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Images aléatoires

Dimanche 24 août 2008
Le 7 août, les forces armées de la République de Géorgie ont envahi l’Ossétie du Sud. Cependant, les forces géorgiennes n’ont pas réussi à prendre la capitale de l’Ossétie du Sud, Tskhinvali, et n’ont pas réussi à sécuriser ne fut-ce qu’une partie du territoire aux alentours. Dès le lendemain matin, l’armée russe est intervenue à son tour. En l’espace de 48 heures, elle a repoussé l’armée géorgienne hors d’Ossétie du Sud – la poursuivant, sur terre et dans les airs, jusqu’à Gori, en territoire géorgien.

Face à la déroute complète de l’armée géorgienne, le Pentagone a appelé à la « cessation des hostilités » – comme si l’administration Bush n’y était pour rien. Or, en réalité, il est totalement inconcevable que le Pentagone n’ait pas été informé des préparatifs géorgiens, comme le prétendent les médias occidentaux. La présence de bases militaires, de commandants et autres « spécialistes » américains en Géorgie signifie que le Pentagone était non seulement au courant, mais sans doute aussi pleinement impliqué dans ces préparatifs.

L’Ossétie du Sud, tout comme l’Abkhazie, est un territoire dont la Géorgie voudrait retrouver le contrôle. La Russie s’y oppose, car la position de l’Ossétie du Sud comme protectorat de facto de la Russie – 90% de sa population est de nationalité russe – lui donne, en cas de besoin, une base d’opérations militaires contre la Géorgie et contre l’ensemble du Caucase, une région de très haute importance stratégique, entre la mer caspienne et la mer noire. Du côté américain, la Géorgie, qui s’apprêtait à intégrer l’OTAN, est considérée comme un rempart contre les intérêts russes dans la région, mais aussi comme une base d’opérations contre l’Iran.

Compte tenu de la faiblesse relative de l’armée géorgienne – qui ne possède que neuf avions militaires –, on peut s’étonner qu’elle se soit lancée dans une aventure de ce genre. C’eut été un acte de pure folie si elle n’avait pas reçu l’assurance préalable du soutien des Etats-Unis. De telles assurances existaient, sans doute. On ne peut retenir l’hypothèse que soutiennent de nombreux « analystes » de la presse capitaliste, selon laquelle la Géorgie se serait lancée de son propre chef dans cette guerre en ayant à l’idée qu’une réaction russe « forcerait la main » des puissances occidentales, les obligeant à intervenir du côté de leur allié georgien. Les autorités militaires américaines étaient certainement partie prenante de la préparation de cette offensive.

L’erreur du Pentagone, comme du gouvernement géorgien, fut de sous-estimer la réaction de la Russie. Ils ne s’attendaient manifestement pas à une réaction aussi immédiate et foudroyante de la part de la Russie. L’indépendance du Kosovo – en réalité, sa transformation en un satellite américain – et la tentative d’intégrer à l’OTAN l’ensemble des Etats de la frontière occidentale de la Russie, n’ont produit que des protestations et des mises en garde de la part du Kremlin. Dès lors, le régime géorgien et les « faucons » de l’administration Bush ont pensé qu’il en serait de même cette fois-ci. Ce fut une grave erreur. La défaite de la Géorgie en Ossétie du Sud – comme la défaite d’Israël au Liban, en 2005 – lui interdit toute nouvelle tentative d’invasion. Et comme c’est le cas en Israël, cette débâcle ne manquera pas d’affaiblir la position de la classe dirigeante géorgienne, sur le plan intérieur.

Le lancement de cette aventure n’est pas sans rapport avec les profondes divisions qui traversent la classe dirigeante américaine, ainsi que l’administration gouvernementale et militaire. Avec l’effondrement du dollar, la crise du secteur bancaire et du crédit, la baisse de la production, l’endettement massif et les déficits commerciaux abyssaux, l’économie américaine est en train de sombrer dans la récession. Même pour une puissance aussi colossale que l’impérialisme américain, les 5 milliards de dollars par mois qui disparaissent dans le gouffre des guerres en Irak et en Afghanistan sont insoutenables, d’autant que les Etats-Unis sont en train de perdre ces guerres. D’un côté, les « faucons » de l’administration militent pour la poursuite de ces conflits, convaincus que le retrait des forces américaines porterait un coup majeur aux intérêts de l’impérialisme américain au Moyen-Orient (ce qui est exact). Ils poussent aussi pour une politique agressive à l’égard de l’Iran et de la Syrie, et donc de la Russie. Mais d’un autre côté, une partie – et sans doute la majorité – de la classe capitaliste américaine comprend qu’il faut se désengager de l’Irak et, à terme, de l’Afghanistan, faute de quoi les problèmes économiques à l’intérieur et l’instabilité sociale au Moyen-Orient ne feront que s’aggraver.

