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Interviews et reportages sur Hénin-Beaumont

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Publié par David NOËL

Le PCF héninois a-t-il facilité la réélection de Gérard Dalongeville en 2008 ? C'est l'accusation qu'ont brandie contre nous un certain nombre d'adversaires politiques exigeant un mea culpa et qu'on a pu retrouver sur quelques blogs.

Pour y répondre, retour aujourd'hui sur les coulisses de la campagne 2008.



I. Des législatives de juin à l'alliance du Club des Cinq :

C'est au lendemain des élections législatives de juin et du score de 44,5 % obtenu par Marine Le Pen  le 17 juin sur les bureaux d'Hénin-Beaumont que le PCF a acquis la conviction que Gérard Dalongeville ne pouvait pas rassembler la gauche pour battre le Front National et qu'il fallait construire une alternative à gauche car ce n'était pas seulement Albert Facon qui était sanctionné, c'était surtout Gérard Dalongeville et sa politique, en particulier sur des secteurs comme le Bord des Eaux ou Beaumont où le Front National avait réalisé ses meilleurs scores.

Depuis plusieurs mois, notre section avait coupé les ponts avec ses deux adjoints. Si Marie-Serge Opigez, devenue une opposante déterminée à Gérard Dalongeville, avait démissionné de son mandat de conseillère municipale depuis déjà plus de deux ans, Jean-Bernard Deshayes et Guy Creuze pouvaient se revendiquer du Parti Communiste. Jean-Bernard Deshayes, qui m'avait adressé une lettre de démission de la section en mars 2006 parce qu'il n'approuvait pas nos critiques envers Gérard Dalongeville avait redemandé son adhésion et envoyé un chèque. Guy Creuze, qui continuait de venir aux comités de section s'y faisait le défenseur de Gérard Dalongeville et cherchait à nous séparer Marie-Serge Opigez et moi.
Pour moi, le PCF était clairement contre Gérard Dalongeville et il n'était pas question d'accepter plus longtemps des comportements participationnistes.  
Dès le mois de juillet 2007, j'ai renvoyé à Jean-Bernard Deshayes son chèque d'adhésion en lui indiquant que le PCF n'acceptait pas les adhésions d'élus décidés à être candidats sur la liste d'un de nos adversaires. Jean-Bernard Deshayes ne m'a jamais répondu... J'ai également demandé à Guy Creuze de démissionner de son mandat d'adjoint pour ne plus cautionner Gérard Dalongeville, avec le même insuccès, une démarche suivie le 18 juillet de son exclusion du comité de section.
Parallèlement à cette clarification, j'ai co-signé avec Jean-Claude Danglot un courrier adressé à Serge Janquin exigeant de la Fédération du Pas-de-Calais du PS que eux aussi clarifient leur position, et réaffirmant par la même occasion notre opposition à une alliance derrière Gérard Dalongeville.

Dans la foulée, j'ai écrit à Jean-Marc Bureau et rencontré les Verts, j'ai également entamé des discussions avec le MJS, le PRG et le MRC. Par contre, les négociations ont très vite tourné court avec Daniel Duquenne. Le secrétaire de section PS m'a reçu en septembre 2007 en compagnie de Jean-Marc Bureau. Le PCF et les Verts sont les alliés traditionnels du PS et je m'attendais à une proposition d'alliance. A ma grande surprise, Daniel Duquenne m'a annoncé que l'Alliance Républicaine venait de sceller un accord avec l'UMP. Cette annonce ne signifiait rien d'autre que le refus de Daniel Duquenne de prendre part à un rassemblement de la gauche que nous aurions pu construire avec lui et c'est comme cela que nos camarades des Verts l'ont aussi compris.
Quelques jours plus tard, dans une lettre ouverte aux électeurs de gauche, le PCF d'Hénin-Beaumont dénonçait les méthodes de Gérard Dalongeville et appelait à l'union de la gauche contre Gérard Dalongeville et contre le Front National.

Après l'échec du parachutage de Razzye Hammadi, nous avons constitué avec nos partenaires du MJS, du MRC, du PRG et des Verts ce que Pascal Wallart a vite surnommé le "Club des Cinq". Le local de la rue Victor Mathé est devenu notre QG, où nous nous réunissions plusieurs fois par semaine pour travailler sur notre programme municipal. J'ai appris à connaître et à apprécier Pierre Ferrari, Eric Mouton et Jean-Pierre Policante.
Jean-Pierre était à l'époque encore conseiller municipal délégué. Eric, lui, avait été adjoint jusqu'en 2004 avant de claquer la porte. Eric et Jean-Pierre avaient pu voir à quel point Gérard Dalongeville était menteur et manipulateur. En quelques semaines, j'ai beaucoup appris.

II. De l'entrée en scène de Marie-Noëlle Lienemann à la fin du Club des Cinq :


Le "Club des Cinq" ne s'était jamais réellement posé la question de la tête de liste et nous espérions le parachutage d'une grosse pointure du PS avec qui nous réaliserions l'union de la gauche sans Gérard Dalongeville. L'annonce de la venue de Marie-Noëlle Lienemann a été un soulagement. Ancienne proche de Pierre Darchicourt, Marie-Noëlle connaissait le terrain héninois, elle avait de bons rapports avec Daniel Duquenne, elle se positionnait à l'aile gauche du PS.
En novembre, une délégation du PCF a rencontré Marie-Noëlle Lienemann à notre local. Marie-Noëlle était accompagnée de Pierre Ferrari et nous lui avons proposé de mener une liste d'union de la gauche sans Gérard Dalongeville.

