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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

logo_vdn_carre.gifLe véritable hôte d’honneur de la cérémonie des vœux héninois n’était finalement pas Gervais Martel

Metaleurop-Nord, invité de la dernière heure

Il paraît qu’un orchestre continuait à jouer sur le Titanic au moment où le géant des mers sombrait dans les eaux glaciales... Ce dimanche, alors que des refrains enjoués égayaient le cocktail d’après vœux héninois, on était finalement pas loin de cette image absurde de détresse niée.
Car cette seconde cérémonie des vœux orchestrée par Gérard Dalongeville avait tout d’une quasi-veillée funèbre. Et tout d’abord par sa conjoncture puisque le spectre de la fermeture de Métaleurop-Nord sera venu imposer son cortège de malheurs annoncés. Une actualité assez sinistre pour que, comme au printemps dernier, l’hôtel de ville retrouve son fronton orné d’un calicot revendicatif. Gérard Dalongeville y fustige les fermetures annoncées de la gendarmerie locale et de Métaleurop-Nord, donnant le ton de la matinée avant même l’heure des discours où le maire d’Hénin-Beaumont s’engouffrera avec vigueur dans la défense de ces salariés qu’on s’apprête à « jeter à la rue comme des malpropres ». Et d’indiquer combien « le plan social doit être la priorité des élus... qu’il prenne en compte l’âge et le devenir des salariés », avant de fustiger ceux qui « à Paris, dans un conseil d’administration, ont droit de vie ou de mort sur une entreprise. Ça, on ne peut pas l’accepter ! »
Pour le coup, l’autre versant préoccupant du quotidien héninois, à savoir l’inexorable désagrégation de la majorité municipale, sera passé au second plan.

« J’irai au terme de mon mandat ! »

Le maire évoquera bien certains « adversaires d’Hénin-Beaumont » et leurs « thèses haineuses et d’exclusion » avant d’entrer dans le vif du sujet. Le débat, actuellement sauvagement ouvert à travers la ville, le maire explique ne pas le refuser : « Si le débat est naturel, il doit éviter un populisme destiné à susciter des rancœurs ! » Une confession que beaucoup durent apprécier à travers la salle.
D’autant que, suite à un vibrant « J’ai envie de vous parler avec le cœur », le premier magistrat se lancera dans un descriptif des réalisations de l’année, mêlant allégrement les travaux effectués dans les écoles ainsi que la rénovation de la cité Declercq et de la rue Philibert-Robiaud aux controversés chantiers de La Bruyère et La Buise avant de mettre le cap sur la future crèche et la requalification de la piscine. « Ça vaut mieux que toutes les vilaines rumeurs ! » commentera, le regard anthracite, un Gérard Dalongeville tenant à informer ses adversaires de son état d’esprit : « Soyez assurés que j’irai au terme de mon mandat... Mes adversaires, je les retrouverai à la loyale dans quatre ans... Là, nous seront jugés sur notre bilan ! » Une confession que malheureusement certains élus d’opposition, membres du PS ainsi que des représentants de la vie associative, n’auront pu écouter en temps et en heure, ayant été refoulés par le musclé service d’ordre placé aux deux entrées de l’hôtel de ville. Un barrage face auquel Daniel Duquenne, Jean-Marc Bureau et Christine Coget s’insurgeront a posteriori. Ceux-ci auraient pourtant certainement apprécié le petit mot de solidarité de Brigitte Bombeke qui, au nom de ceux se reconnaissant toujours dans le groupe majoritaire, s’insurgera « contre la campagne calomnieuse » lancée à l’encontre de son chef de file. Alors que la communiste Marie-Serge Opigez aura précautionneusement choisi de prendre quelque distance avec l’aréopage majoral avant le début des discours, reste désormais à savoir si J.-B. Deshayes, resté au côté du maire, était parmi les cosignataires du texte.
Heureusement, l’ambiance n’aura pas été exclusivement pesante durant cette cérémonie grâce à l’invité du jour, Gervais Martel, dont la faconde et le sens commun détendirent l’atmosphère. Heureux de se retrouver dans une ville « chère à sa jeunesse », le président du RC Lens, honoré d’être pour la première fois invité par un maire à une cérémonie de vœux, alterna souvenirs de jeunesse (« Je suis né à Oignies et j’ai vécu à Evin. Le week-end, quand on allait à la ville, on allait à Hénin ! ») et des propos beaucoup plus graves, témoignant notamment de sa solidarité envers les salariés de Metaleurop (« Au RC Lens, on fera quelque chose pour eux, c’est une certitude ! »). Et dire qu’en ouverture, G. Dalongeville avait cru bon citer la savoureuse devise de Gervais Martel : « Y’a rien qui va mal ! »


P. WALLART


Source : La Voix du Nord
Mardi 21 janvier 2003

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