Or, pour que les Etats-Unis quittent l’Irak dans les « meilleures conditions », de leur point de vue, ils ont besoin d’un accord préalable avec l’Iran et la Syrie. Alors que Bush s’orientait vers une agression militaire contre l’Iran, les services secrets américains ont organisé une « fuite » établissant que l’Iran ne risquait pas de se procurer l’arme nucléaire, ni à court terme, ni dans un avenir prévisible. Cela a ruiné le « dossier » que les faucons de l’administration Bush commençaient à constituer contre l’Iran, sur le modèle des « armes de destruction massives » de Saddam Hussein. Cette « fuite » ne devait rien au hasard. C’était une tentative de freiner la folie belliqueuse de Bush et de ses proches. Et ce sont ces derniers qui poussent à l’attisement des tensions dans le Caucase.

Le Caucase est une région d’une importance stratégique majeure pour les Etats-Unis. La Géorgie et l’Azerbaïdjan recouvrent la bande de territoire située entre la Mer Caspienne et la Mer Noire. Le pétrole et le gaz sont acheminés à partir de Bakou, en Azerbaïdjan, sur la côte occidentale de la Mer Caspienne, en passant par Tbilissi, la capitale géorgienne, jusqu’aux villes portuaires de Soupsa, sur la Mer Noire, et de Ceyhan, sur la Méditerranée. Le contrôle de ce territoire est donc d’une importance absolument vitale pour les Etats-Unis. L’impérialisme américain doit s’assurer du maintien de régimes à sa botte en Azerbaïdjan, en Géorgie et en Turquie, faute de quoi son accès aux hydrocarbures de la Mer Caspienne serait menacé. Il s’agit également de contrer les alliés de la Russie dans la région et au Moyen-Orient, dont notamment l’Iran, la Syrie et l’Arménie.

La Russie est une superpuissance importante, et l’impérialisme russe ne peut pas se permettre d’assister passivement à l’expansionnisme américain dans le Caucase. Les « droits des minorités nationales », que le Kremlin évoque pour justifier ses incursions en territoire géorgien, ne sont qu’un prétexte bien commode. Pas plus qu’à l’époque des Tsars ou de Staline, l’actuel régime russe n’a que faire du sort des minorités nationales. Celles-ci ne sont que la petite monnaie de sa lutte pour défendre et étendre les zones d’influence de l’impérialisme russe dans le Caucase et ailleurs. La Géorgie est un Etat instable, dont l’autorité ne s’étend guère très au-delà de la capitale. Sur une population de 5 millions d’habitants, 30% est composée de Russes, d’Arméniens, d’Azéris, d’Ossètes, d’Abkhazes et de Grecs. Les enclaves d’Adjarie, sur la frontière turque, de Djavakhétie (de population arménienne) et de Pankissi (tchétchène) échappent à son contrôle, et constituent, pour le Kremlin, autant de leviers à manipuler pour faire pression sur le régime géorgien. En 1992, la Russie est intervenue pour obtenir l’indépendance de l’Abkhazie – provoquant l’exode de plus de 250 000 Géorgiens – et celle de l’Ossétie du Sud, même si elle n’est pas officiellement reconnue.

Le « plan de paix » présenté par Nicolas Sarkozy n’est qu’une immense plaisanterie. Le président français « se félicite » – son passe-temps préféré – de l’acceptation de ce plan par les deux parties. Mais pour montrer à Sarkozy et à l’Europe qu’il n’attachait aucune importance au « plan de paix », le Kremlin avait déjà décrété un cessez-le-feu avant l’arrivée de Sarkozy à Moscou – cessez-le-feu que Poutine choisira ou non de respecter, à sa guise. « Plan de paix » ou pas, tous les objectifs militaires des Russes avaient déjà été atteints, de toute façon. Quant à la Géorgie, le « plan de paix » ne lui procure absolument aucun avantage, et ne fait qu’entériner sa défaite. La Russie sait qu’elle peut agir en toute impunité dans la région, pour la simple raison que toutes les « garanties » dont bénéficie la Géorgie de la part des Etats-Unis et des puissances européennes ne valent même pas le papier sur lequel elles sont écrites. Les Etats-Unis, éperdument enlisés en Irak et en Afghanistan, ne disposent simplement pas des moyens militaires nécessaires pour une intervention contre la Russie. Quant à l’Europe, l’idée que des forces armées européennes puissent « maintenir la paix » au détriment des intérêts de la Russie est tout simplement risible.