Parallèlement, nous avons rencontré à notre local les militants de la LCR en leur proposant de rejoindre cette liste de rassemblement de la gauche contre le FN que nous étions en train de construire.  J'avais invité Pierre Ferrari à cette réunion qui a débouché sur le constat d'un désaccord : les camarades de la LCR étaient convaincus que le meilleur moyen de battre le FN était de défendre un programme révolutionnaire et anticapitaliste sur une liste indépendante du PS. Pour ma part, je ne voyais pas d'opposition entre l'affirmation d'un programme anticapitaliste et la participation à une liste d'union de la gauche de type "front populaire" contre l'extrême droite.
Nous divergions également sur l'appréciation de la nature du PS. Pour les camarades de la LCR, le PS est un parti bourgeois et social-libéral et la gauche anticapitaliste n'avait pas à se mêler des querelles internes qui opposaient Gérard Dalongeville, Marie-Noëlle Lienemann et Daniel Duquenne en favorisant l'une ou l'autre des tendances socialistes.
Pour ma part, je voyais en Marie-Noëlle Lienemann et en Pierre Ferrari de véritables socialistes et des militants attachés à l'unité de la gauche qui de surcroît défendaient des idées antilibérales et il n'était donc pas question pour moi de nous orienter vers une liste PCF-LCR-Verts rejetant par avance le PS.

Le 15 décembre, un samedi après-midi, je me suis rendu au Colisée à l'invitation d'Alain Pruvot, président de la section d'Hénin-Carvin de la LDH, à une table ronde en compagnie de Gérard Estragon, membre du Comité Central de la Ligue des Droits de l'Homme. Gérard Dalongeville, Marie-Noëlle Lienemann, Pierre Ferrari, Alain Alpern et Georges Bouquillon étaient présents, ainsi qu'Albert Lebleu, de Choeurs de fondeurs.
Alain Pruvot n'espérait pas nous amener à constituer une seule liste de front républicain contre l'extrême droite mais insistait pour que la campagne soit une campagne propre et qu'il n'y ait pas de triangulaire au second tour. Tout le monde en a convenu.
Militant de la LDH depuis le mois de mai 2002 - j'ai adhéré à la Ligue des Droits de l'Homme après le traumatisme du 21 avril - j'étais quand même assez mal à l'aise de voir la LDH jouer involontairement le jeu de Gérard Dalongeville en prônant l'union la plus large autour du maire sortant. Avec ce que l'on m'avait dit sur lui, Gérard Dalongeville était bien le dernier à pouvoir mener une liste d'union de la gauche. Je ne souhaitais pas faire du cas de Gérard Dalongeville un casus belli, mais la perspective d'une alliance avec Gérard Dalongeville me déplaisait fortement.

Jusqu'en janvier, j'ai tout fait pour que Gérard Dalongeville ne soit pas investi comme tête de liste par le PS et que ce soit Marie-Noëlle Lienemann qui mène une liste d'union de la gauche. Ce faisant, j'ai peut-être commis une erreur. En adoptant une stratégie de pression médiatique dans l'espoir que Dalongeville ferait l'erreur de faire sa propre liste, j'ai abattu mes cartes trop tôt et Gérard Dalongeville a compris que nous espérions le phagocyter sur sa propre liste en cas d'union avec lui.

C'est que, si nous nous étions préparés au scénario dans lequel un Gérard Dalongeville incontournable nous aurait été imposé comme tête de liste par la fédération PS du Pas-de-Calais, nous avions bien l'intention de mettre Gérard Dalongeville en minorité sur sa liste dès le premier tour en constituant une liste équilibrée.
Pour cette raison, Marie-Noëlle Lienemann aurait préféré l'union dès le premier tour avec l'Alliance Républicaine. L'idée était d'être rassembleurs pour deux - quitte à se montrer faussement naïfs - et présenter à Gérard Dalongeville une liste d'union composée aux 2/3 de ses adversaires. Si Gérard Dalongeville avait accepté, il aurait été minoritaire sur sa liste et les choses auraient été différentes. S'il avait refusé - ce qui pour moi ne faisait aucun doute - Gérard Dalongeville aurait porté aux yeux du PS et aux yeux de la population, ce qui était le plus important, la responsabilité pleine et entière d'avoir refusé l'union puisque nous, nous proposions le rassemblement. L'Alliance Républicaine a refusé ce scénario d'alliance avec nous au premier tour.    
Déçus, nous gardions toutefois l'espoir d'écarter Gérard Dalongeville à la faveur d'une alliance avec l'AR que nous pensions indispensable pour battre le FN au second tour.  En clair, entre les deux tours, si les conditions posées par l'AR à la fédération PS  pour une fusion de liste avaient été le départ de Gérard Dalongeville, Marie-Noëlle Lienemann aurait été la première à plaider en ce sens auprès de sa fédération, appuyée par ma fédération.
C'est ce que nous avons expliqué aux amis de l'Alliance Républicaine lors d'une rencontre à leur local le 28 décembre 2007.

Malheureusement, au mois de janvier dès que sont tombés les résultats du sondage qu'elle avait commandité, la fédération PS du Pas-de-Calais nous a imposé la présence de Gérard Dalongeville et des siens sur la liste de rassemblement de la gauche et a cédé à la plupart des exigences de Gérard Dalongeville.

Dès ce moment, l'Alliance Républicaine nous a traités en ennemis, refusant de distinguer les partis de gauche et les dalongevilliens. Il faut dire que l'Alliance Républicaine était, comme nous le découvrirons par la suite, alors manipulée par le Front National en la personne de Bruno Bilde dont l'objectif était de pousser l'AR à une triangulaire que le FN espérait gagner.

Le 19 janvier 2008, alors que nous avions prévu une conférence de presse annonçant notre accord d'union sur les bases promises par Marie-Noëlle Lienemann (une liste composée d'un tiers de dalongevilliens, d'un tiers de socialistes de conviction choisis en dehors des proches de Dalongeville et d'un tiers de représentants des autres partis de gauche), Gérard Dalongeville refusait encore tout accord, menaçant la fédération PS 62 de faire sa propre liste. Par contre, Jean-Marie Alexandre était présent, accompagné de Richard Gonzalès et de son épouse, représentant le MRC dalongevillien. Le remplacement de Jean-Pierre Policante par Richard Gonzalès était une manoeuvre imaginée par Dalongeville et Alexandre pour nous affaiblir. Eric Mouton, Pierre Ferrari et moi étions furieux. Il était hors de question d'accepter l'absence de Jean-Pierre Policante, qui payait son communiqué du mois de septembre dénonçant l'effraction du local du MJS, mais que faire contre Jean-Marie Alexandre ? Jean-Pierre acceptait de laisser la place à son épouse. Malgré tout, il y avait de quoi avoir la rage. Que faisions-nous attablés aux côtés de la femme de Richard Gonzalès ? Annoncer une alliance avec un "allié" qui avait choisi de boycotter cette conférence de presse pour nous humilier, c'était du jamais vu. Pascal Wallart, qui est un observateur plutôt attentif a tout de suite remarqué mon trouble. 

