence d'un ami de Guy Mollet, près de Berck, que le gérant du Journal du pays ambitionne de métamorphoser en hôtel-restaurant.

Un chantier de plus de 80 000 € qui, bien évidemment, ne passera pas par la case conseil municipal, pas plus qu'il ne respectera la règle des marchés publics. Pourquoi le démolisseur a-t-il proposé une facture aussi élevée ? Eh bien, tout simplement, comme il l'avouera benoîtement aux enquêteurs, il fallait grassement rémunérer Guy Mollet pour chaque « chantier » obtenu. Après présentation d'un premier devis, Mollet fixait alors lui-même le montant de la commission à percevoir, ce qui obligeait l'entrepreneur à revoir à la hausse d'autant sa copie. Et même en ayant parfois recours à de curieux procédés !

PASCAL WALLART

À suivre


Source : La Voix du Nord
Dimanche 27 février 2011

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B


c'est honteux  se genre de comportement , j'espére que les coupable serons retrouvé et punie comme il se doit .



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C


C'est ahurissant ce à quoi on arrive quand il n'existe aucune structure pour éviter ce type de dérive... ou plus exactement, losque les structuresn'assurent plus leurs missions !


Il y va non seulement de la municipalité et du conseil mnicipal, mais aussi de l'administration dont  le respect des règles élémentaires est bafoué.


Je renvoie donc à ce que j'écrivais, dimanche, ici-même, suite à l'article consacré à la Soginorpa.


Parce que ce qui est aujourd'hui dévoilé n'est que le résultat d'investigations menées par la chambre régionale des comptes, bien après que les (mé)faits aient été commis!


On imagine aisément ce type de fonctionnement et d'abus dans nombre de domaines qui n'ont pas encore fait l'objet de vérifications de la CRC... Tant est si bien que l'on est en droit de se
demander si tout le système n'est pas ainsi vérolé par des pratique peu conformes au règles de droit, de la comptabilité et des marchés publics.


Dans ces conditions, le citoyen ne peut espérer qu'une meilleure capacité d'investigation en amont. J'ai déjà dit qu'il appartenait à la collectivité ou à l'établissement public de mettre en
place ces dispositifs en interne; mais puisque la culture environnante l'en empêche, faisons en sorte de replacer l'autorité du préfet et de l'Etat de sorte à protéger l'oeuvre commune des
citoyens  qui se trouve être abimée par des hobereaux de province.


On observe bien, trente ans après, les limites de la décentralisation que nous appelions de nos voeux !



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