De manière générale, cette guerre démontre que la Russie impérialiste commence à chauffer ses muscles. Les moyens militaires dont disposent les Etats-Unis sont importants. Mais ils ont leurs limites, et celles-ci sont aujourd’hui atteintes. Au Caucase, les ambitions expansionnistes des « faucons » de l’administration américaine resteront lettre morte. Ils n’ont plus aucune force d’intervention terrestre capable de contrer la Russie, qui entend bien affirmer sa présence et faire la démonstration, si nécessaire, de sa puissance. C’est une leçon qui s’adresse tout autant à la Géorgie qu’aux pays baltes, à l’Ukraine, à la Pologne et à la République Tchèque. C’est aussi un avertissement à l’actuel et au futur occupant de la Maison Blanche au sujet de l’installation d’un « bouclier anti-missile » américain, en Pologne. Sous prétexte de protéger le monde occidental contre une prétendue « menace iranienne », ce dispositif militaire vise essentiellement la Russie.

La guerre entre la Russie et la Géorgie est, des deux côtés, une guerre réactionnaire. Elle n’a rien à voir avec les droits nationaux des Ossètes, ni avec ceux des Géorgiens. C’est une lutte pour une nouvelle répartition des sphères d’influence entre puissances capitalistes, une lutte impérialiste pour le contrôle des voies de communication et de commerce. Le nationalisme, en Géorgie, chez les Ossètes, les Abkhazes et les autres minorités de la région, n’offre aucune issue. Notre combat doit être d’unir les travailleurs de toutes les nationalités et de tous les pays dans une lutte commune pour le renversement du capitalisme et la création d’une fédération socialiste du Caucase et de la Russie, dans laquelle les minorités seraient libres de toute forme de discrimination nationale, sociale ou politique.

Greg Oxley
PCF Paris
par David NOËL publié dans : International communauté : Un PCF de lutte des classes !
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Vendredi 22 août 2008
Dix soldats français tués dans des combats avec les talibans. Vingt et un blessés. La guerre n’est pas une abstraction. Pour les familles et les proches de ces soldats, jeunes pour la plupart, c’est l’irruption dans la vie quotidienne du deuil et de la souffrance. Du désarroi peut-être. La mort d’un soldat n’est pas un accident. On entend désormais parler le plus souvent de missions de maintien de la paix, d’assistance aux populations. Ces morts viennent rappeler que notre pays est en guerre, en Afghanistan et que la guerre tue.

Sarkozy se dit résolu « à poursuivre la lutte contre le terrorisme » et que « la cause est juste, c’est l’honneur de la France et de ses armées que de la défendre ». Est-ce le cas ? Les talibans, chassés du pouvoir en 2001, veulent le reconquérir et mènent pour cela une lutte sans relâche. Mais malgré sept ans de guerre et 70 000 soldats sur place, ni les forces de l’OTAN ni les forces directement sous commandement américain ne sont parvenues à les contenir, en s’enlisant dans ce qu’il faut appeler une sale guerre.

Les talibans semblent au contraire plus forts que jamais. Les politiques de développement et de reconstruction en revanche sont toujours balbutiantes, les sommes versées disparaissent dans les réseaux multiples de la corruption, le trafic de l’opium est florissant qui profite aussi bien aux taliban qu’aux seigneurs de la guerre ou aux chefs de clan. Le pouvoir vient d’adopter une nouvelle Constitution approuvée par l’occident qui définit l’Etat afghan comme un État islamique fondé sur la loi coranique, c’est-à-dire la charia. Et ce serait ce pouvoir qui aurait à coeur de conduire la marche du pays vers la démocratie ?

Les USA comme Sarkozy justifient la guerre afghane par la lutte contre le terrorisme. Il n’en est rien sur le terrain en termes militaires comme il n’en est rien dans le monde en termes politiques. Le terrorisme ne naît pas forcément du désordre du monde mais il s’en repaît.

« La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive » disait Sarkozy le 26 avril 2007. Ils s’inscrivaient dans la continuité des distances prises par Chirac vis à vis des intérêts américains dans cette région du monde et de ce qui était devenu selon l’expression convenue un bourbier. Mais le 3 avril dernier, il annonçait à Bucarest au sommet de l’OTAN l’envoi de 800 soldats français en Afghanistan en plus des 2200 qui y étaient déjà. Une décision régalienne prise sans vote du Parlement, les députés étant simplement autorisés à s’exprimer selon le vieux principe « Cause toujours, tu m’intéresses ».