Après une semaine d'âpres négociations, Marie-Noëlle Lienemann, dépitée, nous a reçus à son appartement le 25 janvier pour nous annoncer qu'elle n'avait pas pu négocier mieux qu'un poste d'adjoint aux relations internationales pour Pierre Ferrari, un poste d'adjoint à l'emploi et à la formation pour moi, un poste d'adjointe à l'environnement pour Régine Calzia et un poste d'adjoint à la politique de la ville pour Eric Mouton. Les noms d'Annick Genty et  de Jean-Pierre Policante avaient été barrés par Dalongeville et aucun d'entre nous ne pouvait être conseiller communautaire. Pas besoin d'être grand clerc pour voir que nous étions minoritaires sur la liste de Dalongeville.
Les dirigeants de la fédération PS du Pas-de-Calais qui avaient désigné Marie-Noëlle Lienemann comme "première des socialistes" avaient accédé à toutes les demandes de Gérard Dalongeville. Dès lors, le PRG et les Verts ont rompu toute négociation avec le PS et nous avons provisoirement suspendu l'accord d'union de la gauche scellé avec Marie-Noëlle Lienemann, une décision annoncée lors d'une conférence de presse un samedi après-midi au local de la rue Victor Mathé.
A la fin du weekend, après avoir obtenu via Marie-Noëlle Lienemann, Jean-Claude Danglot et Serge Janquin la garantie d'être représenté à la CAHC et d'avoir une délégation plus visible, nous avons finalement accepté de figurer sur la liste d'union, convaincus que c'était la seule manière de battre le FN de manière certaine. J'ai regretté que mes amis des Verts et du PRG ne reviennent pas sur leur position. Puisqu'il n'y avait pas d'autre solution, mieux valait encore être cinq ou six adjoints sûrs à former une minorité critique dans la majorité que trois ou quatre.
C'est ce que j'ai dit à Régine Calzia, qui m'a appelé le lundi pour me proposer soit une alliance Verts-PCF-LCR, soit une alliance Verts-PCF-PRG, soit d'aller frapper avec elle à la porte de l'Alliance Républicaine. A moins de deux mois des élections, il était désormais trop tard pour un renversement d'alliances qui aurait ruiné notre crédibilité et aurait été été un coup de poignard dans le dos de Marie-Noëlle et Pierre, qui se seraient retrouvés seuls et impuissants face à Dalongeville.

C'est contraints et forcés que nous acceptions l'alliance avec Gérard Dalongeville. Face à l'extrême droite, la discipline républicaine, le principe d'union derrière la liste de gauche la mieux placée ne se discute pas. Rejeter la discipline républicaine, c'était cracher sur toute l'histoire de la gauche en France. Le Bloc des Gauches, le Front Populaire... la gauche a toujours su s'unir contre l'extrême droite. Comme professeur d'histoire, je me sentais écrasé par la responsabilité de ne pas faire n'importe quoi.  
Mais Gérard Dalongeville, quand même... Si nous en étions là, c'était uniquement de la faute de la fédération socialiste du Pas-de-Calais.

III. La campagne de tous les coups bas :

Nous n'étions cependant pas au bout de nos peines : nous avons appris quelques jours plus tard, alors que nous achevions la rédaction de notre programme avec Marie-Noëlle Lienemann, que Gérard Dalongeville et les siens avaient rédigé sans nous leur propre programme dans lequel ils promettaient la vidéosurveillance et la "poursuite de la baisse des impôts" qu'ils avaient augmenté de 85 % en 2004 !
C'était un coup bas évidemment dû au duo infernal Dalongeville-Chruszez, mais nous étions prêts à riposter et les militants MJS et PCF se sont chargés de la distribution de notre propre programme, ce qui a fourni à Gérard Dalongeville un nouveau prétexte pour écarter les alliés indésirables que nous étions. Cette fois, Gérard Dalongeville réclamait la tête de Pierre Ferrari, coupable d'avoir écrit que le MJS se battait pour le "renouveau" de la vie municipale. Au cours d'une réunion d'urgence un samedi après-midi, Jean-Pierre Chruszez nous a expliqué qu'il considérait le mot "renouveau" comme une attaque contre Gérard Dalongeville. J'ai failli claquer la porte de cette réunion ubuesque en disant à Jean-Pierre Chruszez et Olivier Vergnaud qu'il y en avait "marre de leurs conneries". Marie-Noëlle Lienemann est restée ferme, déclarant à MM. Chruszez et Vergnaud que si Gérard Dalongeville ne respectait pas les accords, il n'avait qu'à faire sa propre liste, mais que nous ne céderions pas et que sa fédération la soutiendrait. Gérard Dalongeville n'a pas insisté.

