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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Dalongeville-2008.jpg| ON EN PARLE |

Lorsque, le 7 avril 2009, à l'heure du laitier, Gérard Dalongeville voit une équipe de la Direction interrégionale de la police judiciaire débarquerà son domicile, cela fait déjà un an que le maire d'Hénin-Beaumont est au coeur d'une enquête sur d'éventuels faits de corruption au sein de la mairie. Retour, en plusieurs volets, sur le côté de moins en obscure de cette affaire.

Le jour où tout a basculé pour Gérard Dalongeville est le 17 avril 2008. On est pile poil un mois après la réélection bien plus facile que prévue d'un maire d'Hénin-Beaumont désormais persuadé que l'avenir sera uniformément rose pour lui. Fatale erreur.

En effet, ce jour-là, le procureur de la République de Béthune voit arriver sur son bureau une procédure transmise par la Brigade de répression du banditisme de Lille qui, a priori n'a rien à voir, de près ou de loin, avec le sort de la ville d'Hénin-Beaumont.

Ce dossier, confié à la juge Corvaisier, a été diligenté suite à une sordide histoire d'enlèvement, extorsion de fonds et séquestration du gérant d'un café liévinois. Le hic, c'est que, lorsque les enquêteurs explorent le téléphone cellulaire d'un des mis en cause dans cette affaire, ils retrouvent de curieuses références au maire d'Hénin-Beaumont, à son directeur de cabinet d'alors, ou à un certain Guy Mollet. Assez surprenant lorsqu'on sait que le propriétaire du téléphone est réputé lié au milieu du grand banditisme...

Déjà Léon !

Sont alors décryptés toute une série de messages laissant imaginer des malversations commises dans le cadre de ventes de terrains appartenant à la municipalité héninoise. On y évoque ainsi une série de sommes en chèque ou cash et des rendez-vous confirmés par Gérard Dalongeville... Assez troublant pour que, le 16 juin, le vice-procureur, Jean-Pierre Roy, diligente une enquête préliminaire. Le premier à être entendu est alors le fameux propriétaire du portable, gérant d'une société automobile dans la banlieue lensoise mais aussi d'une société immobilière dénommée P2C Immobilier. Il est alors auditionné à la Maison d'arrêt de Douai où il fait l'objet d'un placement en détention préventive. Commence à se dérouler un premier écheveau autour de terrains du secteur du Pommier. On commence alors à voir poindre, ce qui deviendra un grand classique des affaires héninoises, des rendez-vous d'affaire autour d'une table au Cèdre bleu l'omniprésence du gérant du Journal du pays, Guy Mollet, en tant qu'apporteur d'affaires et intermédiaire quasi-obligatoire dans les opérations immobilières locales. On voit également se profiler le tout premier voyage à Léon en jet privé, aux frais de la princesse héninoise et de sombres histoires de reventes en série de terrains laissant entrevoir des pratiques douteuses dans les opérations de commercialisation.

Suffisant pour que la Justice soit ferrée et que, dès l'automne 2008, les premières auditions commencent sous la houlette de Division économique et financière de la DIPJ.


Pascal WALLART


Source : La Voix du Nord
Samedi 07 mai 2011

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