Dans le même élan, la France revenait dans le commandement intégré de l’OTAN et signait de fait son alignement sur la stratégie géopolitique de l’administration Bush. Le monde en ces jours d’août devient inquiétant. A la crise économique s’ajoute la tension dans le Caucase et comme un retour à un climat de guerre froide. Le chaos afghan vient rappeler que dans cette partie du monde, comme un domino entre les puissances nucléaires que sont la Chine, l’Inde, le Pakistan, la Russie, dans ce maillon entre les champs de pétrole et les terminaux pétroliers, une autre partie se joue, orchestrée par les USA et l’OTAN.

Elle n’a rien à voir avec l’établissement de la démocratie mais a pour enjeu le contrôle du monde. L’OTAN qui fut pendant la guerre froide l’organisation militaire faisant face à l’URSS au nom de l’équilibre entre les superpuissances est maintenant le bras armé, partout dans le monde, de la superpuissance américaine. La France n’a rien à y gagner. Elle y perd, tragiquement.
par David NOËL publié dans : International communauté : Parti Communiste Français
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Jeudi 14 août 2008
Le Parti communiste français exprime sa grande inquiétude devant le dramatique conflit en Ossétie du Sud. Ce sont les peuples ossètes et géorgiens qui en paient le prix, tandis que les tensions et les nationalismes s’exacerbent.

Il faut sortir au plus vite de cette impasse terrible et meurtrière.

Les autorités russes qui viennent d’annoncer au plus haut niveau la fin de leurs opérations en Géorgie doivent effectivement arrêter immédiatement leurs bombardements et leurs initiatives militaires. Elles doivent accepter la reprise d’un dialogue politique sur la base du plan présenté par la France que la Géorgie a déjà signé.
Une solution négociée doit s’imposer d’urgence dans le respect du droit international, impliquant tous les protagonistes, y compris les Etats-Unis et la Russie qui doivent aussi assumer leur responsabilité comme membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations-Unies.
L’Union européenne doit s’investir avec détermination dans cette voie.

On attend aussi que le Secrétaire général de l’ONU se décide enfin à intervenir dans le même sens en rappelant notamment l’interdiction de l’usage de la force dans le règlement des différends.

Marie-George Buffet, Secrétaire nationale du PCF
Paris, le 12 août 2008.
par David NOËL publié dans : International communauté : Parti Communiste Français
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Mercredi 13 août 2008
C'est le Wall Street Journal, le très conservateur quotidien économique américain qui l'a révélé le 1er août dernier : le groupe Wal-Mart, géant de la grande distribution, avec 3 500 supermarchés aux Etats-Unis (6 100 dans le monde), 1,2 millions d'employés et 2,3 % du PNB des Etats-Unis a organisé plusieurs réunions internes à caractère obligatoire dans plusieurs Etats pour mettre en garde son personnel contre une victoire de Barack Obama aux élections présidentielles de novembre.

Wal-Mart s'est rendu tristement célèbre pour sa politique de très bas salaires et l'absence totale de représentation syndicale dans les magasins du groupe. Longtemps, le géant de la grande distribution a été le plus fidèle soutien du Parti Républicain, multipliant les dons aux candidats républicains. Depuis 2004, anticipant une victoire démocrate aux élections au Congrès et aux présidentielles de 2008, Wal-Mart finance également les démocrates sans que sa politique anti-syndicale ait évolué.

Depuis vingt ans, le syndicalisme américain a considérablement reculé. En 1955, l'AFL-CIO comptait 15,7 millions d'adhérents, mais le taux de syndicalisation s'est effondré, passant de 35 % en 1955 à 19,5 % en 1984 et 12,5 % en 2005. Dans le secteur des services, le taux de syndicalisation n'est que de 8 %.
La faiblesse du syndicalisme américain s'explique par une législation anti-syndicale issue de la guerre froide et du Maccarthysme. Votée en 1947, la loi Taft-Hartley interdit les débrayages spontanés et les grèves de solidarité, impose un préavis de grève de 60 jours, interdit le droit de grève des fonctionnaires fédéraux, des fonctionnaires d'Etats et des fonctionnaires des collectivités locales.