C'est le 20 février - moins de trois semaines avant le premier tour - que nous nous sommes rendus dans le bureau du maire pour finaliser la liste de rassemblement. Quittant un peu plus tôt le comité de section, Sandy Soudé et moi nous sommes rendus en mairie vers 20h où nous avons retrouvé Marie-Noëlle Lienemann, Pierre Ferrari et Annick Genty qui patientaient dans la pénombre, sur les fauteuils situés au premier étage, près de l'escalier central. Nous avons attendu là un bon quart d'heure avant que Gérard Dalongeville daigne nous recevoir. Régulièrement, la lumière s'éteignait et nous nous retrouvions dans le noir.
Après un quart d'heure d'une attente humiliante, Dalongeville nous a enfin fait rentrer dans son bureau et nous a alors donné lecture de la liste.
Premier arrêt au nom de Philippe Demarquilly. Marie-Noëlle Lienemann explique à Dalongeville qu'on ne peut pas mettre Philippe Demarquilly sur la liste, qu'il est très impopulaire à Beaumont où les Beaumontois le soupçonnent de s'être enrichi personnellement en vendant ses terrains et en permettant qu'on défigure le village de Beaumont. Réaction outrée de Gérard Dalongeville : "C'est complètement faux ! Qui vous a raconté ça ?"
Vient le tour d'Audrey Aït Kheddache, une camarade du MJS placée en 32ème position. "Mais elle devait être 28ème !" s'emporte Marie-Noëlle. "Ah non, pas du tout, elle a toujours été 32ème !".
Gérard Dalongeville avait déjà en tête la probable élimination de plusieurs d'entre nous - à commencer par Pierre Ferrari qu'il voulait rendre inéligible en continuant de lui verser abusivement son salaire et en produisant de fausses attestations de "service fait", mais ça, c'est la CRC qui l'a découvert bien plus tard - et voulait s'assurer de mettre une de ses fidèles en 28ème position en cas de démission. Finalement, Audrey restera en 28ème position.

Le soir, j'avais Claudine et Jean-Pierre Policante au téléphone. Claudine, elle, avait été conviée à 19h en mairie, avec tous les fidèles dalongevilliens parce qu'elle devait sa présence sur la liste à Jean-Marie Alexandre, qui avait négocié pour le MRC. Seule au milieu des dalongevilliens hostiles, Claudine Policante avait eu le sentiment d'être prise au piège et de n'avoir rien à faire avec ces gens-là.
Claudine nous a raconté les petites phrases et la haine envers nous, qui étions en train d'attendre, en bas, au même moment... Décidément, cette campagne promettait...  

Quelques jours plus tard, nous participions à la première réunion de campagne commune, pilotée par Jean-Pierre Chruszez : à l'ordre du jour, mise au point d'un tract avec les textes des soutiens politiques (Ségolène Royal, Serge Janquin, Jean-Marie Alexandre, Pierre Georget, Jean-Claude Danglot...) et préparation d'un tract de dernière minute.
Jean-Pierre Chruszez me demandait des textes de soutien de Jean-Claude Danglot et d'Yves Coquelle. Décidé à faire le service minimum, j'ai trouvé un prétexte quelconque pour éviter à mon camarade Yves Coquelle d'écrire un texte de soutien à un Gérard Dalongeville qu'il considérait comme une crapule et j'ai rédigé avec Jean-Claude Danglot un texte de soutien minimaliste sur le thème de la résistance et de la lutte antifasciste, mais en évitant soigneusement de nommer Gérard Dalongeville.

En ce qui concerne le tract de dernière minute, comme je l'ai déjà raconté, j'étais scandalisé que Jean-Pierre Chruszez nous propose une blague homophobe contre un élu du Front National et j'y ai mis mon veto. Aucun militant communiste n'a bien entendu participé à la diffusion de ce torchon et nous n'avons plus participé aux réunions de campagne avec ces gens avec qui n'avions rien en commun, hormis la volonté de battre le Front National.

C'est séparément que la campagne s'est poursuivie. Tandis que les élus dalongevilliens distribuaient des tracts plus démagogiques les uns que les autres promettant par exemple, croquis à l'appui, d'entamer les travaux du chemin de Jérusalem en septembre 2008 - le PCF s'est bien gardé de participer à cette fumisterie et j'ai décliné l'invitation à faire du porte-à-porte avec les dalongevilliens - Marie-Noëlle Lienemann et Pierre Ferrari distribuaient notre programme, n'hésitant pas à dire tout ce que nous pensions de Gérard Dalongeville, comme l'a noté la correspondante de Rue89. Gérard Dalongeville et les siens étaient furieux et nos rapports, déjà exécrables, se sont encore détériorés si c'était possible.

Vers cette époque, Pierre Ferrari et moi avons rencontré Georges Bouquillon au local du PCF, à Montigny-en-Gohelle. Venu avec un sac de sport rempli de classeurs et de dossiers, Georges Bouquillon nous en a lu quelques pièces destinées à nous prouver les malversations de Gérard Dalongeville. A l'en croire, il avait transmis un certain nombre de factures à la justice sans qu'il y ait de suite. L'affaire Marianne Communication, par exemple, avait été rapidement enterrée et Gérard Dalongeville avait remboursé l'argent détourné.
En résumé, Georges Bouquillon confirmait nos soupçons, mais il ne nous donnait pas de billes pouvant être utilisées politiquement dans un tract contre Gérard Dalongeville sans risquer de poursuites en diffamation et qui aurait pu conduire à la fois la fédération PS du Pas-de-Calais à lâcher Gérard Dalongeville et la justice à le mettre en examen. Des bribes de preuves éparses et concordantes jetant un voile de soupçon sur les pratiques de Gérard Dalongeville, mais rien qui ressemble à la certitude absolue que Gérard Dalongeville était coupable de détournements de fonds. Rageant...

A quelques jours du premier tour, notre méfiance était à son comble. Le 7 mars au soir, craignant un mauvais coup de Gérard Dalongeville et de son équipe de spécialistes en tracts anonymes, j'avais demandé à un camarade d'ouvrir l'oeil. Aux alentours de 23h, on m'amenait comme je le craignais un deuxième numéro de L'Affronteur, renommé l'Effronté et attaquant Daniel Duquenne et son épouse. J'ai immédiatement prévenu Marie-Noëlle et envoyé un texto furieux à Jean-Pierre Chruszez. Le lendemain, je téléphonais à Georges Bouquillon pour désavouer ces tracts odieux.

