Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

Archives

 

Publié par David NOËL

Yves-Dimicoli.jpgLes résultats sont honorables. Ils confirment la pertinence de nos choix de congrès. Mais ils indiquent aussi des limites à dépasser.

Nous avons fait le choix du Front de gauche, non comme organisation politique, mais comme première esquisse d'un rassemblement qui, pour pouvoir être plus populaire, large et transformateur, a besoin de l'apport original et autonome du PCF.

L'expérience confirme qu'on ne peut s'en tenir à ce Front tel qu'il est aujourd'hui. Elle confirme aussi que, si nous avons eu raison de conserver le PCF, il nous faut le transformer pour que, dans la nouvelle phase qui s'ouvre, il prenne l'initiative et déborde tous les conservatismes, populismes et charlatanismes à gauche en organisant l'action avec des propositions.

Ce n'est pas la « forme parti » qui est dépassée, mais la forme actuelle des partis, bureaucratique, centralisée, délégataire et présidentialiste qu'il faut dépasser.

Le succès de la gauche auquel nous avons contribué est net, mais ambivalent.

En 2012, il est possible de battre Sarkozy et la droite, mais cela, pour l'heure, avec un PS qui gauchit son discours mais demeure sur des options social-libérales.

Cela concerne surtout l'utilisation de l'argent avec un double consensus droite-PS :

-    Le premier consiste à diaboliser l'endettement public, alors que tout dépend de ce à quoi il sert.
-    Le second consiste à faire silence sur l'enjeu du crédit, des banques, de la BCE.

Si on ne brise pas ce double consensus, alors la gauche échouera à nouveau et notre modèle social sera dynamité.

La reconnaissance qu'il faut respecter la diversité à gauche, y compris en paroles dans les rangs du PS, nous invite à prendre des initiatives fortes en ce sens, au lieu de raboter nos propositions et de ne pas les développer dans l'action.

C'est nécessaire et urgent car les dirigeants européens renforcent l'austérité en réponse aux excès d'endettement public.

La BCE, les États ont mobilisé beaucoup d'argent pour relancer les mêmes pratiques qui ont conduit à la crise. D'où la croissance lente, le chômage massif et l'insuffisance des recettes publiques face à ces énormes dépenses avec, à la clef, le creusement des dettes publiques et la spéculation sur leur  risque d'effondrement à partir des pays les plus vulnérables.
Il faut donc absolument changer l'utilisation du crédit bancaire et de l'argent public.

La victoire de la gauche doit servir à progresser dans ce sens, sans attendre 2012 et pour une vraie alternative en 2012. Ou alors à quoi servira-telle?

Nous avons commencé à faire avancer l'idée d'un pôle financier public à partir de l'intervention populaire sur le crédit dans les régions, avec des Fonds publics régionaux.

Cette proposition, on ne l'a pas faite seulement pour agiter des idées. Il faut, maintenant, s'en servir et l'expérimenter en grand dans les luttes, au plus pré des gens.

Attention, en effet, à ne pas lâcher les luttes parce que nous allons entrer à nouveau en congrès. Et attention à ne pas couper non plus la riposte à Sarkozy, dans des fronts partiels sans cohérence, de l'avancée vers un nouveau projet qui, conçu alors au sommet et à minima, serait dépourvu de crédibilité.

Alors, décidons d'une grande initiative nationale sur l'utilisation de l'argent, en liaison avec tous les dossiers sociaux, en partant de l'enjeu pratique des Fonds publics régionaux pour un  nouveau crédit permettant de faire reculer les prélèvements financiers sur les richesses produites et promouvoir la base « Emploi-Qualifications-Salaires » des prélèvements pour les services publics et la protection sociale.

Pour préparer cette initiative, organisons une ou deux journées de travail, non seulement avec les élus régionaux, mais aussi avec les animateurs de section.

De même, décidons d'une grande initiative européenne. Il y a besoin d'une convergence des luttes en Europe contre l'austérité et pour des financements articulés aux besoins populaires.

Il faut rendre intolérable par les peuples de gauche le fait que les gauches refusent de répondre à l'exigence d'un autre crédit en Europe.

Outre qu'il faut changer la fiscalité et mettre en cause le pacte de stabilité, il faut aussi aider les gens à ne pas avoir peur de l'endettement public. Encourageons les, à partir de leurs luttes, à exiger d'utiliser cet endettement pour développer toutes les capacités humaines et à ce qu'il soit soutenu directement par la création monétaire de la BCE.

Apprenons à nous servir de nos propositions pour aider les gens à en expérimenter l'utilité pour leurs luttes. C'est cela qui rendra incontournable une candidature communiste rassembleuse pour 2012 que j'appelle de mes vœux.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Yves LOURDEL 04/04/2010 22:42



Un peu technique tout de même. Une bonne grêve générale et un gouvernement de salut public ne feraient-ils pas l'affaire?



Makhno 03/04/2010 10:21



A propos de la "brillante vistoire de la gôche" (qui a vu le PCF perdre la moitié de ses sièges)


http://www.lepost.fr/article/2010/04/03/2017306_changer-la-gauche.html


 


Cordialement