Jusqu'en 1965, les dirigeants syndicaux étaient obligés de prêter serment de non-communisme avant que cette disposition soit déclarée inconstitutionnelle.

Dans les entreprises, la création et le maintien d'une section syndicale est soumis à un processus électoral d'accréditation long et complexe supervisé par le gouvernement. Depuis le milieu des années 80, beaucoup de grandes entreprises se sont dotées de conseillers juridiques et ont délocalisé leurs unités de production dans les Etats du Sud des Etats-Unis où la législation ne donne pas la garantie des droits syndicaux. Pour les seules années 80, les Etats du Nord et du Midwest où les syndicats sont présents ont perdu 1,5 millions d'emplois au profit des Etats du Sud où les droits syndicaux n'existent pas.

Là où des syndicats sont implantés, plusieurs grandes entreprises ont engagé des élections révocatoires, par exemple à la suite d'une grève. Après avoir fait tomber le syndicat dans le piège de la grève, l'entreprise engage des travailleurs remplaçants à la place des grévistes et fait voter le personnel non gréviste pour révoquer l'accréditation du syndicat ce qui lui permet d'interdire le syndicat, de licencier les grévistes et les délégués du personnel. Chaque année, 10 000 militants syndicaux sont licenciés aux Etats-Unis pour leur activité syndicale.

Le Parti Démocrate s'est longtemps satisfait de cette situation. Anti-communistes, proches des milieux d'affaires, les démocrates ne se distinguent guère des Républicains, mais semblent avoir évolué sur la question syndicale. Barack Obama soutient ainsi un projet de loi baptisé Employee Free Choice Act qui facilitera l'implantation syndicale en entreprise.

Sans surprise, John Mac Cain, le candidat républicain, est contre ce projet et soutient les positions anti-syndicales du patronat.

Wal-Mart a choisi son camp. Hostile à toute législation favorable aux syndicats, le géant américain de la grande distribution fait ouvertement campagne pour le candidat Républicain en convoquant ses cadres et ses directeurs de magasins pour les alerter du risque que des sections syndicales voient le jour dans leurs magasins.

En France, nous n'en sommes pas encore là. Le harcèlement anti-syndical est plus insidieux. On n'imagine pas Carrefour ou Auchan convoquer leurs cadres pour les inciter à voter Nicolas Sarkozy. On ne l'imagine pas encore...

L'affaire Wal-Mart est révélatrice d'une époque. Comment douter, après ça, de la réalité de l'exploitation qui se joue au quotidien sous le capitalisme ? On nous accuse parfois d'être archaïques quand nous parlons de lutte des classes, mais la lutte des classes, les patrons la mènent sans pitié contre les militants du mouvement ouvrier.

Au moment où Barack Obama, de retour d'Europe, adopte des positions de plus en plus centristes, l'affaire Wal-Mart convaincra-t-elle le leader démocrate d'incarner le vrai changement en s'attaquant au pouvoir des capitalistes ? Il est permis de rêver...
par David NOËL publié dans : International communauté : Les antilibéraux
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Jeudi 31 juillet 2008
C’est un Parti de la refondation communiste (PRC) divisé sur la manière de mener l’union de la gauche qui a tenu son septième congrès ce week-end, dans la cité thermale de Chianciano Terme. Au centre des débats, la « Constituante de gauche » proposée par la motion 2 du gouverneur des Pouilles, Nichi Vendola, qui n’a recueilli qu’une majorité relative (47 %) des voix des 43 535 militants ayant voté, mais qui fait l’unanimité des quatre autres motions contre elle.
Pour Nichi Vendola et la direction sortante, le PRC, sorti laminé des dernières élections législatives, doit se dissoudre dans un nouveau Parti de Gauche confédéral avec les Verts et la Gauche Démocrate, ce courant issu de DS (Démocrates de Gauche) qui a refusé la création du Parti Démocrate.

Jusqu’à dimanche, dans un climat très tendu, entre applaudissements et sifflets, tractations entre motions la nuit, le nom du secrétaire général était une incertitude. En fait, chacun est resté sur ses positions.

C’est finalement Paolo Ferrero qui a été élu dimanche soir secrétaire général du parti par le comité politique national. Ouvrier chez Fiat à l’origine et militant syndical, Paolo Ferrero a adhéré au PRC au milieu des années 90, après avoir été membre du groupe « Démocratie Prolétarienne » dans les années 80. Il ne cache pas son engagement, qui peut déconcerter, dans l’église évangélique vaudoise. Il était aussi ministre, ouvertement critique, dans le gouvernement Prodi.