Les résultats du premier tour ont été un coup de massue. Nous n'avions pas le coeur à faire la fête. Avec 43 % des voix contre 28 % au FN et 18 % à l'Alliance Républicaine, le scénario d'une fusion avec l'AR assortie du dégagement de Gérard Dalongeville s'évanouissait.
Au deuxième tour, le Front National ne pouvait pas l'emporter. La victoire du 16 mars avait pourtant un goût amer. Après une petite appararition au Cèdre Bleu, le temps d'une Marseillaise, d'un Chiffon Rouge et d'une Internationale, je me suis éclipsé, ne supportant pas de fêter une victoire qui n'en était pas une avec des gens que j'avais combattus, qui me méprisaient et qui allaient être, pendant toute la durée du mandat des adversaires impitoyables bien décidés à continuer comme avant. Mais ça, c'est une autre histoire...
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ALERTE 20/08/2009 18:52

CE QUE VOUS N'AVEZ PAS PRECISE,DAVID,c'est que, apres l'élection de 2008,aucun des nouveaux élus n'ont eu de bureaux ni de téléphone de fonction.sans que cela gene les anciens élus de 2001-2008.PAR CONTRE L'ANCIEN ADJOINT aux finances mis en prison,non élu,avait un grand bureau,remi à neuf,peut-etre pour service rendu

David NOËL 20/08/2009 21:55



Absolument. Soyez rassurés, je prévois un autre article qui reviendra très prochainement sur mon année de mandat et comment je l'ai vécue.



Boutillier Emmanuelle 20/08/2009 10:41

Merci d'avoir rédigé cet article très complet David.J'ai vécu avec vous la campagne 2008 pendant laquelle ce cher JPC m'a qualifié de "mauvais caractère" parce que j'osais m'opposer... J'étais aussi" faux-cul" dixit un ancien adjoint parce je parlais trop avec MNOELLE et que j'ai distribué avec ma famille les programmes à vos côtés. Nous avons également passé les tracts pour les cantonales !! La consigne de GD était de ne pas les passer. Annick Genty se sentait bien seule à l'époque . Heureusement que les MJS étaient là !!                                                                                      Il est désolant de lire encore cette semaine sur les blogs les commentaires bornés , arrogants et suffisants de personnes qui préféraient en 2008 voir le FN à la mairie et qui ont réaffirmé leur préférence en 2009. J'étais en juin sur la liste de PIERRE FERRARI ,liste composée de gens honnêtes qui a été diffamée à plusieurs reprises notamment par les propos sectaires de l'AR. Nous avons mené une campagne propre et appelé au rassemblement qui devait normalement se faire!!!!! Un membre de l'AR devait  me rappeler le 28 juin au soir mais il était déjà en ligne et devait me rappeler plus tard! Quel courage !! La campagne municipale fut une grande aventure humaine; j'ai fait la connaissance de gens admirables (sincères ,humbles, prêts à travailler pour leur ville) .D'autres m'ont déçu par leurs propos , leur trahison et le non respect de la parole donnée. Aujourd'hui le pire est évité même si le FN possède 8 sièges!! Je souhaite à Daniel Duquenne de réussir et de mener à bien ses projets pour qu'Henin retrouve une certaine sérénité. Je resterai vigilante et espère que l'article de David ouvrira enfin les yeux à certains ! Même si j'en doute fortement !!

Claire 20/08/2009 10:05

Tu as très bien résumé la situation David ! Nous nous retrouvons aujourd'hui avec une équipe qui n'a jamais tenu sa parole ! En un mois , ils nous ont déjà montré toute leurs faiblesses ! Et je ne crois pas que le meilleur reste à venir ! Oh non ! Rien qu'à lire l'artice publié dans la Voix du Nord concernant l'annulation du concert à la salle des fêtes ; je trouve cela vraiment honteux de mettre en doute la parole de gens qui donnent énormément de leur temps dans des associations !

Sirius 19/08/2009 23:13

A trop vouloir convaincre, on noie le poisson...Il était facile d'obtenir ce que vous vouliez:- battre le FN- être éluIl suffisait de s'allier au 1er tour, en 2008, avec l'AR (vous et le PS): cela suffisait!- soit vous étiez devancé par GD, et vous pouviez choisir: vous alliez avec lui ou pas - soit vous étiez avant lui, et vous pouviez même vous permettre de refuser GD, sauf dans le cas ou le FN était en tête...(et encore!)Tout le monde était d'accord sur cette alliance (l'AR, Lienemann...). Seul peut-être le PS PDC, mais il suffisait de passer outre!Alors qu'allez-vous nous inventer une nouvelle fois pour justifier votre choix...injustifiable?

David NOËL 20/08/2009 00:29



En 2008, la liste de gauche la mieux placée pour battre le FN était celle de Gérard Dalongeville, pas celle de l'Alliance Républicaine. Les sondages étaient sans appel sur ce point. Pour battre
le FN avec certitude, l'union devait se faire derrière la liste la mieux placée.

Effectivement, nous aurions pu faire un autre choix, celui de l'alliance avec l'Alliance Républicaine, mais ce choix n'offrait pas les mêmes certitudes d'être devant le FN.

Et puis, visiblement, nous ne parlions pas le même langage. Nous parlions de réaliser l'union des forces de gauche et des républicains dans un grand front républicain. Daniel Duquenne ne parlait
que d'une liste qui dépasse les partis, comme s'il fallait cacher nos étiquettes. Moi, je n'ai jamais caché mon étiquette, c'était hors de question.

De plus, il y avait la question du second tour, que vous posez de manière symptomatique. Au second tour, c'est la tête de liste qui choisit et seulement la tête de liste. Face au FN, la question
n'aurait même jamais dû se poser. Quelle que soit la situation, il fallait faire l'union avec Dalongeville.
Imaginez un scénario où trois listes se seraient retrouvées au coude à coude, le FN à 32 ou 33 %, une liste AR et alliés de gauche aux alentours de 30 et une liste Dalongeville sans alliés aux
alentours de 30. Qu'est-ce qui me garantissait que Daniel Duquenne ferait sans hésitation le choix de la discipline républicaine et qu'il y aurait fusion de listes ? Absolument rien !
Ma hantise, c'était ça : le FN à 35 %, Dalongeville à 31 %, l'Alliance Républicaine à 30 %, les autres petites listes se partagent les miettes, aucune fusion, aucun désistement, une triangulaire
au second tour et une victoire sur le fil du FN.
A aucun moment, Daniel Duquenne ne nous a rassurés. Il n'a jamais dit : "Dans ce cas, la fusion avec Dalongeville sera une évidence".
Je vais vous dire, Sirius. Pour rien au monde, je n'aurais voulu être sur une liste qui aurait pu jouer la politique du pire, se maintenir en triangulaire et favoriser une victoire du FN.

