Vendredi 18 juillet 2008
N’imagine pas que les salauds ne sont pas là, qu’ils ne s’occupent pas de toi, moi, je sais qu’on les frôle, et tout à l’heure, moi-même, je me suis cassé la gueule, j’ai failli me faire avoir,
sans méfiance comme toi, alors maintenant, je les vois partout, ils sont là, ils nous touchent, les pires des salauds que tu peux imaginer, et qui nous font la vie qu’on a : pour moi, je les
croyais invisibles, cachés là-haut, au-dessus des patrons, au-dessus des ministres, au-dessus de tout, avec des gueules de tueurs, de violeurs, de détourneurs d’idées, avec des gueules qui ne
sont pas de vraies gueules comme toi ou moi, et qui n’ont pas de nom : le clan des entubeurs, des tringleurs planqués, des vicieux impunis, froids, calculateurs, techniques, le petit clan des
salauds techniques qui décident : l’usine et silence !, (et l’usine, moi, jamais !), l’usine et vos gueules ! (et si ma gueule, je l’ouvre ?), l’usine, vos gueules, et on a le dernier mot – et
ils ont le dernier mot, le petit nombre de baiseurs qui décident pour nous, de là-haut, organisés entre eux, calculateurs entre eux, techniques à l’échelle internationale – l’échelle
internationale !
Bernard-Marie KOLTES
La nuit juste avant les forêts
La nuit juste avant les forêts
A voir au Festival d'Avignon Off
du 10 juillet au 02 août
18h
Théâtre du Vieux Balancier
Par la Compagnie Pourquoi
Tarif plein 15 € / Carte Off 11 €
du 10 juillet au 02 août
18h
Théâtre du Vieux Balancier
Par la Compagnie Pourquoi
Tarif plein 15 € / Carte Off 11 €
par David NOËL
publié dans :
Culture
communauté :
Les antilibéraux
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Comment, pas assez émotif ? Qu'est-ce qu'il fallait que je fasse de plus, Maître Morin ? Que je me répande devant le juge ? Il fallait raconter les faits, j'ai raconté les faits... Le choix des
mots... oui, j'avais révisé la feuille que vous m'aviez fournie, regardez, je l'ai sur moi : ... subit, terreur, contraint, agressé, menacé, tué, assassinat, fuir, s'enfuir, urgence,
victime, guerre, dénonciateur, charnier, torture, peur, terreur, horreur, massacre... Vous voyez, j'ai mon dictionnaire de poche du réfugié politique. Ils ne m'ont pas trouvé crédible. Ce
n'est pas mon genre d'implorer. Je crois que je mérite d'être un réfugié politique. Il me semble que j'ai tout ce qu'il faut pour être un réfugié politique. Moi, je me croiserais dans la rue,
je dirais : "Tiens, un réfugié politique".
HORN. – Alboury, j’étais moi-même ouvrier. Croyez-moi, je ne suis pas un maître par nature, vous savez. Lorsque je suis venu ici, je savais ce que c’était d’être un ouvrier ; et c’est
pourquoi j’ai toujours traité mes ouvriers, blancs ou noirs, sans distinction, comme l’ouvrier que j’étais a été traité.
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