Dans un premier temps, la motion qu’il soutenait prônant « une relance de Refondation communiste » n’avait obtenu que 40 % des voix des militants. Finalement, Paolo Ferrero est parvenu à trouver un accord avec trois motions minoritaires et la direction sortante, menée par Nichi Vendola et Fausto Bertinotti a été mise en minorité par 142 voix contre 134. Le congrès a également adopté une résolution, par 342 voix sur 646, affichant sans ambiguïté la rupture avec la stratégie et les pratiques politiques mises en œuvre jusqu’à présent. « La relance du Parti de la refondation communiste doit être caractérisée par un virage à gauche », expliquent les thèses politiques votées par 52 % des délégués.

Ce « virage à gauche », salué par le représentant de la motion trotskiste, Paolo Bellocchi, passe par une impossibilité « d’un accord organique » avec le Parti démocrate (PD) pour le gouvernement du pays et laisse l’interrogation sur les élections locales de l’an prochain. De plus, le document « considère fermée et dépassée la phase caractérisée par la collaboration organique avec le PD », « repousse la Constituante de gauche et n’importe quelle hypothèse de dépassement ou d’entrée du PRC dans une autre formation politique ». Un camouflet pour la direction sortante, en grande partie favorable à la constituante de gauche, mais qui avait abandonné cette option jeudi, dans le but de trouver un large accord.

Ce congrès est très marqué par la défaite des 13 et 14 avril dernier. Avec celle-ci, communistes, socialistes, Verts ont tout simplement disparu du Parlement italien, pour la première fois depuis la chute du fascisme. La faute au vote utile pour le nouveau Parti démocrate (PD) et à l’abstention dans les rangs du peuple de gauche, due à la désillusion face au bilan du gouvernement Prodi. Mais pas seulement. « Nous avons perdu le défi du XIXe siècle : cette querelle de classes et de civilisation qui a transformé le travail de marchandise pauvre et sale, de trafic de bras, de dimension biologique et privée, en épopée de rébellion et de dignité, en dimension sociale », analysait dans une présentation de sa motion aux accents poétiques, jeudi soir Nichi Vendola, alors seul candidat ouvertement déclaré au poste de secrétaire général. Certains de ses partisans souligneront que la droite est vécue comme donnant une réponse à la crise du néolibéralisme donnant du sens, par la peur et la guerre entre pauvres, en faisant « du rejet de l’autre un sens commun ».

« Si nous voyons la défaite seulement sur le long terme, c’est comme si nous n’étions pas dans l’histoire », lui rétorque le rapporteur de la motion alternative, Maurizio Acerbo. En cause, la participation de Refondation communiste sous la bannière de la Gauche - l’Arc-en-ciel (SinArc), commune avec les Verts, le Parti des communistes italiens (PdCI) et la Gauche démocrate (socialistes refusant l’entrée dans le PD).

Après son intervention samedi, Paolo Ferrero est parvenu à s’adjoindre les faveurs des positions les plus radicales en faisant l’union sur quelques points. Premièrement, un virage à gauche par le retour au lien avec les « mouvements », comme à l’époque phare de Refondation, très liée au mouvement social avant l’entrée dans le gouvernement Prodi en 2006. Deuxièmement, travailler sur « la rupture entre la gauche et la société » avant l’unité de la gauche, à partir de la « reconstruction du conflit de classes ». Dans ce cadre, le communisme, par son univers symbolique, « est encore une ressource ». Troisièmement, la présentation de Refondation communiste aux élections européennes, avec une liste rassemblant les anticapitalistes. Longuement applaudie par ses partisans, son intervention a été saluée par une partie de la salle par les chants de Bandiera rossa et Bella ciao.

Cette défaite sur le fil est interprétée comme une « régression culturelle » de Refondation communiste par les partisans de Nichi Vendola. Dans une conférence de presse lundi après-midi, celui-ci annonçait le lancement d’une tendance Refondation pour la gauche, en septembre.

Pour les communistes français, confrontés à une stratégie similaire à celle de l’ancienne direction du PRC, les conclusions du congrès du PRC, son « tournant à gauche », sont du plus haut intérêt, alors que notre propre congrès se prépare.

Le poids du bilan, l’effondrement électoral de la coalition « arc-en-ciel » (3 % au lieu de 10 %), la mobilisation des communistes italiens, auront eu raison du poids de l’appareil sortant. Et si en décembre, à leur tour, les communistes français créaient la surprise ?
par David NOËL publié dans : International communauté : les anti-capitalistes
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