Lorsque je vous lis, je me dis que mes craintes étaient plus que justifiées. L'Alliance Républicaine s'est enfoncée dans un sectarisme aux antipodes des valeurs républicaines qu'elle prétendait
défendre. Aucune fusion, aucun désistement, c'était le maintien en triangulaire face à Dalongeville comme ça aurait été le maintien en triangulaire en 2009 si la liste Un nouvel élan pour
Hénin-Beaumont avait dépassé celle de l'Alliance Républicaine.

On ne peut pas travailler avec des gens qui ne sont pas fiables, on ne peut pas travailler avec des gens qui trouvent normal de préparer un débat télévisé avec le FN contre Marie-Noëlle Lienemann
et qui, un an après, n'ont aucun regret, on ne peut pas travailler avec des gens qui nous disent "Si vous aviez été devant nous, mieux valait encore Briois que Ferrari !".



ALERTE 19/08/2009 20:29

que doit-on penser d'une équipe municipale dont l'une  des principales adjointes (annoncée de qualité),qui occupe un poste important,celui des affaires scolaires,donne sa démission à trois semaines de la rentrée.  ??????nous vous avions prévenu que  cette liste etait formée d'incapables ,jamais nous pensions cette déliquescence aussi rapide.pauvres électeurs héninois,trahis 3 fois en 8 ans.....2  fois par dalongeville,une fois par duquenne  et bouquillon.mais toujour grace à......percheron,genisson,facon,alexandre,mouton,kucheda,etc.soit le P.S et ses complices.souvenez vous de ces gens lors des prochaines élections qui vont se succéder.débarrassons nous en.

Makhno 19/08/2009 17:04

"Le PS est un grand parti de gauche"Chacun ses goûts. Moi je dirais plutôt a été un grand parti de gauche (et encore, avec des nuances). Manuel Valls, Vincent Peillon, Julien Dray, "l'hallucinée du Poitou" et combien d'autres DIRIGEANTS de ce parti qui, lorsqu'il était au pouvoir (y'a pas si longtemps et pas tout seul), a voté comme un seul homme tant de lois anti sociales à commencer par les "privatisations" contre lesquelles il nous appelle à lutter maintenant (entre autres).Alors, on pourra toujours essayer de refaire l'Histoire tant qu'on voudra mais nous sommes nombreux à ne pas avoir oublié le désespérant épisode de la "gauche plurielle" (qui était plus plurielle que de gauche, faut bien le reconnaître).Je ne connais pas du tout Pierre Ferrari. Je ne me permettrai pas de mettre en doute un instant le fait qu'il soit, non seulement un homme honnête, mais aussi un homme de gauche, puisque tu l'affirmes, il y a par contre une chose dont je suis tout à fait certain, c'est que tant que le PS comptera dans ses rangs des DIRIGEANTS de haut rang qui nous affirment sans rire que le "système lilbéral est le seul qui vaille", il est hors de question pour moi que je vote pour aucun représentant de ce parti quel qu'il soit, à aucune élection."Et pi f'est tout !"On a assez rigolé comme ça ! Maintenant il va falloir que chacun prenne ses responsabilités. Tant qu'à avoir affaire à un gouvernement de droite (dite républicaine), autant que ce soit un vrai et qui se revendique comme tel.Le Parti aurait bien tort à mon avis de continuer à fricoter avec la "5ème colonne" du libéralisme, s'il  ne veut pas disparaître totalement du paysage politique. Remarque. Je ne me fais aucune illusion, c'est bien ce qui va se passer lors des prochaines régionales. Comme pour l'allliance avec Dalongeville ("souviens toi du vase"), je prends date et ne doute pas un instant que tu sauras nous expliquer ensuite les bonnes raisons de la défaite (annoncée).L'amitié est une chose, la politique en est une autre, en particulier quand on milite (ce qui est ton cas, je le reconnais sans problème) pour autre chose que pour faire  carrière.Les "copains de mes copains" , on s'en fiche. Ce dont on a besoin aujourd'hui, c'est d'un Parti Communiste : "COMMUNISTE" tout simplement. c'est quand même pas bien difficile à comprendre il me semble.  De même, face à la crise actuelle du capitalisme il ne peut s'envisager (au moins pour un communiste), d'autre solution que dans un Socialisme qui reste certes à définir, mais qui reste le Socialisme et pas je ne sais quelle accumulation d'illusions "régulatrices".Comme disait Louis (et pour finir par où j'ai commencé) : "tout le reste est littérature".Cordialement

David NOËL 19/08/2009 18:08



D'accord avec toi sur l'analyse de la gauche plurielle et sur les dirigeants du PS que tu cites, mais moins d'accord pour que notre attitude et nos alliances locales se fondent sur les valeurs
véhiculées par des dirigeants nationaux.
Quand je dis que le PS reste un grand parti de gauche, je ne parle pas de son idéologie véhiculée dans les médias par Ségolène Royal, je te parle de la réalité militante locale et des camarades
du PS qui sont dans les syndicats et qui sont dans les manifs.

Pour les régionales, j'espère bien que ça ne se passera pas comme tu le penses. En 2004, c'est dans les régions où le PC présentait des listes autonomes qu'il a obtenu ses meilleurs résultats,
plus de 10 % dans le Nord-Pas-de-Calais et en Picardie et 9 % en Auvergne contre 7 % en Ile-de-France où c'était une liste mouvementiste antilibérale.

Alain a refusé toutes les offres de vice-présidences et a laissé les marchands de tapis du PS, des Verts et du MRC se partager les vice-présidences, mais les 18 conseillers régionaux communistes
n'ont pas intégré l'exécutif ce qui leur a permis d'avoir des positions parfaitement indépendantes du PS.

Je peux te dire que nous sommes déjà au travail pour réitérer une liste menée par Alain Bocquet et ouverte au monde du travail et qu'il sera hors de question de siéger à l'exécutif. Ce sera aux
comités fédéraux du Nord et du Pas-de-Calais de voter pour la stratégie, mais je suis plutôt confiant à ce sujet...

Cordialement,



dépité 19/08/2009 13:12

permettez moi de vous posez une simple question Mr Noel.Au vue de l'entourloupe que le PS vous a faite avec dallongeville et le fait de vous etre engagé (à l'insu de votre plein gres) sur la liste dallongeville, pourquoi aujourd'hui encore, vous militez à coté de Pierre Ferrari, de Mme coget (modem donc de droite...). Pourquoi, une fois pour toute, ne pas dire merde à tous ces gens et à leurs magouilles de parti? un jour il vous boufferons une fois de plus...

David NOËL 19/08/2009 13:56



Le PS est un grand parti de gauche, un grand parti du mouvement ouvrier et il ne se résume pas à une direction sociale-libérale et à des barons locaux affairistes. Le PS compte de nombreux
militants de valeurs, des hommes et des femmes de gauche avec qui nous pouvons nous retrouver dans de nombreux combats.
Pierre Ferrari est un ami, c'est un vrai socialiste et aussi un militant droit et sincère. Au nom de quoi faudrait-il le rejeter alors que nous sommes tous deux de la génération du 21 avril 2002,
que nous avions la même analyse critique sur Dalongeville, qu''il a été un des premiers à dénoncer le système mafieux et que depuis que nous nous connaissons, notre solidarité a été absolument
inébranlable ?



blogmaster 19/08/2009 12:40

Merci pour ces explications, je comprends mieux les divergences qu'il y a eu. Incroyable les coups bas au sein de cette union. Rien à voir à cette véritable union que nous avons réussi à faire cette année lors des élections municipales de 2009.Vous avez eu du courage de rester dans cette drôle d'ambiance où on vous cachait tout.Bonne continuation.  

David NOËL 19/08/2009 13:02



Merci à toi, blogmaster et merci pour ton implication dans la campagne 2009, via le blog socialiste que tu animes et sur le terrain où tu as toujours répondu présent. 



Hemingway 19/08/2009 11:59

Très éclairant. M. Noel, je ne doute absolument pas de votre intégrité ou de votre combat contre Dalongeville. Malheureusement, je rejoins à 100% "dépité" dans son commentaire. Votre stratégie souterraine n'était connue que de vous et de vos amis politiques. Comment voulez-vous que les électeurs fassent la distinction, s'y retrouvent ? Les intérêts des "appareils" (le PCF pouvait-il se permettre d'être "absent" à H-B ?) l'ont emporté...et c'est bien dommage.La fin (battre le FN coûte que coûte) justifiait-t-elle les moyens (pactiser avec Dalongeville en connaissance de cause) ? C'est (très) facile de donner des leçons a posteriori mais à l'évidence, c'était très risqué. Et vous avez été "justement" sanctionné en 2009. Vos adversaires ne se sont pas privés de vous assimiler au système Dalongeville... J'ai bien peur que, malgré vos justifications claires et sans ambiguité, vous resterez marqué du sceau dalongevillien pendant longtemps. Mais en politique (et dans le contexte héninois), tout peut aller très vite ! 
 

Makhno 19/08/2009 11:44

Ainsi donc (comme disait Louis) et selon toi, nous n'aurions plus d'autre choix possible pour les "siècles des siècles à venir", qu'entre la peste (brune forcément) et le choléra (de la collaboration de classe).L'avenir n'est pas rose mon camarade ! (et pas rouge non plus)A la lumière de cette nouvelle stratégie en rupture totale (selon moi), avec celle du "bonnet blanc, blanc bonnet" du temps où le PCF "pesait" plus de 20 % des voix, je comprends mieux une certaine insistance à vouloir nous faire prendre les guignols du FN (dignes "enfants de Pétain" et surtout "poujadistes") pour des redoutables fascistes, voire pire.Comprenons nous bien David. Je ne prends pas du tout et en rien la défense du "sinistre" ou de sa sa fille, mais tu sais sans doute beaucoup mieux que moi (étant donné ta profession) et même si c'est effectivement du "bois pour en faire", que le "danger  frontiste", c'est surtout un fantasme cultivé par  beaucoup (à droite comme à gauche), bien commode pour ne surtout rien changer et continuer bravement à soutenir en définitive (et quoi qu'il arrive), au nom d'une soi disant "discipline républicaine", n'importe qui au nom d'un sens des responsabilités qui ferait sourire si...Admettons qu'au deuxième tour effectivement... Mais aller signer un accord avant le premier tour avec le "deuxième fer au feu de la droite" (les centristes), là, j'avoue que n'y comprends plus rien. Je dois probablement être un "irresponsables", le problème n'est pas là, le problème, c'est que je suis loin (au vu des chiffres), d'être un cas unique.La CGT s'entre-déchire à belles dents, le Parti s'enfonce un peu plus à chaque consultation, mais surtout, il ne faut rien changer. Le grand danger, le seul danger (et bientôt le seul adversaire), c'est le FN.Sauf, qu'à force de "crier au loup !", à force de "sens des responsabilités" et de "discipline républicaine", à force de ne plus jamais parler de socialisme, à force de vous compromettre toujours plus avec le "social libéralisme", un jour ...Cordialement

David NOËL 19/08/2009 13:46



Ce n'est pas ce que je dis, Makhno, je dis juste qu'il est possible d'être à la fois sur une ligne de lutte des classes et d'être unitaire face à la droite et face au FN.

Sur la question du MoDem, à mon sens, la question qui compte, ce n'est pas l'alliance avec le MoDem, la question, c'est l'évolution du PS. Le MoDem est un lointain héritier des mouvements
démocrate-chrétiens progressistes comme le MRP. Le MoDem comme allié dans des coalitions, pourquoi pas ? Evidemment, là où c'est possible, je privilégie les alliances à la gauche de la gauche,
mais au niveau local, dans des circonstances très particulières et si les responsables locaux du MoDem ne sont pas des ex-UDF ultra-libéraux, mais des progressistes, on peut accepter une alliance
avec le MoDem.
Ce contre quoi il faut se battre et les amis que j'ai au PS le font, c'est l'idée que le PS est mort, qu'il devrait changer de nom, rompre avec l'héritage du mouvement ouvrier et se muer en parti
démocrate à l'américaine ou à l'italienne. Ce projet, François Bayrou en a sans doute rêvé à un moment à son profit, misant sur un éclatement du PS à la faveur duquel le MoDem récupèrerait les
sociaux-libéraux type Rocard, Valls et autres...

Un parti démocrate hégémonique à gauche, ayant rompu avec toute l'histoire de la classe ouvrière, déconnecté du mouvement social, ce serait la catastrophe. Ce projet, il faut le combattre, mais
tu remarqueras que ce n'est pas tout à fait ce contre quoi nous nous battions à Hénin-Beaumont. A Hénin-Beaumont, le MoDem a participé à une coalition progressiste aux côtés du MJS, du PCF et du
MRC.

Tu n'approuves pas notre alliance de 2009, je le sais, mais sache que je suis un communiste attaché à son parti, attaché à ses valeurs, un militant altermondialiste et antilibéral et je suis
profondément attaché à l'unité ; et c'est parce que je suis attaché à l'unité que je me refuse à considérer comme le fait le NPA que PS et UMP, c'est bonnet blanc et blanc bonnet, qu'il fallait
être indépendant du PS et n'accepter au second tour qu'une simple fusion technique. Ce n'est pas ma culture. Je ne mettrai jamais dans le même panier des militants sincères et profondément de
gauche comme Pierre Ferrari et des barons affairistes, fussent-ils membres du même parti.  



J.P.POLICANTE 19/08/2009 11:42

parfaite analyse de cette élection tronquée par la féderation socialiste qui agite depuis longtemps l'épouventail F.N  pour conserver en place des ripoux ,avec l'aide de certains alliés qui ne valent pas plus....et la liste est longue de ceux qui pourraient ou qui devraient subir le meme sort que dalongeville. 

dlr1(ch) 19/08/2009 10:26

Que de couleuvres avalées... Tes propos illustrent encore  une fois la grande responsabilité de la Fédération socialiste du Pas de Calais qui hélas continuent à influer néfastement sur notre ville !

David NOËL 19/08/2009 11:33



En l'occurence, il faut parfois faire des compromis. La différence entre un compromis et une compromission est l'intention sous-jacente. C'est une compromission de renier ses idées et de se taire
pour empocher ses 1 000 euros d'indemnités. C'est par exemple ce qu'ont fait Jean-Bernard Deshayes ou Annick Genty.
C'est un compromis de s'allier temporairement avec un ennemi contre un ennemi commun avec l'intention de se battre et de rompre l'alliance dès que possible. Parce que le compromis n'a pas fait
disparaître l'intention sous-jacente, qu'on ne s'est pas renié.
Moi, jamais je ne me suis renié et un article à venir concernant la manière dont j'ai vécu mon mandat le démontrera.
Dans l'absolu, j'étais prêt à faire des compromis pour aboutir à l'union contre le FN, mais l'attitude de la fédération PS nous a désarmés et nous a mis dans une situation où il était très
difficile de se battre contre Dalongeville. Nous étions 5 sur 27 : Marie-Noëlle, Pierre, Claudine, Sandy et moi. Marie-Noëlle n'était pas toujours présente et Sandy a vite renoncé. Nous nous
retrouvions donc à 3. Et encore, Claudine subissait une pression monstre de la part de Jean-Marie Alexandre qui menaçait de la désavouer et de lui faire retirer ses délégations si elle n'était
pas d'une fidélité sans faille à Dalongeville. Claudine n'a jamais cédé au chantage, mais sans le soutien d'une organisation, c'est plus difficile de se battre.
Si la fédération PS n'avait pas cédé aux pressions de Dalongeville. Si au lieu d'être 5 sur 27, nous avions été 10 ou 12 sur 27, c'était déjà plus jouable, mais là...   



dépité 19/08/2009 09:34

je persiste et je signe à dire que derriere vos beaux discours pour rassurer la population, vous vous êtes fourvoyé et vous avez mené les héninois en bateau... on a toujours le choix Monsieur Noel de faire ce que l'on veut et ainsi partir contre son gres pour gagner et esperer manipuler une personne qui nous a tous manipulé pendant des années et qui aujourd'hui est parti avec notre argent... Pactiser avec le diable pour mieux le vaincre...quel stratege... si la tete du PCF fesait cela au niveau national j'aimerai etre à vos côtés pour voir votre triste mine...Alors maintenant imaginez vous la notre (de tete)au temps où vous, vous avez pactisé avec le diable...Je regrette sincerement, monsieur Noel de devoir aujourd'hui ne plus avoir confiance en vous car ce ne sont pas vos idées qui ressorte de vos actes au niveau municipal mais des interets de partis politiques que je ne comprend pas... Pactiser pour mieux vaincre, d'autre l'ont fait avant vous et ça ne les a pas mener à une bien meilleure réussite que la votre... et aujourd'hui on voit ou cela nous a mené... triste réussite.....

David NOËL 19/08/2009 09:51



C'est Churchill lui-même qui disait, au moment où Hitler a envahi l'URSS, en réponse à un député conservateur critiquant l'alliance avec Staline : "Si Hitler envahissait l'enfer, je ferai un
discours favorable sur Satan à la Chambre des communes".

Face au danger fasciste, on ne fait pas toujours ce qu'on veut. Il fallait se rassembler derrière la liste de gauche la mieux placée pour battre le FN. Malheureusement, c'était celle de
Dalongeville et pas celle de l'AR. A partir de là, il fallait faire l'union malgré tout pour battre le FN et ensuite, dans un deuxième temps, se battre de l'intérieur contre nos alliés forcés.